C'est le traité de Jurieu, dont il a été question, p
3. Le même jour, Pontchartrain demanda aussi l'avis de l'archevêque de Paris (Archives Nationales, 0*43, f*^ 363).
Lettre 1914. — Cent cinquante-cinquième dans Lâchât comme dans Ledieu ; cent cinquante-quatrième dans Na et Ma ; cent cin-
io6 CORRESPONDANCE [nov. 1699
demander votre obédience à Mgr l'archevêque', même à faire pour vous tout ce qui se pourra pour votre repos. Vous pouvez prendre les mesures dont vous me parlez. Ne suivez pas votre inclination, mais les ouvertures que vous trouverez; et vous les devez regarder comme un témoignage de la volonté de Dieu et un effet de sa bonté.
Je pars demain', s'il plaît à Dieu; je ferai par lettres, le mieux que je pourrai, ce que le temps ne me permet pas de faire de vive voix.
Vous avez pour père, en ce qui regarde votre vocation, Mgr l'archevêque: remettez-vous en ses bontés plus que paternelles, et ne m'épargnez pas dans le besoin.
Saluez de ma part Mme de Luynes, et croyez-moi tout à vous, et toujours résolu à ne vous abandonner point.
Je prie Notre-Seigneur, ma Fille, qu'il soit avec vous.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Vous"* pouvez vous confesser à la personne dont
à) Les lignes suivantes, mises dans le corps de la lettre par les éditeurs, sont un post-scriptum, comme l'indiquent le ms. Ma et la copie de Ledieu, où cette lettre est transcrite intégralement.
quante-troisième dans Ne et dans un manuscrit de l'abbaye de Gomerfonlalne venu récemment à notre connaissance; cent cinquantième dans Nd. La date est donnée par Mme Cornuau ; Ledieu s'est borné à noter l'année.
1. L'archevêque de Paris, dans le diocèse duquel était situé Torcy ; les relig'ieuses devaient donc avoir son agrément pour sortir de leur couvent,
2. Bossuet, dont la présence à Meaux est constatée le 2^ novembre, se trouvait à Paris le 26 ; il était à Versailles le 29. En disant qu'il part demain, Bossuet veut peut-être parler de son voyage à \ ersailles, qui est en effet de cette époque et dura jusqu'au 9 décembre.
nov. 1699J DE BOSSUET. 107
VOUS me parlez : ne vous embarrassez pas de certaines matières qui vous peinent.
1975. — A MM. DU Prksidial de Meaux.
A Versailles, 26 novembre 1699.
Messieurs, je ne puis m'empêcher d'envisager toujours avec crainte les fâcheuses suites de l'aflaire qui partage aujourd'hui toute notre ville. Quel qu'en puisse être l'événement, il sera toujours funeste à la charité que je désirerais y pouvoir conserver au prix de mon sang. Je vous supplie donc, Messieurs, par les entrailles de la miséricorde de Jésus- Christ, de me donner vos justes ressentiments contre les auteurs, quels qu'ils soient, de cet ouvrage de ténèbres. J'écris, en même temps, à M. le Président Macé*, que je ne croirai jamais capable d'une entre- Lettre 1915. — L. s. Copie faite par A. Floquet sur l'original appartenant à M. de Longpérier, de Meaux. Inédite. — Le 3i mai 1699 avait été répandue à Meaux une chanson injurieuse au Présidial et à chacun de ses membres. On accusa M. Macé, président en l'élection, d'en être l'auteur. Il s'en défendit. De part et d'autre le feu s'alluma et on craignit un grand procès. Bossuet, pour préparer les esprits h la paix, écrivit aux membres du Présidial cette lettre, qu'il envoyait à Nicolas Payen, chef du Présidial, avec qui il était en relation d'amitié. De retour à Meaux, il sollicita si bien les parties qu'elles firent leur soumission entre ses mains et signèrent la paix le 3i décembre 1699. Toutefois l'affaire ne fut complètement terminée que le 10 mai 1700 (Ledieu, t. II, p. 4, 5, Sa et 33).
I. Macé le fils, dit Ledieu (t. II, p. Ix et 33). C'était Antoine Macé, qui avait depuis peu succédé, comme président en l'électioa de Meaux, à son père, encore vivant et aussi nommé Antoine. Celui-ci
lo8 CORRESPONDANCE [nov. 1699
prise comme celle-ci. La déférence que vous aurez pour votre pasteur, qui vous honore, qui vous considère, qui vous aime autant que je fais, ne peut être qu'avantageuse à un corps aussi sage, aussi modéré, aussi digne de considération que le vôtre. Faitesmoi donc cet honneur, que je compterai pour beaucoup, de laisser là une poursuite qui ne peut jamais produire que du mal en causant des inimitiés et des vengeances où je ne vois point de fin. Que si vous ne croyez pas pouvoir m'accorder un renoncement entier, j'espère, du moins, qae vous ne me refuserez pas un délai jusqu'à ce que je sois sur les lieux, ce qui sera bientôt, s'il plaît à Dieu. Je me sentirai éternellement votre obligé pour cette complaisance, et je la reconnaîtrai par tous les services dont je serai jamais capable envers votre compagnie et envers tous les particuliers qui la composent, étant d'ailleurs avec une estime particulière. Messieurs, votre très humble serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
était fils de Romaine Monguillon, qui fig'ure dans notre tome II, p. 371, comme fondatrice des Filles charitables de La Ferté-Gauclier, et il y a lieu de corrig^er ce que nous avons dit alors des Macé établis à Meaux. Quant à Macé le fils, il épousa Catherine Navarre, cousine du chanoine de ce nom (Ledieu, t. IV, p. 63). Il mourut sans doute en 1700, car, aux mois d'août et de septembre de cette année, son office fut vendu par sa veuve, tutrice de quatre enfants mineurs, à l'avocat Denis Muly (Registres paroissiaux de La Ferté-Gaucher et de Saint-Remy de Meaux; Bibliothèque Nationale, Pièces originales).
nov. 1O99] DE BOSSUET. 109
1976. — A Nicolas Payen.
Vous aurez sans doute bien agréable que je vous prie de vouloir rendre à MM. du Présidial, dont vous êtes le digne chef, la lettre que je vous envoie. Je vous l'adresse toute ouverte, afin que vous en voyiez le contenu et que vous appuyiez de votre crédit le dessein que la seule charité pastorale et paternelle m'a inspiré. J'espère, Monsieur, y réussir, si vous y joignez voire suffrage, que votre mérite, autant que votre charité, rend si considérable en celte occasion. Ce succès vous fera honneur, je l'oserai dire, et me fera un plaisir extrême. J'attends cet effet de l'amitié qui est entre nous, et je serai toujours avec la confiance et l'estime que vous savez, Monsieur, votre très humble serviteur.
A Versailles, 25 novembre 1699.
Au bas: M. le Lieutenant général.
1977. — A M™*" DE Beringhen.
A Versailles, 29 novembre 1699.
Je suis très aise, Madame, que M. de La Roque\
Lettre 1916. — L. a. s. Collection du baron H. de Rothschild. Inédite. — Bossuet a daté sa lettre en tête et à la fin.
Lettre 1911. — L. a. s. Archives de Saint-Sulpice. Publiée pour la première fois dans l'édition de Versailles, t. XLIII, Supp., p. 5i.
I. François de La Rocque, originaire du diocèse de Glermont, maître es arts du 38 août 1649, '«^'^i^ obtenu le vingt et unième rang
iio CORRESPONDANCE [déc. 1699
notre ancien théologal, prêche l'Avent et le Carême chez vous. Il est approuvé pour cela et pour les confessions mêmes des religieuses. C'est un homme de piété et de doctrine.
Je ne puis, Madame, vous remercier assez de toutes vos hontes, ni vous témoigner assez comhien^ je vous suis acquis, et à la sainte maison. J. Bémgne, é. de Meaux.
1978. — A M"^ DE Beringhen.
A Versailles, 4 décembre 1699.
Je serais fâché, Madame, que vous sussiez d'autre que de moi la disposition que je fais de la personne
à la licence de i654, et pris le bonnet le 3o juin de la même année. Il fut théologal sous M. de Ligny, et vicaire capitulaire sede vacante. A la fin de novembre 1681, après la nomination de Bossuet à Meaux, il quitta cette ville, et vint se fixer à Paris. Il fut professeur au collège de Navarre, et, de juillet 1701 au i*"" août 1708, puis du mois d'août 1707 jusqu'à sa mort, en 1718, doyen de la Faculté de théologie. Il souscrivit le fameux Cas de conscience ; mais, sur les instances de Bossuet, il retira sa signaiure.II prêchait avec succès. Il ne faut pas le confondre avec l'abbé de La Roque, officiai de Rouen, directeur du Journal des savants et correspondant de R. Simon (Bibliothèque Nationale, fr. i/idgô, et lat. 910/i, f° io5 ; Pierre Janvier, Les fastes et annales des évêques de Meaux, t. I, f<' 65 ; Ledieu, t. II, p. 377; Histoire du Cas de conscience, Nancy, 1706, 8 vol. in-12, t. I, p. T26 et 25/» ; le Mercure, juin 1708, p. 89 à 91 ; juillet 1712, p. 287 et suiv. ; article de M. Gh. Urbain dans la Revue d'histoire littéraire, janvier 1908, p. 106).