‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 102 sur 211 · A J.-B. GOLBERT · texte numérisé non relu

A J.-B. GOLBERT

Monsieur, J'ai déjà eu l'honneur de vous faire une très humble supplication en faveur du S' Monsnyer, ministre converti du diocèse de Gondom* . Je vous supplie d'agréer que Monsieur l'évêque de Gondom*,

Lettre 12. — 3. Jacob Monier fut ministre à Nérac (1660-1672), et s'acquit de la réputation par ses prédications. Il assista aux synodes de Basse-Guyenne, tenus à Nérac en i665, 1666 et 1671. A cette dernière réunion, on décida de le soumettre à une enquête. Il avait eu de fréquents entretiens avec Bossuet, entre les mains de qui il fit son abjuration à Versailles, au mois de mars 1678. Il reçut du clergé, en 1676, une pension de 800 livres. A. Floquet (Éludes sur la vie de Bossuet, t. III, p. 5i5) l'appelle Moynier (cf. Elie Benoist, Histoire de l'édit de Nantes, t. III, p. 3oo ; Haag, La France protestante, t. IX, p. 6).

2. Jacques Goyon de Matignon, nommé à l'évèché de Gondom, le 3i octobre 167 1, sur la démission de Bossuet, avait été sacré par son prédécesseur dans l'église des Chartreux de Paris, au mois de mars 1678. Il se démit lui-même de son évêché, en 1698, reçut l'abbaye de Foigny, au diocèse de Laon, et plus tard celle de Saint-Victor de Marseille. 11 mourut le i5 mars 1727, âgé d'environ quatre-vingt-quatre ans.

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mon successeur, vous puisse expliquer le détail de son affaire, et de vouloir bien lui donner, Monsieur, toute la satisfaction possible. Vous ferez un grand bien pour ce diocèse et pour la religion, s'il vous plaît de considérer ce ministre, qui a du savoir et à qui le Roi a eu la bonté de témoigner qu'il voulait lui faire du bien.

Je suis avec respect et soumission, Monsieur, votre très bumble et très obéissant serviteur. J. Bénigne, a. é. de Condom.

A Versailles, 7 septembre 1678.

i3. — A M. Daliès.

A Siiinl-Germain, ili mars 1670.

Monsieur, je vous suis obligé de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m 'écrire et de la satisfac-

Lettr'e i3. — L. a. s. Archives lie la Famille Foiirnier de Canssade. Piiblit'P pour la première Fois dans le Bulletin de la Société arrhéoluçiique de Tarn-et-Garonnc. tome IX (i88i), p. 65. — Nous ne saurions dire qui était le destinataire de cette lettre. On doit hésiter entre .lean Daliès, maître d'hôtel du Roi habitant Monlauban, mentionné en 1676 et 1679, et les deux Frères Antoine et Samuel Daliès. Ceux-ci étaient fils de Marie de Patery et de Jean Daliès, trésorier de France h Montauban, qui avait acheté, le 20 août 1647, '" *^''''*^ ^^ Caussade. Antoine, baron de Caussadc, époux de Marthe de (îarrisson et conseiller d'Etat, soutenait un procès au Conseil du I\oi en 1676. En iCXfi, après la révocation de l'édit de Nantes, il réussit à gagner la Suisse et y fit venir successivement six de ses enfants : un septième, Jean, qui Fut plus tard sei- (^neur de lléaiville, Fut mis au collège Louis-le-Grand et élevé dans la religion catholique. Antoine Daliès mourut à Genève, en 1721, âgé d'envirfin quatre-vingt-treize ans. Quant ?i Samniî! Daliès, seigneur de La Tr)ur, que M. (). Diiuen a «(inrondu avec le P. de La Tour, gêné-

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tion que vous me témoignez du rétablissement de M. de La Gosne', pour qui je m'intéresse beaucoup. Je vous supplie de faire tenir cette lettre" à M. le marquis de La Valette \ et vous demande la grâce de vouloir être persuadé que, connaissant par plusieurs endroits votre mérite, je suis aussi avec une estime

rul de l'Oratoire, il abjura le protestantisme vers 1675 et aida Pellisson dans l'œuvre des conversions: c'est à lui que fut confiée, en 1691, la tutelle de son neveu Jean resté en France, et c'est vraisemblablement lui qui fut le correspondant de Bossuet. Nous le voyons occupé, en 1666, d'une fonderie de canons à Drambon (auj. canton de Pontailler, Côte-d'Or), où il eut pour associé un ingénieur hollandais nommé Besche, et installant plus tard une usine de ce genre à Saint-Gervais, en Dauphiué. Celte industrie ne l'occupait pas tout entier, et il remplissait en même temps des emplois dans les finances : il fut maître de la Chambre des deniers et trésorier général du Dauphiné. Nous perdons sa trace à partir de 1704 (El. Benoist, Histoire de l'édil de Nantes, t. V, in-,4, pièces justificatives, p. 98 et 99 ; OrentinDouen, \a Révocation de l'édit de Nantes, Paris, 1894, 3 vol. gr. in-8; 11. de France, les Montalbanais et le Refuge, Montauban, 1(^87, in-8; Haag, la France protestante, édit. Bordier, t. I, p. i38 ; Bulletin de la Société de l'Histoire du protestantisme français, 4** série, t. I, p. 38 : Bibliotiièque Nationale, divers factums énumérés dans le catalogue de M. Corda, f" Fm 4339, etc. ; Pièces originales et Carrés d'Hozier ; Archives Nationales, E 1866, n° 126, et G*233, dossiers JoLY et DE L.\^ Chè/e).

1. Dans un acte du 22 mars i684 (Archives Nationales, Y 23o, f° 489), Antoine Bossuet, frère de M. de Condom, est qualifié de seigneur d'Azu et de La Cosne. Nous croyons qu'ici, Bossuet veut parler de Jacques Bénigne, second fils d'Antoine, et qui était sans doute appelé alors M. de La Cosne, comme son aîné s'appelait M. d'Azu.

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