‹ Correspondance de BossuetChapitre 50 sur 192 · Copie de Ledieu : les plus solides · texte numérisé non relu

Copie de Ledieu : les plus solides

janv. 1700] DE BOSSUET. l33

XIV. Je n'ai pas besoin de m'élendre ici sur le canon des Hébreux"^', ni sur les divers significations du mot d'apocryphe, qui, comme on sait, n'est pas toujours également désavantageux. Je ne dirai pas non plus quelle autorité parmi les Juifs, après leur canon fermé ^" par Esdras, pouvaient avoir, sous un autre titre que celui de canoniques, ces livres qu'on ne trouve point dans l'hébreu. Je laisserai encore à part l'autorité que leur peuvent concilier les allusions secrètes qu'on remarque aux sentences de ces livres, non seulement dans les auteurs profanes, mais encore dans l'Evangile. Il me semble que le savant évêque d'Avranches^\ dont le nom est si honorable dans la littérature, n'a rien laissé à dire sur cette matière ; et pour moi, Monsieur, je me contente d'avoir démontré, si je ne me trompe, que la définition du concile de Trente sur la canonicité des Ecritures, loin de nous obliger à reconnaître de nouvelles révélations, fait voir au contraire que l'Eglise catholique demeure toujours inviolablement attachée à la tradition ancienne, venue jusqu'à nous de main en main.

XV. Que si enfin vous m'objectez que du moins cette tradition n'était pas universelle, puisque de très grands docteurs et des Eglises entières ne l'ont pas connue, c'est, Monsieur, une objection que vous avez à résoudre avec moi. La démonstration en est

2^. Le canon hébreu ou palestinien contient les vingt-quatre livres de la Bible hébraïque.

25. Édit. : leur canon par Esdras. — Entendez : la collection des Livres saints close au temps d'Esdras.

Page 1