Édit. : venir
Lettre 2000. — A Saint-Sulpice, une copie faite pour Mme de La Maisonfort. — « Celte lettre, écrit Mme de La Maisonfort, est celle dont il est parlé dans la précédente (celle qui se trouve au t. XI,
l88 CORRESPONDANCE |maii7oo
moins pendant qu'elles veillaient, j'aurais quelque penchant à croire que Dieu fait cette grâce à quelques âmes. R. Gela se peut, mais je n'en sais rien.
2. D. 11 est rapporté de la Mère de l'Incarnation, ursuline*, que rien ne la pouvait distraire de son union avec Dieu, ni les travaux, ni la conversation, ni la nuit, ni le jour.
R. Je crois que ces âmes ont souvent des distractions dont elles ne s'aperçoivent pas; mais, comme elles ont une grande facilité à revenir à Dieu, on en conclut, etc.
3. D. Elle dit elle-même : « Je me vois par état perdue dans la divine majesté, qui, depuis plusieurs années, me lient
dans une union que je ne puis expliquer H y a près de
cinquante ans que Dieu me tient dans cet état Ce que je
fais à mon oraison actuelle, je le fais tout le jour, à mon coucher, à mon lever et ailleurs^. »
R. Si sa disposition avait été un acte direct et continu, elle aurait dû ignorer son état: car ce ne peut être que par réflexion qu'on sait tout ce que cette Mère démêle ici.
4. D. Je n'ai lu que quelques endroits de la Vie de cette religieuse^ ; mais, par ce que j'en ai vu, il m'a paru que cette union, quoique continuelle, ne l'empêchait pas de s'exciter aux actes distincts.
R. Cela est vrai.
p. 3io). J'y propose à M. de Meaux quelques difficultés sur son livre des EtHts d'oraison. Il n'y répondit que le i*"" de mai 1700. »
1. Voir la Vie de la Vénérable M. Marie de l'Incarnation, première supérieure des Ursalines de la Nouvelle France (par le P. Claude Martin, son fils), Piiris, 1677, in-4, p. 47i 55 et 78.
2. Dans une lettre de la Vénérable à son fils, du 25 septembre 1670. (Léon Cliapot, Histoire de la Vénérable Mère de l'Incarnation. Paris, 1892, t. II, p. 821).
3. Voir la lettre du i^'juin 1695 à Mme Cornuau, t. VII, p. ii5.
mai 1700] DE BOSSUET. 189
5. D. Il est dit et souvent répété dans la Vie du bienheureux Grégoire Lopez^, qu'il était dans un acte perpétuel et continuel d'amour de Dieu, et, dans une conversation qu'il eut avec un de ses amis, à qui il fit cette confidence, il dit qu'il connaissait une âme qui, depuis trente-six ans, n'avait pas discontinué un seul moment de faire de toute sa force un acte de pur amour de Dieu.
R. Si cela est, il n'a pas péché ; et en effet il disait à son confesseur : Mon Père, par la grâce de Dieu, je ne nie souviens pas de l'avoir offensé. Mais c'est discontinuer de faire un acte direct, de revenir sur son état. Je ne dis pas qu'on ne puisse avoir une certaine sorte de présence de Dieu qui peut, quoiqu'on la nomme simple, compatir avec de délicates réflexions.
6. D. Il est rapporté dans la Vie de Grégoire Lopez", qu'un grand et savant prédicateur, nommé le P. Jean de Saint- Jacques, l'étant allé trouver pour lui parler sur ce sujet, Dieu fit en lui quelque chose de semblable à la disposition de Grégoire Lopez ; et, par une lumière intérieure, il lui fit connaître que c'était là la manière dont Grégoire Lopez l'aimait de toutes ses forces, sans qu'aucune chose créée put empêcher cet acte d'amour, et qu'en cette sorte il était compatible avec les œuvres extérieures, faites, par obéissance ou autrement, pour la gloire de Dieu.
R. On ne peut répondre de ce que Dieu a fait dans certaines âmes : il est le maître de ses dons ; mais elles ont dû être toujours dans la disposition de
4. Par les citations que fera tout à l'heure Mme de La Maisonlorl, on voit qu'elle lit cette vie traduite de l'espagnol de Fr. Losa par Arnanld d'Andilly, Paris, 167/i, in-12. Op. cit., ch. xx)x. On y voit que l'ami dont il est ici question était le P. Jean de Saint-Jacques, franciscain, et que celui-ci était convaincu que c'est de lui-même que parlait Grégoire Lopez.