Édit. : le fait
29. S. Jérôme, Prxfatio in libnim Judith [P. L., t. XXIX, col. 89].
30. Ms. : sentir par la longpueur. La copie de Ledieu : à sentir la longueur.
3i. Ms. : ne les empêchaient point Ledieu : ne les empêchait pas.
janv. 1700] DE BOSSUET. 187
condamnation de toutes les erreurs, et non seulement de celles qui attaquaient les grands mystères, de la Trinité, de l'Incarnation, de la Grâce ; mais encore de celles qui blessaient les autres vérités révélées de Dieu, comme faisaient les montanisles, les novatiens, les donatistes, et ainsi du reste. Par exemple, la province de Phrygie, qui, assemblée dans le concile de Laodicée, ne recevait point en autorité, et semblait même ne vouloir pas lire dans l'Eglise quelques-uns des livres dont il s'agit, contre la coutume presque universelle des autres Eglises, entre autres de celles d'Occident^^, n'en condamnait pas moins avec elles toutes les erreurs qu'on vient de marquer ; de sorte qu'en vérité il ne leur manquait aucun dogme, encore qu'il manquât dans leur canon quelques-uns des livres qui servaient à les convaincre.
XIX. C'est pour cela qu'on se laissait les uns aux autres une grande liberté, sans se presser d'obliger toutes les Eglises au même canon ; parce qu'on ne voyait naître de là aucune diversité dans la foi, ni dans les mœurs : et la raison en était que les fidèles, qui ne cherchaient pas les dogmes de foi dans les livres ^^ non canonisés en quelques endroits, les trouvaient suffisamment dans ceux qui n'avaient jamais été révoqués en doute ; et que même ce qu'on ne trouvait pas dans les Ecritures en général, on le recouvrait dans les traditions perpétuelles et universelles.
82. Edit. : de celle d'Occident. Ledieu : de celles d'Occident. 33. Edit. : dans ces livres.
l38 CORRESPONDANCE [janv. 1700
XX. Sur cela même nous lisons dans saint Augustin, et dans l'un de ses plus savants écrits, cette sentence mémorable : L'homme qui est affermi dans la foi, dans Vespérance et dans la charité, et qui est inébranlable à les conserver , na besoin des Ecritures que pour instruire les autres ; ce qui fait aussi que plusieurs vivent sans aucuns livres dans les solitudes (Lib. 1 de Doct. chr., xxxix, n" 43). » On sait d'ailleurs qu'il y a eu des peuples qui, sans avoir l'Ecriture, qu'on n'avait pu encore traduire en leurs langues barbares et irrégulières, n'en étaient pas moins chrétiens que les autres ; par où aussi l'on peut entendre que la concorde dans la foi, loin de dépendre de la réception de quelques livres de l'Ecriture, ne dépend pas même de toute l'Ecriture en général ; ce qui se pourrait prouver encore par Tertullien^* et par tous les autres auteurs, si cette discussion ne nous jetait trop loin de notre sujet.
XXI. Que si enfin on demande pourquoi donc le concile de Trente n'apas laissé sur ce point la même liberté que l'on avait autrefois, et qu'il défende, sous peine d'anathème, de recevoir un autre canon que celui qu'il propose (Sess. IV), sans vouloir rien dire d'amer, je laisserai seulement à examiner aux protestants modérés si l'Eglise romaine a dû laisser ébranler par les protestants le canon dont, comme on a vu, elle était en possession avec tout l'Occident, non seulement dès le quatrième siècle, mais encore dès l'origine du christianisme, canon qui s'était affermi