‹ Correspondance de BossuetChapitre 185 sur 192 · Tenu en 897. Voir Mansi, t. III, col · texte numérisé non relu

Tenu en 897. Voir Mansi, t. III, col

9. Relevante, importante. Cf. Bossuel, Seconde instruction sur les promesses de l'Eglise, ch. cix.

Je réponds : Si l'autorité de la personne qui avance ces faits précis et décisifs est assez grande pour mériter qu'on y ait égard, on peut suspendre la cérémonie, non point en vertu d'une opposition qui alors ne peut rien avoir de juridique, mais par prudence seulement.

Je conclus qu'on ne doit avoir aucun égard à toutes les oppositions ou appellations que l'ancien évêque de Fréjus a faites ou pourrait faire, puisqu'elles ne peuvent tendre qu'à troubler la paix de l'Église.

J'ajoute, ce qui est ici très essentiel, que toutes ces oppositions se font au préjudice d'un tiers. Ce n'est pas tant M. de Fréjus qui a droit par ses bulles d'être sacré ; c'est l'Église de Fréjus que l'on tâche de priver, par des longueurs visiblement affectées et sans aucune fin, du droit d'avoir un évêque qui lui représente Jésus-Christ.

Il paraît néanmoins deux choses à faire, s'il plaît à S. M. : l'une, par le soin qu'elle prend des Églises affligées, et par la protection qu'elle accorde à la discipline ecclésiastique, de donner un arrêt pareil à celui du 28 avril 1698, pour contenir ceux qui pourraient brouiller à Fréjus; l'autre, si elle l'a agréable, d'interposer son autorité pour faire régler la récompense*^ que M. de Séez devra à son oncle ; en sorte qu'il ne puisse la refuser raisonnablement : ce qui paraît, à vrai dire, être l'intention cachée de toutes ces oppositions.

Tout le reste qu'on ferait ne pourrait que nuire, et donner du poids à ce qui n'en peut avoir aucun.

Délibéré à Meaux, ce i^"" août 1699.

4" Autorisation donnée par Vévêque de Meaux. Nous permettons au P. Joseph Antoine de Saint-Maur • ,

10. Récompense, compensation, dédommagement. Tout d'abord une pension de 7000 livres avait été assignée à l'évêque démissionnaire sur les bénéfices de son neveu (Clairambault 697, f" ^71).

4» — Pièce a. s. Collection H. de Rothschild. Inédite.

I. Joseph Antoine Le Sueur de Saint-Maur était né ;» Paris, de Nicolas Le Sueur de Saint-Maur et de Marie Jodelez. Il avait fait ses

prieur-curé de la paroisse de Juilly'^, de faire prêcher, confesser, et catéchiser dans son église ceux qu'il trouvera à propos pour l'édification des fidèles. Lui permettons pareillement de construire un autre autel à la chapelle Notre-Dame, après que ledit autel aura été visité par le prieur de Nantouillet ^ et du consentement des marguilliers et principaux habitants. Fait à Paris, le 9 mars 1700.

J. Bénigne, é. de Meaux.

5** François Ledieu à Denis Dodarl.

A Meaux, ce 2 A d'avril 1700.

Encore faut-il. Monsieur, vous donner des nouvelles de la bonne santé de Mgr de Meaux, votre illustre malade, illustre, dis-je, pour vous, par l'honneur que vous avez à sa guérison. Il s'est très bien porté depuis qu'il est ici, quoiqu'il ait travaillé à son bureau sans relâche pour l'assiduité et la continuité, mais avec la modération que vous savez pour l'application. Aussi a-t-il été en état de faire toutes les fonctions épiscopales de ce saint temps ', sans oublier même plusieurs jours déjeune qu'il a faits de son mouvement et contre l'avis des autres. Il se sentait bien ; et je crois qu'on ne risque rien

études littéraires chez les Jésuites, sa philosophie au collège de Beauvais et trois années de théologie en Sorbonne, lorsque, au mois d'octobre i683, il entra à l'Institution de l'Oratoire, âgé de plus de vingtdeux ans. Il fut prieur-curé de Juilly, mais il passa dans la maison de la rue Saint-Honoré les dernières années de sa vie, donnant l'exemple d'une piété singulière et d'une rare patience dans les souffrances d'une longiie maladie. Il mourut le lo avril 1720. Il avail appelé de la bulle Unigenitus le 21 juillet 1717 (Archives Nationales, MM 609, fo87;6iO, f^gS; Bibliothèque Nationale, fr. 8622, f» lOO; Nivelle, La Constitution Unigenitus déférée à l'Église universelle, t. III, p. 8/i).

2. Juilly, canton de Dammartin-en-Goëlle. Cette paroisse était desservie par les oratoriens, qui y tenaient un collège très important.

3. Nantouillet, aujourd'hui dans le canton de Claye, faisait alors partie du doyenné de Dammartin-en-Goëlle. C'était une paroisse desservie par un régulier portant le titre de prieur-curé.

5° — L. a. s. Bibl. de Troyes, ms. 2887, p. 190. Inédite. I. Pâques était tombé, cette année-h^i, le 11 avril.

à laisser à un homme sage la liberté de se conduire. C'est pourquoi il s'est fait aussi purger cette semaine suivant votre ordonnance, et depuis ii se trouve dans la même bonne disposition qu'auparavant. Elle vient principalement du repos qu'il prend ici, c'est-à-dire de ne se pas agiter par de continuels voyages. Il sent cette source de santé, et je le vois résolu de rester en ce lieu tout le temps qu'il pourra, peut-être encore douze ou quinze jours.

Ce séjour me fait prendre la liberté, Monsieur, de vous écrire aussi un mot pour moi*...

Cependant je suis avec tout le respect que vous savez, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Ledieu.

6" Mabillon à Ledieu.

Nous vous sommes sensiblement obligés, mon très cher Monsieur, des marques d'amitié que vous nous avez données par votre lettre du 4^ de ce mois '. C'est une grande consola-

3. Ici, Ledieu s'étend sur ses propres indispositions, pour lesquelles Il demande des remèdes.

6» — Collection Morrison, t. IV, p. i.

I. Ledieu avait félicité Mabillon et ses confrères de «l'approbation que M. de Meaux principalement et d'autres évèques donnaient à la préface destinée pour le dernier tome de saint Augustin, par deux raisons : premièrement à cause de la bonne doctrine sur la grâce, qui V est expliquée par des notions claires et certainées, prises des vrais sentiments de saint Augustin, et deuxièmement à cause du récit modeste qu'on y fait des efforts de ceux qui ont essayé de décréditer cette édition de saint Augustin, et de la condamnation qu'ils se sont attirée de Rome. Dès que les jésuites eurent publié sur ce sujet leur lettre de l'abbé allemand, M. l'évéque de Chartres entra dans leurs desseins et cria partout aux jansénistes contre les P. P. bénédictins et contre leur saint Augustin. Ces Pères tremblaient avec raison, h cause du crédit de cet évèque à la Cour par Mme de Maintenon. Il fallut que M. de Meaux parlât et qu'il fît parler M. l'arehevcque de Paris, et k M. l'évéque de Chartres et à Mme de Maintenon, pour prévenir les suites fâcheuses. M. de Chartres fut inconvertible. Le Roi défendit qu'on écrivît davantage de part et d'autre :

DOCUMENTS DIVERS. 48l

tion pour nous que la préface du dernier volume de saint Augustin ne déplaise pas à une si auguste et savante assemblée que celle du clergé. Nous avons de très grandes obligations entre autres à Monseigneur de Meaux, qui a beaucoup contribué à la mettre en l'état où elle est. Obligez-moi, s'il vous plaît, Monsieur, de lui présenter mes très profonds respects et ceux de D. Thierry'-.

Je vous remercie des deux avis que vous avez eu la bonté de me donner. La chose était déjà faite pour le premier article, qui concerne la restitution de la lacune dont vous parlez. J'en avertis ceux qui avaient soin de l'impression, dans le temps que l'on en était à cet endroit ^ On n'eut pas le temps d'écrire à Saint-Germain pour vous prier de nous envoyer cette restitution, dont on ne trouve pas de copie. On l'a faite, comme je crois, telle que Monseigneur l'avait faite*. Pour ce qui est du sermon en question % on a encore le temps d'ajouter

c'est à quoi tout ce fracas aboutit. Cependant les écrits des jésuites Furent condamnés au Saint Office, et les P. P. bénédictins eurent permission de publier leur second tome, qui est cause g'agnée et victoire pour eux. De là leurs grands remerciements pour M. de Meaux qui les a si bien servis, et encore on particulier sur la préface même que le P. Mabillon avait concertée avec lui et soumise à son jugement » {Note écrite par Ledieu au dos de la présente lettre de Mabillon). Ajoutons que, le ii novembre 1699, Louis XIV avait exigé que toute polémique cessât sur la publication des bénédictins ; après une entrevue avec Noailles, le P. Dez, provincial des jésuites, écrivit en ce sens à ses religieux une lettre circulaire, qui a été conservée par le P. Léonard (Archives Nationales, M 243, f°^ i3o et 182).

Page 1