‹ Correspondance de BossuetChapitre 55 sur 192 · Édlt. : selon la signification... dans les Ecritures · texte numérisé non relu

Édlt. : selon la signification... dans les Ecritures

3. Un article de foi est « une proposition révélée distincte et apte à s'unir k d'autres pour entrer avec elles dans l'organisme vivant de la doctrine chrétienne », Parmi les objets de la connaissance surnaturelle, il est des propositions qui ne sont pas manifestées pour ellesmêmes, mais en vue des notions principales : elles ne peuvent être appelées vérités de foi. Y acani (Dictionnaire de Théologie, article de FOI, p. 2024). Quand il s'agit des textes inspirés, il y a lieu de distinguer entre la substance des faits et la forme littéraire dont elle est revêtue.

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action, comme seraient, par exemple, la couleur des pavillons qui étaient tendus dans le festin d'Assuérus, et les autres menues circonstances de cette fête royale ; et de ce genre serait aussi le chien de Tobie, aussi bien que le bâton de David, et, si l'on veut, la couleur de ses cheveux. Tout cela, de soi, est tellement indifférent à la rehgion qu'on peut ou le savoir ou l'ignorer, sans qu'elle en souffre pour peu que ce soit. Les autres faits qui sont proposés pour appuyer les dogmes divins, comme sont la justice, la miséricorde et la providence divine, quoique bien plus importants, ne sont pas absolument nécessaires, parce qu'on peut savoii' d'ailleurs ce qu'ils nous apprennent de Dieu et de la religion.

Pour ce qui est de nier ces faits, la question se réduit à celle de la canonicité des livres dont ils sont tirés. Par exemple, si l'on niait ou le bâton de David, ou la couleur de ses cheveux et les autres choses de cette sorte, la dénégation en pourrait devenir très importante, parce qu'elle entraînerait celle du livre des Rois, où ces circonstances sont racontées.

Tout cela n'a point de difficulté, et je ne l'ai rapporté que pour toucher tous les points de votre lettre. Mais, pour les vrais articles de foi, qui regardent les dogmes* théologiques immédiatement révélés de Dieu, encore que la discussion en demande plus d'étendue, il est aisé d'en sortir.

Je rappelle tout à trois propositions : la première,

4. Édit. : Mais pour les diFficultés qui regardent les vrais articles de foi et les dogmes.

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qu'il y a des articles fondamentaux et des articles non fondamentaux : c'est-à-dire des articles dont la connaissance et la foi expresse est nécessaire au salut, et des articles dont la connaissance et la foi expresse n'est pas nécessaire au salut.

La seconde, qu'il y a des règles pour les discerner les uns des autres.

La troisième, que les articles révélés de Dieu, quoique non fondamentaux, ne laissent pas d'être importants, et de donner matière de schisme, surtout après que l'Eglise les a définis.

La première proposition, qu'il y a des articles fondamentaux, c'est-à-dire dont la connaissance et la foi expresse est nécessaire au salut, n'est pas disputée entre nous. Nous convenons tous du symbole attribué à saint Athanase, qui est l'un des trois reconnus dans la Confession d'Augsbourg comme parmi nous, et on y lit à la tête ces paroles : Quicunque vall salvus esse, etc. , et au milieu : Qui vall ergo salvasesse, etc. , et à la fin : Hœc est fides catholica, quant nisi quisque, etc.. absqae dubio in œternu/n peribit.

Savoir maintenant si les articles contenus dans ce symbole y sont reconnus nécessaires, necessitate medii, ou necessitate prœcepli, c'est, à mon avis, en ce lieu une question assez inutile, et il suffira peutêtre d'en dire un mot à la fin.

La seconde proposition, qu'il y a des règles pour discerner ces articles, n'est pas difficile entre nous, puisque nous supposons tous qu'il y a des premiers principes de la religion chrétienne qu'il n'est permis à personne d'ignorer ; tels que sont, pour descendre

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dans un plus grand détail, le Symbole des apôtres, l'Oraison dominicale, et le Décalogue avec son abrégé nécessaire dans les deux préceptes de la charité, oii consiste ', selon l'Evangile, toute la Loi et les prophètes.

C'est de quoi nous convenons tous, catholiques et protestants, également ; et nous convenons encore que le Symbole des apôtres doit être entendu comme il a été exposé dans le symbole de Nicée, et dans celui qu'on attribue à saint Athanase.

On se peut réduire à un principe plus simple en disant que ce dont la connaissance et la foi expresse est nécessaire au salut, est cela même sans quoi on ne peut avoir aucune véritable idée du salut qui nous est donné en Jésus-Christ : Dieu voulant nous y mener ^ par la connaissance, et non par un instinct aveugle, comme on ferait des bêtes brutes.

Dans ce principe, si clair et si simple, tout le monde voit d'abord qu'il faut connaître la personne du Sauveur, qui est Jésus-Christ, Fils de Dieu ; qu'il faut aussi connaître son Père, qui l'a envoyé, avec le Saint-Esprit, de qui il a été conçu, et par lequel il nous sanctifie ; quel est le salut qu'il nous propose, ce qu'il a fait pour nous l'acquérir, et ce qu'il veut que nous fassions pour lui plaire : ce qui ramène naturellement l'un après l'autre les symboles dont nous avons parlé, l'Oraison dominicale et le Décalogue ; ef tout cela, réduit en peu de paroles, est

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