Ch. Read, Bossuet déooilé, p 34, imprime : où il y a eu
6. Louis XIV s'arrèla à La Ferté-sous-Jouarre le 1 1 mai et le 5 juin 1687 {Journal de Dangeau, t. II, p. (\2 et 47)-
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et en voyant la nécessité, dont la pension a été payée durant cinq ou six ans sur les coniiscations des fugitifs, et qui ne se paie plus depuis six ans ; et il le faudrait rétablir.
Mon intention serait, dans un si grand lieu, de commencer par une mission durant tout l'Avent, où trois ecclésiastiques habiles trouveraient une grande moisson, et au secours desquels j'irais le plus souvent que je pourrais.
Pour Lisy, qui est un grand bourg, j'y ai pourvu en toute manière, excepté à une maîtresse d'école, qui y serait très nécessaire : moyennant cela, j'espère que les réunis de cette paroisse donneront l'exemple à tout le diocèse.
Il faudrait un ecclésiastique pour Claye et pour les environs, outre le curé du lieu, un autre ecclésiastique pour Saint-Denis-de-Rebais, avec un maître d'école.
C'est en tout, pour le diocèse de Meaux, quatre prêtres, trois maîtres d'école et deux maîtresses.
On peut mettre les maîtres d'école à cent vingt livres, et les maîtresses à cent francs. Le Roi a la bonté, pour les prêtres, d'accorder quatre cents francs, et c'est le moins.
Outre cela, il y a déjà plus d'un an que j'ai fait travailler le sieur abbé Cbaberf* dans toutes les paroisses de ce diocèse
7. André Chabert, « commissaire pour les nouveaux convertis » au diocèse de Meaux (CF. notre tome VIII, p. 99 et 100). De[iuis 1696, il recevait déjà du clerjjé une pension de /^oo livres, dont il jouit jusqu'en 172^, date probable de sa mort. Après avoir habité aux Galeries du Louvre, de 1696 à 1700, puis rue aux Febvres, paroisse Sainl-Martial, dans la Cité, il passa ses dernières années, non loin de là, rue et paroisse Saint-Gliristophe (Archives Nationales, G^ 224)- Ledieu, qui, en 1700, le desservit auprès de M. de Bissy et le traita de « coureur ;>, écrivait en 1700 : M. de Meaux « envoya le sieur abbé Chabert dans toutes les paroisses du diocèse où il y a des religionnaires, dès le commencement de 1699, prendre leurs noms et facultés, en savoir le nombre, les faire aller aux instructions, et les enfants à l'école... Au mois d'octobre suivant, à l'occasion d'une nouvelle déclaration du Roi sur l'instruction et les mariages des réunis, il leur envoya de nouveau le même abbé Chabert pour savoir ceux qui s'étaient mariés contre les lois et faire réhabiliter leurs mariages avec une formule de profession de foi qu'ils devaient faire auparavant... Enfin l'abbé Chabert, prêchant l'Avent dernier à La
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où il y a des réunis, à les visiter tous en particulier, et les mettre en mouvement : la continuation de son travail m'est absolument nécessaire. Il y a quatorze ans qu'il sert à de pareils emplois en Languedoc, dans le Bas-Poitou ^ et ailleurs. Sa Majesté l'a honoré de plusieurs gratifications, et de huit cents livres de pension par chacun an. Il mériterait qu'il plût à Sa Majesté de lui fixer cette pension, et même de l'établir sur un bénéfice, si elle l'avait agréable, afin qu'après avoir consacré toute sa vie dans ce travail, il pût avoir quelque établissement dans ses vieux jours.
Il n'y a rien de plus nécessaire que des livres français pour le bon succès de l'ouvrage : j'en ai composé exprès pour cela, et j'ai répandu plus de deux mille exemplaires de mon catéchisme, de prières et d'autres pareils ouvrages. J'ai pris des mesures pour en faire des impressions au moindre prix qui se pourra, et, s'il plaisait à Sa Majesté de nous aider dans ce dessein si nécessaire, une somme de mille écus nous mettrait au large, afin que personne ne manquât d'instruction.
Il y aurait quelques demoiselles de condition à mettre aux Nouvelles catholiques de Paris, comme Sa Majesté a eu la bonté de me le faire espérer. On pourrait à présent commencer par les demoiselles de Chalendos, demeurantes au château de Chalendos près de Rebais, chez M. de Chalendos^,
Ferlé-sous-Jouarre, instruisit particulièrement ceux de cette ville et du voisinage « (Ledieu, t. II, p. 5, et t. 111, p. 244)-
8. Cf. H. de La Fontenelle de Vaudoré, Histoire du monastère et des évêques de Luçon, Fontenay-le-Comte, 1847, ii^-8, 3* partie, p. 617.
9, Cf. Mémoires des Intendants, p. i53. Alexandre Luillier, sieur de Chalendos, a été souvent confondu avec son cousin germain Alexandre Luillier, sieur du Breuil, demeuré protestant. Il était fils d'Alexandre Luillier, seigneur de Clialendosen partie, demeurant au Pin, près de Lagny, qui avait épousé, le 3i septembre i65t, Marie de La Planche, fille de feu Philippe de La Planche, sieur de ^ illiers, gentilhomme de la chambre du Roi. Il fit son abjuration au mois de décembre 1680 entre les mains de Fr. Caillebot de La Salle, évêque de Tournay et abbé de Rebais {Mercure, déc. i685, p. 260). Il était si peu à l'aise du côté de la fortune que, convoqué en 1689 avec le ban et l'arrière-ban de Meaux, il déclara qu'il « s'offrait de servir, mais qu'il n'avait ni équipages, ni chevaux, ni argent, ni moyen d'en
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leur frère, bien converti : de quatre sœurs, les deux cadettes sont celles qu'il est le plus nécessaire de renfermer ^^.
Il y a aussi les trois demoiselles de Neuville'*, sans père et sans mère, dont le frère est en Angleterre, au service du roi
avoir « (Revue nobiliaire, 1871). Néanmoins il entretenait d'excellents rapports avec les d'Harville des Ursins, seigneurs de Doue. Il épousa, le 26 juin 169/j, î^ Saint-Jean, de Rebais, Henriette-Françoise TorP (al. Storf), fille, croyons-nous, de feu JonasTorf, sieur de Podendorf, gentilhomme de la chambre du Roi, et d'Anne Le Clerc ; Louis- Armand de Scudéry fut témoin de ce mariage, d'où naquirent plusieurs enfants. Alexandre de Chalendos mourut le 7 août 1728, à l'âge de quatre-vingt-trois ans (État civil de Doue, de Rebais et de Saint-Siméon ; Haag, France protestante ; Elisée Briet, le Protestantisme en Brie. Paris, i885, in-8). On a dit que les Luillier de Chalendos étaient de la même famille que Jean L'Huillier, évêque de Meaux de i483 à i5oo, et que les Luillier aux Coquilles; mais ce point de généalogie ne semble pas suffisamment établi. Ce qui est sûr, c'est que, par sa grand'mère, Esther Guichard de Péray, qui avait épousé en 1691 Théodore Luillier de Chalendos, gentilhomme de la Chambre, fils de Jean Luillier, conseiller au Parlement, et de Catherine Bochart de Champigny, et petit-fils du conseiller Guillaume Luillier, notre Alexandre Luillier était cousin issu de germain de Mlle de Péray, prosélyte de Bossuet, puis carmélite sous le nom de Sœur Charlotte de Saint-Cyprien. D'un autre côté, il était apparenté aux Bochart de Champigny, et son grand-père Théodore de Chalendos avait été le cousin germain de Charles Bochart, dit le P. Honoré de Paris, capucin mort en odeur de sainteté en 162^ (Bibl. Nationale, Pièces originales et Dossiers bleus, aux mots L'Huili.ier, Luii.i.iPR et Guichard ; abbé F. Mazelin, Histoire du P. Honoré de Paris, Paris, 1882, in-i2, p. 6).
10. M. de Chalendos avait eu onze frères et sœurs. L'une de ces sœurs, Henriette, fut mise aux Nouvelles catholiques de Paris, puis, comme elle ne donnait aucun espoir de conversion, elle fut envoyée au château de Saumur, où bientôt après elle perdit l'esprit. Elle passa alors quelque temps chez un chirurgien nommé du Bignon ; après quoi, elle fut mise chez les Hospitalières de Saumur, où le Roi paya pour elle trois cents livres de pension (Archives Nationales, 0^46, II janvier 1702; 0*362, f« 3^0 ; 0*363, fo^ 182 et 284).
11. Les renseignements font défaut sur la famille de Neuville. — La duchesse de Hanovre, en 1712, s'intéressait à une Dlle de Neuville, protestante réfugiée, qui aurait voulu rentrer en possession de ses biens (Correspondance de Madame, trad. Jaeglé, 2^ édit., 1890^ iu-i8, t. II, p. 162).
loo CORRESPONDANCE [oct. 1699
Guillaume. Elles n'ont rien, non plus que les demoiselles de Chalendos; et il faudrait enfermer les deux cadettes : leur demeure est à Cuisy, paroisse d'Ussy, près de La Ferté-sous- Jouarre.
Sur la même paroisse d'Ussy, il y a les deux jeunes demoiselles de Maulien ^-, qu'il faudra aussi renfermer avec le temps, mais qui ne sont pas présentement sur les lieux.
1970. — A Jacques-Bénigne Winslow.
A Germigny, 25 octobre 1G99.
Je vous envoie, Monsieur, la lettre que vous dé-
13. Aujourd'hui, Moliens. Mme de Molien, Elisabeth de Raquet, fille de Charles de Raquet de Molien et veuve de François de Raquet, seigneur de Cuisy et de Molien, avait abjuré à Meaux entre les mains de l'évêque, avec son fils Alexandre, âgé d'environ dix ans (3i décembre i685). Peu de temps auparavant, elle avait perdu son mari, qu'elle avait épousé en 1675 ; peut-être avait-elle eu les filles dont parle ici Bossuet. Peut-être celles-ci étaient-elles deux des cinq filles (Antoinette, Catherine, Elisabeth, Marie et Anne) de feu Samuel de Raquet, et de feu Marquise d'Aubry, domiciliés au hameau de Cuisy, qui avaient abjuré à Ussy le a4 décembre i685 (Etat civil d'Ussy). Lettre i910. — Inédite. Copie faite sur l'original, qui était en la possession de M. Lullier, docteur de la Faculté de médecine de Paris et arrière-petit-fils de Winslow ; communiquée par M. l'abbé Guéry, aumônier du lycée d'Evreux. — Jacques Winslow, né le 2 avril 1669 à Odensee, dans l'île de Fionie, était fils d'un pasteur luthérien et petit-fils d'une sœur du célèbre anatomiste Sténon, qui, s'étant fait catholique, avait été nommé vicaire apostolique pour les pays du Nord. Il fut destiné au ministère pastoral, mais ayant renoncé à la théologie pour étudier la médecine, il vint à Paris en 1698, fut converti par Bossuet et abjura le luthéranisme à Germigny, le 8 octobre 1699. Il prit ensuite le doctorat dans la Faculté de médecine de Paris, puis fut nommé membre de l'Académie des Sciences, interprète <\ la Bibliothèque du Roi et enfin professeur d'anatomie au Jardin royal. Il se fit remarquer par son opposition à la résolution prise par la Faculté, de repousser la bulle Unigenitiis. Il mourut le /j avril 1760, âgé de quatre-vingt-onze ans, et fut inhumé à Saint-Benoît. Après la Révolution, son inscription funéraire a été placée à Saiut-Etieune-du Mont
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sirez pour M. Tabbc Bignon', que vous lui rendrez vous-même. J'annonce votre dessein de vous loger chez M. Duvernet^ pour quatre mois. M. de Saint- André^ vous dira le surplus de mes intentions.
(Cf. E. Raunié, Epilaphier du \ ieiix Paris, t. 1, p. 355). On a de lui nombre de mémoires insérés dans les recueils de l'Académie des Sciences ; son principal ouvrage est l'Exposition anatomique de la structure du corps humain (Paris, 1782, in-/4), demeurée longtempsclassique. La bibliothèque Mazarine (ms. 1 167) conserve un recueil de co[)ies revues par Winslow lui-même et contenant sur sa personne et sur sa vie de précieux renseignements. Il avait épousé, vers 171/i, Jeanne-Franroise Gilles, de qui il eut, en 1716, un fils qui mourut avant lui capitaine de vaisseau, sans postérité, et en 17 16 une fille qui se maria, au mois de janvier 1747, avec un médecin. Le Chat de La Sourdière. C'est de celle-ci que descendait le docteur Lullier-Winslow, l'un des auteurs du Dictionnaire des sciences médicales, Paris, 181 3 (Voir les Nouvelles ecclésiastiques, années 1728, 1781, 1736, etc.; Éloge de Winslow prononcé à l'Académie des Sciences le 12 novembre 1760 par Grandjean de Fouchy ; Ch. Urbain, Un prosélyte de Bossuet, dans la Revue du Clergé français, du i5 septembre 1902, et Anecdotes sur la vie de Bossuet, dans la Revue d'histoire littéraire, janvier 1908 ; Bulletin de la Société d'histoire de la médecine, t. V (1906), p. 358 et suiv. ; P. Delaunay, Le monde médical parisien au XVIII^ siècle, Paris, 1906, in-8 ; Vilhem Maar, Autobiographie de J.-B. Winslow, Copenhague et Paris, 191 2, in-8; Bibl. Nationale, Dossiers bleus).
1. Ayant appris que M. Duhamel voulait faire connaître à l'Académie des Sciences le petit-neveu de Sténon, ce M. de Meaux, mon père et mon patron, me procura la connaissance de M. l'abbé Bignon par une lettre, qu'il me donna pour lui porter moi-même » (Winslow, dans la Revue du Clergé, p. i3i). — L'abbé Bignon (cf. t. V, p. S'6g) était président de l'Académie des Sciences.
2. Ayant formé ce projet, dit Winslow (Revue du Clergé, p. I25), j'en écrivis à M. de Meaux, « qui l'approuva par une réponse vraiment paternelle écrite de sa propre main, que je garde encore précieusement ». C'est cette réponse que nous donnons ici, — Guichard Joseph du Verney (i 648- 1780), membre de l'Académie des Sciences et professeur d'anatomie au Jardin du Roi. Il fut l'un des médecins de Bossuet, qui l'avait connu dès le temps de l'éducation du Dauphin (Voir les Éloges de Fontenelle, édit. Fr. Bouillier, Paris, s. d., in-i8, p. 248).
3. L'abbé de Saint-André avait été le parrain de confirmation de Winslow et l'avait préparé à faire sa confession générale.
I02 CORRESPONDANCE [oct. 1699
Je reçois tous les témoignages de votre amitié comme un bon père ' celle de son enfant, et suis à vous de tout mon cœur, priant Dieu d'augmenter ses dons en vous.
J. Bénigne, é. de Meaux.
1971. — Le Comte de Pontchartrain a Bossuet.
28 octobre 1699-
J'ai lu au Roi le mémoire que vous avez pris la peine de m'envoyer*. S. M. prendra sa résolution sur tout ce qui regarde les missionnaires et les maîtres et maîtresses d'école dont vous parlez.
A l'égard des Dlles de Chalendos, de Neuville et de Molien ^, j'envoie dès aujourd'hui à M. Phelypeaux - des ordres pour
4. Bossuet suivit avec sollicitude son prosélyte dans la vie. En témoignage d'affection, il lui avait donné, à la confirmation, son nom de Bénigne, comme en fait foi le certificat qu'il lui délivra : « M. Winslow ayant déjà.le nom de Jacques, qui est l'un des miens, je lui ai donné en le confirmant celui de Bénigne que je porte aussi ; et je lui en ai donné ce témoignage, ce jour de Saiut-Saintin, XI octobre 1699, J. Bénigne, é. de Meaux. »
Lettre 1911. — Archives Nationales, O^dS, f" 354, copie. Publiée par Gh. Read dans Bossuet dévoilé, p. 34-