‹ Correspondance de BossuetChapitre 35 sur 192 · I. Celui qu'on vient de lire, p 96 et suiv · texte numérisé non relu

I. Celui qu'on vient de lire, p 96 et suiv

3. La copie : A l'égard de la Dlle de Chalendos de Neuville et de la Dlle Molien. Leçon fautive, comme il paraît, soit par le texte du mémoire de Bossuet, soit par celui de la lettre à Phelipeaux que nous allons transcrire.

3. Jean Phelypeaux, intendant de Paris (t. VI, p. 73). Voici le texte de la lettre que lui adressa Pontchartrain : « Ayant reçu de M. l'évêque de Meaux un mémoire par lequel il me marque qu'il serait nécessaire de mettre dans la maison des Nouvelles catholiques de Paris les demoiselles de Chalendos et de Neuville, j'en ai rendu compte au Roi, qui m'a ordonné de vous écrire d'envoyer prendre une des Dlles de Chalendos, qui s'appelle Henriette et qui demeure au château de Chalendos près de Rebais, et les deux cadettes des

nov. 1699] DE BOSSUET. io3

faire mettre dans la maison des Nouvelles catholiques de Paris celles que vous proposez.

1972. — Le Comte de Pontchartrain a Bossuet.

9^ novembre 1699.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite concernant le nommé de Vrillac^ de La Ferté-sous-Jouarre, qui s'est absenté et qui a laissé un bien assez considérable, que vous voudriez appliquer aux dépenses à faire pour l'instruction des nouveaux catholiques. Mais, comme la confiscation ne peut avoir lieu que quand il sera condamné, il faut attendre qu'il ait été rendu un jugement^ contre lui; après quoi, je

qui demeurent à Guissy, paroisse d'Ussy, près La Ferté-sous-Jouarre. lesquelles vous ferez conduire, s'il vous plaît, aux iS'ouvelles catholiques. Il y a aussi sur la même paroisse d'Ussy deux jeunes demoiselles nommées de Molien, que M. de Meaux croit nécessaire de renfermer ; mais, comme elles ne sont pas présentement sur les lieux, il ne faudra les envoyer aux Nouvelles catholiques que de concert avec M. de Meaux et dans le temps qu'il dira » (0^43, fo 354 v», 28 octobre 1699). Les deux demoiselles de Neuville furent transférées des Nouvelles catholiques au château de Saumur à la fin de janvier 1701, en même temps que Mlle Henriette de Chalendos {0^l\b, f^^ i5 et 34).

Lettre i912. — Archives Nationales 0*43, f° 36o. Publiée par M. Gh. Read, Bossuet dévoilé, p. 36.

1 . On verra plus loin qu'on veut parler de Jacques de Vrillac, sieur de Biard, marchand à La Ferté-sous-Jouarre. Il était frère de Pierre de Vrillac, avec qui Bossuet échangea plusieurs lettres (Gf. t. III, p. 1^8, 181, 2o4, 235 et 279). Il s'était converti, et avait pu ainsi être mis en possession des biens de ses parents fugitifs ; puis il s'était retiré à l'étranger (vers le mois d'octobre 1699). Après avoir perdu sa première femme, Galherlne de Besset, en juillet 1676, il avait épousé en secondes noces Madeleine Le Clerc, veuve de Louis Longelet (Registres de la communauté protestante, à La Ferté).

2. Ge jugement fut rendu conformément aux désirs de Bossuet. Cependant le prélat n'obtint pas toute la fortune du fugitif. En effet,

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le proposerai au Roi suivant vos intentions ^ Je suis, etc.

une somme de dix mille livres en fut distraite au profit du marquis de Louvilie, à la suite d'une requête adressée par celui-ci au Conseil, et dont voici le résumé, a Le sieur de Louvilie, gentilliomme de la manche de Mgr le duc d'Anjou, expose que le sieur de Lhumière, son oncle maternel, doit par un contrat de constitution une somme de dix mille livres en principal, tant à Jacques de Vrillac, sieur de Biard, qu'à Charlotte de Vrillac, sa sœur Cette Charlotte de Vrillac est temme du sieur Le Sueur, ci-devant ministre de La Ferté-sous-^ Jou<irre, qui s'est retiré depuis longtemps en Hollande avec toute sa famille, et il n'est resté en France que Jacques de Vrillac de Biard, frère de cette Charlotte, qui a joui de ses biens en vertu de la déclaration du Roi, ayant fait abjuration. Ce nouveau converti, s'étant repenti de s'être fait catholique, a tout abandonné, a passé depuis deux mois dans les pays étrangers et a laissé auprès de La Ferlé-sous- Jouarre et ailleurs pour plus de vingt-cinq mille livres d'effets, sans com()ter les dix mille qui lui sont dues par moitié avec sa sœur. Couime il méditait sa retraite depuis longtemps, il a offert plusieurs fois au dit sieur de Lhumière de le quitter pour peu de chose des dix mille livres qu'il lui devait ; ce qu'il a reeté pour ne pas contribuer à son évasion et encore moins contrevenir aux ordres de S. M. Le fugitif et sa sœur, femme du ministre, n'ont laissé aucun héritier en France, tous étant sortis pour fait de religion. Le sieur de Louvilie représente encore que son oncle est lui-même le dénonciateur de sa propre dette, dont personne que lui n'a connaissance, et il lui aurait été aisé par ce moyen, en gardant le silence, d'en profiter. Mais, comme il a cru par délicatesse que sa conscience y serait engagée, il a recours à S. M., à qui tout ce bien appartient par sa confiscation, pour lui demander en faveur de son neveu la remise de ladite somme de dix mille livres seulement. Et au cas que la piété de S. M. la porte à vouloir employer de ces sortes de biens en œuvres pies, elle en trouvera encore dans ceux dont est question pour plus de vingt-cinq mille livres » (Séance du conseil d'Etat, 2 janvier 1700, aux Archives Nationales, TT /j35. En marge : Bon pour les dix mille livres et les arrérages). — Charles Auguste d'Allonville, marquis de Louvilie, frère du mathématicien, était, par sa mère Marie Charlotte de Vaultier, neveu de Philippe de Vaultier, sieur de Lhumière, terre voisine de Guérard (Voir t. V, p. 280, et t. VI, p. 379). 3. Read : selon vos instructions.

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1973. — Le Comte de Pontciiartrain a Bossuet.

II novembre 1699.

Vous avez sans doute connaissance de la lettre qu'un théologien vous écrit, qui tend à éluder la condamnation du livre de M. de Cambrai parla distinction du fait et du droit ^. Cette lettre se débite à Paris, et j'en ai reçu un exemplaire par la voie de M. d'Argenson. J'en ai parlé au Roi, qui m'a ordonné de savoir de vous ce que vous croyez qu'on doive faire pour la défense de cette lettre par rapport aux conséquences que peut avoir une sévère défense ou une trop grande dissimulation. Cette lettre parle d'un Traité historique contenant le jugement d'un protestant sur la théologie mystique^, le quiélisme et les démêlés d'entre vous et M. de Cambrai, imprimé en Hollande depuis quelque temps. Je vous prie aussi de me faire savoir votre sentiment sur ce livre, et si vous jugez qu'on doive faire quelques diligences pour en défendre le débit ^.

Je suis, etc.

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