SUR LES RÉUNIS DU DIOCÈSE DE MEAUX
Le nombre des réunis est environ de deux mille quatre cents ^ , répandus en cinquante ou soixante paroisses du diocèse de Meaux.
Mon dessein est de pourvoir principalement et d'abord aux
3. Cette lettre n'a pas été conservée. — Sans doute, la sœur Cornuau souFfrait de ne pas porter sur elle du ling-e de toile.
Lettre 1969. — Les éditions placent à la fin de mars 1700 ce mémoire, qui est en réalité du mois d'octobre précédent. En elTet, il y est répondu dans une lettre du 28 octobre 1699 qu'on lira plus loin. D'ailleurs, le témoignage de Ledieu est formel: m ... A Germigny, le 24 d'octobre, il fit un mémoire de l'état en général de ces religionnaires, des paroisses où il y en a un plus grand nombre, des secours spirituels et des livres dont ils ont besoin, et y joignit le dessein d'une ou deux missions dans les lieux principaux. Ce mémoire fut envoyé à la Cour à la fin d'octobre, et tout l'effet qu'il eut en ce temps, ce fut que trois ou quatre jeunes demoiselles mal instruites dans la religion protestante furent enfermées aux Nouvelles catholiques de Paris « (Ledieu, t. II, p. 5 et 6). Une lettre d'envoi devait accompagner ce mémoire : nous ne l'avons pas retrouvée.
I. L'Intendant constatait en 1698 l'existence de ces deux mille quatre cents nouveaux catholiques, vivant pour la plupart comme avant leur conversion, presque tous vignerons ou artisans, formant
gÔ CORRESPONDANCE [oct. 1699
plus grands lieux, dont l'exemple fera plus d'effet dans le voisinage.
Ces lieux sont Meaux et, autour de Meaux, Nanteuil, où élait le prêche, Mareuil et Quincy ; LaFerté-sous-Jouarre, où il y avait autrefois un prêche, et Saacy dans le voisinage ; Li«iY, où était aussi un prêche, et à Clave pareillement; Saint- Denis-de-Uebais avec Ghalendos ^ près de là, où il y avait aussi un prêche.
Je pourvoirai à Meaux par moi-même et par le clergé de la ville : on aura soin aussi de Mareuil et de Quincy, qui sont plus proches, et dont les curés ^, capables d'ailleurs, ont aussi des vicaires.
A Nanteuil-les-Meaux*^, où était le temple et où il y a encore "^ six cents personnes des réunis, outre les ecclésiastiques que je pourrai envoyer de la ville de temps en temps, on y a besoin d'un vicaire charité uniquement du soin journalier des réunis, et d'un maître et d'une maîtresse d'école.
A La Ferté-sous-Jouarre, qui est un grand lieu, on aura besoin d'un prêtre résidant : l'école y est bien remplie, tant pour les garçons que pour les filles. Le prêtre de La Ferté sera chargé de Saacy, qui est à une lieue, où il faudra seulement un maître d'école. Le Roi a eu la bonté ci-devant d'accorder un prêtre à celte ville. Sa Majesté étant sur le lieu^
environ cinq cents familles, au lieu de quinze cents familles huguenotes qui vivaient dans le diocèse avant la Révocation (^Mémoires des intendants, édit. de Boislisie, 1881, in-4, p. 72 et i5i).
2. Sur le château de Chalendos, situé sur la paroisse de Saint- Siméon, canton de La Ferté-Gaucher, voir aux Archives de Seineet-Marne, E 227 et 229, et Elisée Briet, Le Protestantisme en Brie, Paris, i885, in-8. Avant la Révocation, l'exercice du culte protestant se faisait chez le seigneur.
3. Il a déj^ été parlé de Nicolas Chéron, curé de Quincy (tome IX, p. i5o). Quant au curé de Mareuil, c'était Philippe Charpentier, qui signe les registres paroissiaux du 27 septembre 1690 au 22 septembre 1735.
4. Le temple de Nanteuil se trouvait dans le hameau de Chermont.