XV. D'où il s'ensuit que l'Église ne saurait prononcer en
12. Le Milléiiarisme consiste dans la croyance à un rèfjne temporel et triomptiant du Ciirist et de ses saints sur la terre durant mille ans, avant la fin des temps. S'il y eut un certain nombre de Pères ou d'auteurs ecclésiastiques des quatre premiers siècles à l'adopter, il ne fut pas regardé par eux comme un enseignement traditionnel, mais comme une opinion privée qu'ils pensaient pouvoir appuyer sur quelques textes de 1'A.ncien et du Nouveau Testament, et surtout sur l'Apocalypse (Cf. Bossuet, V Apocalypse, part. II, cli. xx, Béjlexions sur l'opinion des Millénaristes; Dictionnaire de la Bible de Yigouroux, t. IV, col. 1090-1097; le P. Le cœur, le Règne temporel de Jésus- Christ, Paris, 1868, in-8 ; Th. H. Martin, la Vie future suivant la foi et suivant la raison, Paris, 1870, in-i8, p. 6r5 et suiv. ; L. Gry, le Millénarisme dans son origine et ses développements, Paris, igo/j, in-8).
i3. Par suite d'une interprétation donnée à quelques textes de l'Ancien Testament, et sous l'influence du Psendo-Enocli, les Pères des premiers siècles, tout en admettant que les anges sont des esprits, les croyaient revêtus d'une matière subtile et élliérée. A partir du iv^ siècle, en Face des Pères latins qui leur attribuaient une corporéité relative, les Pères grecs regardaient les anges comme aaw- [xaioi. La spiritualité absolue des anges, enseignée ensuite par toute l'Ecole, n'est cependant point un dogme de foi catholique. INi le IV^ concile de Latran, ni celui du Vatican n'ont eu l'intention de définir la nature de ces esprits célestes (Cf. Dict. de Théologie catholique de Vacant, t. I, col. iigS).
14. Il pourrait sembler au premier abord, par certains textes, que des Pères, comme saint Hilaire, saint Ambroise, saint Jean Cbrysostôme, saint Augustin, enseignent que la béatitude des élus est différée Jusqu'à la résurrection générale; mais il s'agit, dans ces textes, non du bonheur incomplet, dont peut jouir l'àme, même séparée du
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faveur de l'incorporalité des anges, ou de quelque autre opinion semblable ; ou, si elle le faisait, cela ne s'accorderait pas avec la règle de la perpétuité, ni avec celle de Vincent de Lérins '^, du semper et ubiqae, ni avec votre règle des vérités de foi, que vous dites être le consentement unanime et perpétuel de toute l'Église, soit assemblée en concile, soit dispersée par toute la terre. En effet, cela est beau et magnifique à dire, tant qu'on demeure en termes généraux ; mais, quand on vient au lait, on se trouve loin de son compte, comme il paraîtra dans l'exemple de la controverse des livres canoniques.
XVI. Enfin on peut demander si, pour décider qu'une doctrine est de foi, il suffit qu'elle a été*^ simplement crue ou reçue auparavant, et s'il ne faut pas aussi qu'elle ait été reçue comme de foi. Car, à moins qu'on veuille se fonder sur des nouvelles révélations, il semble que, pour faire qu'une doctrine soit un article de foi, il faut que Dieu l'ait révélée comme telle, et que l'Église, dépositaire de ses révélations, l'ail toujours reçue comme étant partie de la foi, puisqu'on ne pourrait savoir que par révélation si une doctrine est de foi ou non.
XVII. Ainsi il ne me semble pas qu'une opinion qui a passé pour philosophique auparavant, quelque reçue qu'elle ait été, puisse être proposée légitimement sous anathème ; comme, par exemple, si quelque concile s'avisait de prononcer pour le repos de la terre contre Copernic, il semble qu'on aurait droit de ne lui point obéir.
corps, mais de la béatitude complète, qui a pour sujet l'àme unie au corps {jlorifié. Cf. Perrone, Prœlectiones theologicœ, t. I, De futura hom nis vita, ch. VI, prop. iv, obj. 2'^, Th. H. Martin, op. cit., p. 621 .
i5. Quod ubiqae. quod semoer, quod ah omnibus creditum est. Cette règle n'exclut pas le projjrèî (profectus) ou développement du do{jme, mais seulement toute modification qui en cbangerail substantiellement la nature. Saint Vincent compare lui-même l'accroissement léjjitime du do{jrae au développement du corps liumain et k celui du véjjétal {Coinmonit. c. xxiii, P. L., t. L, col. 668). Cf. article Dogme, dans le Dict. de ihéologie caltioïique de Vacant, t. IV, col 1620-1 682 ; et dans le Dictionnaire apologétique d'Alès, t. I, col. 1 121-1184.