‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 110 sur 211 · Au Baron d'Aigaliers · texte numérisé non relu

Au Baron d'Aigaliers

Monsieur, J'ai reçu, étant à Meaux, une lettre que vous me faisiez l'honneur de m'écrire, et depuis, étant à Paris, on m'y a rendu la grande requête que vous avez

BotentorfF (al. Torf), originaire de Valachie, genlillutiiime de la chambre du Roi et confirmé dans sa noblesse par lettres patentes de janvier 1673 (Archives \ationales, X'13 88'ja), dont la veuve, Anne Le Clerc est marraine, le i4 novembre 1697, *^^ François Armand, fils de Pierre de PotenstorF(al. TorF), capitaine au régiment du Roi, et d'Elisabeth-VIarie de Sarcus. Henriette-Françoise Torf épousa, le a6 juin 1694, Alexandre Lhuillier, seigneur de Chalendos (Cf. t. XII, p. 98 et 99).

Lettre 22. — Publiée par M. E. de Balincourt, dans un Manuscrit de Jacob de Rosscl. baron d'Aigaliers (Nîmes, 1898, in-8), p. 8. — Jacob de Rossel, baron d'Aigaliers, né à Uzès, le 3^ juillet lOSS, était fils de François de Rossel, sieur d'Aubarne. Par sa mère, Claude de Laudun d'Aigaliers, il se rattachait il Pierre de Laudun d'Aigaliers, juge de l'évcché d'Lzès pour le temporel, auteur d'un Art poétique en prose, d'une Franciadc et d'autres poésies. Après avoir étudié le droit à Castres, il épousa, le 12 mai i6(J3, Marguerite <le Clausel de Fonfrède, de qui il eut quatorze enfants, entre autres Jean-Jacob, baron d'.\.igaliers, (|ui, par ses négociations, amena la soumission des Camisards, et que, jusqu'à M. P. l'ajfairollc, on a confondu avec son père. Celui-ci est mort à Uzès le 23 décembre

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laite pour le Roi^ Elle m'a pénétré le cœur, non seulement pour les maux que vous souflVez dans votre fortune, mais encore, et beaucoup davantage, pour ceux de votre âme ; car, Monsieur, celte impossibilité de croire où vous pensez être ne vous justifie ni devant Dieu ni devant les hommes ; autrement tous ceux qui, dans une même pensée, ont refusé leur croyance aux autres mystères du christianisme, aussi hauts que celui de l'Eucharistie, seraient excusables.

Il y a, Monsieur, dans le cœur une certaine indocilité qui fait qu'on préfère son jugement à celui de l'Eglise, dont on pourrait se rendre maître si on voulait bien considérer combien l'autorité de l'Eglise est sainte et inviolable. Quoique vous n'ayez pas encore vaincu en vous-même un si grand mal, les efforts et les avances que vous faites sur tout le reste vous rendent digne d'une attention particulière ; mais je voudrais vous pouvoir tenir ici, afin de vous faire voir combien vous êtes encore éloigné du royaume de Dieu.

C'est tout le service que je vous puis rendre. Car, au reste, d'espérer du Roi quelque chose de

i6g\ (Voir les ('rères Haag-, la France protestante ; L. Baragnoii, dans la Revue du Midi. t. IX (1891) ; Prosper Fagairolle, Jean-Jacob de Rossel, baron d'Aigaliers. Nîmes, 1898, in-8 ; Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, t. LX, p. aSo et suiv., et t. LXII, p. i38 et I^i5; le dossier du baron d'Aigaliers, aux Archives Nationales, TT 357, dossier xxxiv).

I. Le baron d'Aigaliers demandait à rester en France sans être inquiété pour sa religion. Il se déclarait prêt à se confesser, à observer les jeûnes et abstinences, etc., mais il se refusait à croire la présence réelle (E. de Balincourt, op. ci(.).

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particulier pour vous, en faveur d une excuse qui vous est commune avec la plupart de ceux de votre religion, je vous tromperais, Monsieur, et je me tromperais moi-même si je vous le faisais espérer*. Tout ce que je puis vous dire, c'est que je suis véritablement touché do vos maux, et, sans vous connaître, avec estime et de tout mon cœur, votre très humble serviteur ^

J. Bénignk, é. de Meaux.

Ce i6 novembre i685.

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