‹ Correspondance de BossuetChapitre 17 sur 192 · Le repentir que devait témoigner Fénelon · texte numérisé non relu

Le repentir que devait témoigner Fénelon

5. Le bref du 12 mai, adressé à l'archevêque de Cambrai {Correspondance de Fénelon, t. X, p. 568).

6. Qui ne dit rien dont Fénelon puisse tirer avanlage. Cf. plus haut, p. 4i-

juin 1699] DE BOSSUET. ^7

1942. — Mémoire de Bossuet a Louis XIV,

12 juin 1699.

La peine de M. le cardinal de Bouillon et des autres amis de M. de Cambrai à voir l'abbé Bossuet à Rome en état de nous avertir de ce qui se passait, a paru par trop d'endroits pour n'être pas remarquée. On se servit, pour l'intimider et l'obliger à sortir de Rome, de la noire calomnie dont les inventeurs ont été si visiblement confondus par le témoignage de toutRome\ Depuis, dans le temps qu'on voulait, non pas hâter, mais étrangler et précipiter l'affaire, M. le cardinal de Bouillon a mandé que l'abbé Bossuet proposait des retardements, ce qui ne s'est pas trouvé véritable; et on ne répète pas ce qu'il a eu à essuyer de mauvais offices, pour les soins qu'il a eus de nous avertir.

Ce n'était pas par curiosité que nous désirions d'être informés ; c'était pour en rendre compte au Roi, et parce que ces avis fidèles donnaient le moyen de prévenir les difficultés qui naissaient à chaque pas dans cette affaire.

Quand le jugement a paru, il n'était pas moins nécessaire que nous fussions bien instruits des dispositions de la cour de Rome, parce qu'il fallait les savoir pour prendre des mesures justes dans l'exécu-

Lettre 1942. — Copie de la main de Ledieu, au Grand sénoinaire de Meaux.

i. Voir ce qui en a été dit, au sujet de l'aventure de l'abbé Bossuet, t. IX, p. i48, 187 et 281.

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tion. Ainsi l'abbé Bossuet nous dépêcha selon sa coutume; et, à cette dernière occasion, ce fut M. de Madot, un de ses amis, qui vint nous apporter la nouvelle.

M. le cardinal de Bouillon éclala à cette fois avec emportement, et ses amis répandirent à Rome qu'il ferait assassiner ce gentilhomme, s'il osait jamais y retourner. Mais, n'osant dire qu'il lui sût si mauvais gré d'être parti à la prière de l'abbé Bossuet pour nous apporter les nouvelles, il prit pour prétexte de son indignation que ce gentilhomme avait promis d'arriver à Paris avant le courrier que ce cardinal dépêchait au Roi : à quoi non seulement on n'avait point songé, mais on ne pouvait même pas le faire, puisque M. de Madot n'était parti que quinze ou vingt heures^ après ce courrier dépêché au Roi. Ainsi cette circonstance ajoutée au fait n'était que le prétexte du véritable sujet de la colère de M. le cardinal, qui en elTet était fâché qu'on nous avertît.

Ce gentilhomme, retourné à Rome le 22 de mai, alla dîner chez l'abbé Bossuet, qui le mena chez le P. Roslet, minime, à qui il avait des lettres à rendre de M. l'archevêque de Paris, et de là, sur le soir, chez Mme la princesse des Ursins, où se trouvent tous les Français, et dont il est le serviteur.

Cependant M. le cardinal de Bouillon ayant voulu croire que l'abbé Bossuet le logeait chez lui, ce qui n'était pas, puisqu'il avait un autre logis arrêté, a

2. Sur ce point, Bossuet est en désaccord, non seulement avec le cardinal de Bouillon, mais encore avec lui-même, ainsi qu'il a été dit, t. XI, p. 3/ii.

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fait à cet abbo l'affront de lui envoyer, sous le nom de conseil, l'ordre dont on a joint la copie ^ ; et, pour le faire avec tout l'éclat qu'il souhaitait, il fit chercher partout Rome M. Poussin, secrétaire de l'ambassade, à qui il commanda devant douze ou quinze personnes de trouver, à quelque heure que ce fût, l'abbé Bossuet, pour lui faire savoir ce qu'il lui prescrivait avec tant de hauteur et de menaces.

Le lendemain, l'abbé Bossuet se rendit chez M. le cardinal pour lui représenter, avec le respect dont il n'a jamais manqué envers lui, qu'il aurait pu lui épargner l'affront de lui envoyer un tel ordre avec tant d'éclat, puisqu'il était vrai qu'il n'avait jamais logé M. de Madot, et qu'il n'avait point à en répondre. Voilà pour ce qui regarde l'abbé Bossuet.

Pour ce qui touche M. de Madot, c'est un malheureux gentilhomme, qui, ayant toujours été avec honneur dans le service, s'est vu contraint de se réfugier à Rome, depuis trois ou quatre ans, pour une rencontre qu'on a qualifiée de duel, en attendant qu'il pût se justifier et rentrer dans les bonnes grâces du Roi*.

Il n'a jamais voulu prendre de parti avec les ennemis de son maître, et s'est donné à la fin à M. le Grand duc, jusqu'à ce qu'il ait le bonheur d'éclaircir sa malheureuse affaire. Dans la peine de trouver quelqu'un qui se chargeât des dépêches de l'abbé Bossuet, il avait été obligé de le dépêcher. Il est demeuré sous

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