Édil. : qu'elle ait été
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XVlïl. Et il paraît encore moins qu'une opinion qui a passé longtemps pour problématique, puisse enlin devenir un article de fol parla seule autorité de l'Église, à moins qu'on ne lui attribue une nouvelle révélation, en vertu de l'assistance Inrallllble du Saint-Esprit : autrement l'Eglise aurait d'elle-même un pouvoir sur ce qui est de droit divin.
XIX. Mais, si nous refusons à l'Eglise la faculté de changer en article de foi ce qui passait pour philosophique ou problématique auparavant, plusieurs décisions de Trente doivent tomber, quand même on accorderait que ce concile est tel qu'il faut ; ce qui va paraître particulièrement, à mon avis, à l'égard des livres que ce concile a déclarés canoniques, contre le sentiment de l'ancienne Église.
XX. Venons donc maintenant à l'examen de la question de ces livres de la Bible, contredits de tout temps, à qui le concile de Trente donne une autorité divine, comme s'ils avaient été dictés mot à mot par le Saint-Esprit, à l'égal du Pentateuche, des Évangiles et autres livres reconnus pour canoniques du premier rang, ou protocanoniques ; au lieu que les protestants tiennent ces livres contestés pour bons et utiles, mais pour ecclésiastiques seulement, c'est-à-dire dont l'autorité est purement humaine, et nullement infaillible.
XXI. J'étais surpris. Monseigneur, de vous voir dire que je verrais clairement cette question résolue par des faits incontestables en faveur de votre doctrine ; et je fus encore plus surpris en lisant la suite de votre lettre : car j'étais comme enchanté pendant la lecture, et vos expressions et manières belles, fortes et plausibles, s'emparaient de mon esprit. Mais, quand le charme de la lecture était passé, et quand je comparais de sang-froid les raisons et autorités de part et d'autre, il me semble que je voyais clair comme le jour, non seulement que la canonicité des livres en question n'a jamais passé pour un article de foi ; mais plutôt que l'opinion commune, et celle encore des plus habiles, a été toujours à rencontre.
XXII. Il y a même peu de dogmes si approuvés de tout temps dans l'Église que celui des protestants sur ce point ;
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et on pourrait écrire en sa faveur un livre de la perpétuité de la foi à cet égard, qui serait surtout incontestable par rapport à l'Église grecque, depuis l'Église primitive jusqu'au temps présent ; mais on la peut encore prouver dans l'Église latine'"'. XXIIl. J'avoue que cette évidence me fait de la peine; car il me serait véritablement glorieux d'être vaincu, Monseigneur, par une personne comme vous êtes. Ainsi, si j'avais les vues du monde et cette vanité qui y est jointe, je profiterais d'une défaite qui me serait avantageuse de toutes les manières ; et on ne me dirait pas pour la troisième fois : jEneœ magni dextra cadis^^. Mais le moyen de le faire ici sans blesser sa conscience, outre que je suis interprèle en partie des sentiments d'un grand prince? Je suivrai donc les vingtquatre paragraphes de votre première lettre, qui regardent ce sujet ; et puis j'y ajouterai quelque chose du mien, quoique je ne me fonde que sur des autorités que Chemnice, Gérard, Calixte, Rainold^'' et autres théologiens protestants