‹ Correspondance de BossuetChapitre 53 sur 192 · Liber de Prœscriplionibus, XIV [P. L., t. II, col · texte numérisé non relu

Liber de Prœscriplionibus, XIV [P. L., t. II, col

janv. 1700] DE BOSSUET. iSq

depuis par Tusage de douze cents ans, sans aucune contradiction ; canon enfin dont on prenait occasion de la calomnier, comme falsifiant les Ecritures, ce qui faisait remonter l'accusation jusqu'aux siècles les plus purs : je laisse, dis-je, à examiner si l'Eglise a dû tolérer ce soulèvement, ou bien le réprimer par ses analhèmes.

XXII. Il n'est donc rien arrivé ici que ce qu'on a vu arriver à toutes les autres vérités, qui est d'être déclarées plus expressément, plusauthentiquement, plus fortement, par le jugement de l'Eglise catholique, lorsqu'elles ont été plus ouvertement, et, s'il est permis de dire une fois ce mot, plus opiniâtrement contredites ; en sorte qu'après ce décret, le doute ne soit plus permis.

XXIII. Je n'ai point ici à rendre raison pourquoi nous donnons le nom d'Eglise catholique à la communion romaine, ni le nom de concile œcuménique à celui qu'elle reconnaît pour tel. C'est une dispute à part, où l'on ne doit pas entier ici ; et il me suffît d'avoir remarqué les faits constants d'oii résulte l'antiquité et la perpétuité du canon dont nous usons.

XXIV. Après tout, quelque inviolable que soit la certitude que nous y trouvons, il sera toujours véritable que les livres qui n'ont jamais été contestés ont dès là une force particulière pour la conviction ; parce qu'encore que nul esprit raisonnable ne doive douter des autres après la décision de l'Eglise, les premiers ont cela de particulier que, procédant ad hominem et ex concessis, comme on parle, ils sont plus propres à fermer la bouche aux contredisants.

i^O CORRESPONDANCE [janv. 1700

Voilà, Monsieur, un long discours, encore que je n'aie fait que proposer les principes. C'est à Dieu à ouvrir les cœurs de ceux qui le liront. Ce dont je vous prie, c'est de le présenter à votre grand prince, de prendre les moments heureux 011 son oreille sera plus libre, et enfm de le lui faire regarder comme un effet de mon très humble respect. Le reste se dira une autre fois et bientôt, s'il plaît à Dieu.

Je suis cependant, et serai toujours, avec une estime et une affection cordiale, Monsieur ^% votre très humble serviteur.

J. Bénigne, é. deMeaux^^

1985. A M™* DUMANS.

A Meaux, 12 janvier 1700

Mon neveu m'a rapporté de vos nouvelles, ma

35. Ces derniers mots, ainsi que la signature, sont de la main de Bossuet.

36. Cette lettre fut envoyée de WoIFenbuttel à Leibniz, par M. du Héron, le 3 février 1700 (Hanovre, fo 3g3). Leibniz écrivit à ce sujet : « ... Je vous remercie très humblement du soin que vous avez en de me procurer la lettre de M. l'évêque de Meanx, qui est assurément très savante et délicate au possible. Il faudra savoir làdessus les sentiments de Mgr le Duc, pour qui proprement elle a été rcrlte, et je viendrais (^sic) recevoir les ordres de S. A. S. là-dessus, pour savoir si elle veut que la matière soit approfondie par des gens du métier. Car, puisqu'elle ne regarde ni le droit, ni l'histoire, ni les mathématiques, ni la philosophie, j'ai peur (et ce n'est pas sans raison) que M. de Meauv ne me prenne pour un homme trop ambitieux et téméraire si je voulais entrer en lice avec lui. Outre que je suis déjà trop embarrassé d'occupations pour avoir envie de m'en attirer des nouvelles en voulant tenir tête au plus grand homme de controverses de votre parti... » {Ibid., f» Sg^).

Lettre i9S5. — L. a. s. Collection de M. Le Blondel, à Meaux. Une copie à la Bibliothèque Nationale, fr. i5i8i.

janv. 1700] DE BOSSU ET. I^I

Fille, et votre lettre me fait connaître une partie de vos dispositions et de celles de la Maison. Détachezvous de vous-mêmes, et remplissez- vous de Jésus- Christ, afm de le faire naître dans ces âmes tendres, en sorte qu'il y étahHsse sa demeure.

Ayez soin de Mme de llodon * , et écrivez moi de ses nouvelles ; donnez-lui mahénédiclionavec ma lettre, et croyez, ma Fille, que je n'oublie aucune de vous, et vous moins que personne.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Sascription : A Mme Dumans, à Jouarre, par La Ferté-sous-Jouarre .

1986. — A DoM Martêne.

A Versailles, 26 janvier 1700.

J'ai reçu, mon Révérend Père, en arrivant de Meaux à Paris, il y a deux ou trois jours, le docte et curieux ouvrage^ que vous m'avez envoyé, avec la lettre qui l'accompagnait, et je n'ai pas tardé à commencer cette lecture. Le dessein me plaît tout à fait ; et je juge, par le peu que j'en ai lu, que l'exécution n'en est pas moins heureuse : ainsi je vous rends grâces de votre souvenir. Notre commune patrie ', outre votre habit et votre congrégation, que

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