‹ Correspondance de BossuetChapitre 95 sur 192 · Luc, XXIV · texte numérisé non relu

Luc, XXIV

i3. Tertull., Carmen adv. Marcion., lib. IV. Voir p. 229. i4. [P. L.,t. XXVIII, col. 5541.

i5. [P. L., t. XXVIII, col. 1294].

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de chercher leurs plus grands mystères cabalistiques dans les animaux d'Ézéchiel, comme l'on voit dans Maïmonide *^.

LXXI. Venons maintenant de l'Église du Vieux Testament à celle du Nouveau, quoiqu'on voie déjà que les chrétiens ont suivi le canon des Hébreux ; mais il sera bon de le montrer plus distinctement. Le plus ancien dénombrement des Livres divins qu'on ait, est celui de Méliton, évèque de Sardes, qui a vécu du temps de Marc-Aurèle, qu'Eusèbe nous a conservé dans son Histoire ecclésiastique^'' . Cet évêque, en écrivant à Onésimus, dit qu'il lui envoie les livres de la sainte Écriture, et il ne nomme que ceux qui sont reçus par les protestants, savoir, ces mêmes vingt-deux, le livre d'Esther paraissant avoir été omis par mégarde et par la négligence des copistes ^^.

LXXIL Le même Eusèbe nous a conservé au même endroit ^^ un passage du grand Origène, qui est de la préface qu'il avait mise devant son Commentaire sur les Psaumes, où il fait le même dénombrement : le Livre des douze petits prophètes ne pouvant avoir été omis que par une faute contraire à l'intention de l'auteur, puisqu'il dit qu'il y a vingtdeux livres, savoir, autant que les Hébreux ont de lettres.

LXXIII. On ne peut point douter que l'Église latine de ces premiers siècles n'ait été du même sentiment. Car Tertul-

16. Célèbre rabbin, né à Cordoue en iiSg. Il passa en Egypte, où il devint médecin du sultan Saladin, et mourut en 1208. Dans un ouvrage composé en arabe, et traduit avec son consentement en hébreu sous le titre Moreh Neboukhim, il enseigne comment il faut entendre les locutious de la Sainte Ecriture qui s'éloignent de l'usage ordinaire et ne doivent pas s'expliquer dans le sens littéral. Il a été fait de ce livre une traduction en latin par Buxtorf, Bàle, 1629, in-fo!., et une en français par S. Munk, intitulée Le Guide des égarés. 3 vol. Paris, i856-i866.

17. Hist. eccles., lib. IV, cap. xxvi [P. G., t. XX, col. Sgô seq.].

18. Cf. A. Loisy, Histoire du canon de l'Ancien Testament, Paris, 1890, in-8, p. 78. Il y a lieu de remarquer que Méliton a voulu marquer à son ami, l'évèque Onésime, quels livres étaient reçus en Palestine, afin qu'il pût réfuter les Juifs au milieu desquels il vivait.

19. Hist. eccles.. lib. VI, cap. xxv [P. Gr., l. XX, col. 679 seq.].

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lien, qui était d'Afrique et vivait à Rome, en parle ainsi dans

ses Vers contre Marcion -° :

iVst quater alje sex, veteris praeconia verbi, Testificantis ea quae poslea facta doceraur : llis alis volitant cœlcstia verba per orbeni.

Alarum numerus antlqua voluinina signât, etc.

LXXIV. On ne trouve pas que, dans ces siècles d'or de l'Église qui ont précédé le grand Constantin, on ait compté autrement. Plusieurs mettent le synode de Laodicée avant celui de Nicée ; et quoiqu'il paraisse postérieur, néanmoins il en a été assez proche, pour que son jugement soit cru celui de cette primitive Église. Or vous avez remarqué vous-même, Monseigneur, § 18, que ce synode de Laodicée, dont l'autorité a été reçue généralement dans le code des canons de l'Église universelle, et ne doit pas être prise pour un sentiment particulier des Églises de Phrygie, ne compte qu'avec les protestants, c'est-à-dire les vingt-deux livres canoniques du Vieux Testament '^^

LXXV. De cela il est aisé de juger que les Pères du concile de Nicée ne pouvaient avoir été d'un autre sentiment que les protestants sur le nombre des livres canoniques, quoiqu'on y ait cité, comme les protestants font souvent aussi, le livre de Judith, de même que le livre du Pastear'^^. Les évêques assemblés à Laodicée ne se seraient jamais écartés du sentiment de ce grand concile ; et, s'ils avaient osé le faire, jamais leur canon n'aurait été reçu dans le code des canons de

•io. Carmen adv. Marcion., lib. IV [P. L., t. II, col. io83|. Depuis l'éditeur N. Rlgault, personne ne croit plus que ces vers soient de Tertullien.

21. iMansi, t. II, col. 578 et 57^- Le Concile de Laodicée s'est tenu entre Zl\3 et 38i, entre le concile de Sardique et le 11® concile général. Il est douteux que le 60* canon, qui contient la liste des Livres Saints, soit authentique. Cf. Hefele, Les Conciles, trad. Leclerc, t. I, p. 1027.

22. 11 n'est pas sûr que le concile de Nicée ait dressé un canon des Écritures; d'ailleurs, on n'en trouve pas trace dans la collection des Conciles.

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l'Église universelle. Mais cela se confirme encore davantage par les témoignages de saint Athanase, le meilleur témoin sans doute qu'on puisse nommer à l'égard [de] ce temps- là.

LXXVI. Il y a dans ses œuvres une Synopse-^ ou abrégé de la sainte Écriture, qui ne nomme aussi que vingt-deux livres canoniques du Vieux Testament ; mais l'auteur de cet ouvrage n'étant pas trop assuré, il nous peut suffire [d'y ajouter] le fragment d'une lettre circulaire aux Églises, qui est sans doute de saint Athanase, où il a le même catalogue que celui de la Synopse, qu'il obsigne (s'il m'est permis de me servir de ce terme) par ces mots : /Yemo his addat, nec his auferat quidquam'^'* . Et que cette opinion était également des orthodoxes ou homoousiens-^ et de ceux qu'on ne croyait pas être de ce nombre, cela paraît par Eusèbe, dans l'endroit cité ci-dessus de son Histoire ecclésiastique, où il rapporte et approuve les autorités des plus anciens.

LXXVII. Ceux qui sont venus bientôt après ont dit uniformément et unanimement la même chose. L'ouvrage catéchétique de saint Cyrille de Jérusalem -^ a toujours passé pour très considérable : or il spécifie justement les mêmes livres que nous, et ajoute qu'on doit lire les divines Écritures, savoir, les vingt-deux livres du Vieux Testament, que les soixante-douze'-^ interprètes ont traduits.

LXXVIII. On a déjà cité un distique tiré du poème que saint Grégoire de Nazianze a fait exprès sur le dénombrement des véritables livres de l'Écriture divinement inspirée : IlEpc Tcov yvYjffcwv BiêXtwv tt^ç ÔEOirveuaTou FpacpTJç. Ce dénombrées. [P. G., t. XXVIII, col. 281 seq.]. Cf. la lettre du 17 août 1701, n"^ viii-x.

24. Ep. fest., XXX (P. G, t. XXVI, col. 1175-1178]. a5. On appelait ainsi les orthodoxes, parce qu'ils croyaient le Fils consubstantiel (ôijLOOjato:) au Père.

26. [P. G., t. XXXIII, col. 496 seq.]. En même temps, dans ses catéchèses, il cite la Sagesse et l'Ecclésiastique comme les autres Livres Saints. Cat. IX, a, col. 64o ; XI, col. 716; V, 17, col. iiai-

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