Fénei.on a Bossukt
Sarint, 9 octobre.
Divers petits arcidents ont toujours retardé jusqu'ici mon retour à Paris ; mais enfm, Monseigneur, je pars, et peu s'en faut que je ne vole. A la vue de ce voyage, j'en médite un plus grand. La Grèce entière s'ouvre à moi ; le Sultan elTrayé recule; déjà le Péloponèse respire en liberté et l'Kglise de
a. Pour échapper aux rijfueurs du pouvoir, le baron d'Aijfaliers se réfugia à Genève. Sa femme, qui l'y rejoig-nait, en iOSq, avec plusieurs de ses enfants, fut arrêtée en Provence et internée dans un couvent de Montpellier, où elle fut charitablement traitée. En 169a, grâce à une abjuration plus ou moins sincère, le baron put revoir sa patrie, et lorsqu'il mourul, il fut inhumé par le clergé catholique.
3. D'Aigaliers ne sul pas mauvais gré î> Hossiiet d'avoir retenu la requête qu'il l'avait prié de pn-senter au Roi. M. l'évêque de Meaui, dit-il, « me fit l'iionneur de m'en écrire une très belle lettre, beaucoup plus obligeante que ie ne méi'ite et dont je lui serai toujours redevable >> (I^etlre du ï3 septembre, ii l'intendant du Languedoc, Archives Nationales, TT ti^"])-
Lettre 23. — L. a. s. Archives de Saint-Sulpice.
Les éditeurs de la Correspondance de Fcnelon. t. H, p. 390, supposent que celte lettre fut écrite en 1O75, et notent que rien n'autorise la conjecture de M. de i^ausset qui, dans son Histoire de h'énelon.
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Corinthe va refleurir ; la voix de l'Apôtre s'y fera encore entendre. Je nie sens transporté dans ces beaux lieux et parmi ces ruines précieuses, pour y recueillir, avec les plus curieux monuments, l'esprit même de l'antiquité. Je cherche cet Aréopage où saint Paul annonça aux sages du monde le Dieu inconnu. Mais le profane vient après le sacré, et je ne dédaigne pas de descendre au Pirée, où Socrate fait le plan de sa république. Je monte au double sommet du Parnasse ; je cueille les lauriers de Delphes et je goûte les délices de Tempe. Quand est-ce que le sang des Turcs se mêlera avec celui des Perses sur les plaines de Marathon, pour laisser la Grèce entière à la religion, à la philosophie et aux beaux-arts, qui la regardent comme leur patrie ?
Arva, beata
Petamus arva, divites et insulas'.
Je ne t'oublierai pas, ô île consacrée par les célestes visions du disciple bien-aimé ! ô heureuse Patmos, j'irai baiser sur ta terre les pas de l'apôtre, et je croirai voir les cieux ouverts Là, je me sentirai saisi d'indignation contre le faux prophète qui a voulu développer les oracles du véritable, et je bénirai le Tout-Puissant, qui, bien loin de précipiter l'Église comme Babylone, enchaîne le dragon et la rend victorieuse.
livre I, II, 16, la dit adressée à Bossuet : une note ajoutée d'une main étrangère sur l'original (au duc de B.) leur donne lieu de penser qu'elle fut écrite à Beauvillier. M. Ritter {Revue d'histoire littéraire. 1912, p. i54), demande que la lettre soit datée de i685, année où, grâce aux succès récents de Sobieski et de Morosini (i683 et i684), on pouvait espérer voir affaiblie la domination des Turcs. Si l'on se range à cet avis, Bossuet pourra plus vraisemblablement être considéré comme le destinataire de la présente lettre. Il en serait de même encore, si l'on plaçait en i684 la rédaction de cette lettre. Or, il nous semble qu'au mois d'octobre i685, lorsque la révocation de l'édit de Nantes était imminente, Fénelon, supérieur des Nouvelles catholiques, devait proposer à son zèle un autre champ que les contrées du Levant. On peut remarquer aussi que Fénelon accompagnait Bossuet dans ses visites pastorales, en''mai i684 et juin i685, mais non plus en 1686 (Revue Bossuet, avril et octobre 1900, p. iio et aSo). i. Horat., Epod. xv, 4i et 42.
290 CORRESPONDANCE [mars 1686
Je vois déjà le schisme qui tombe, l'Orient et l'Occident qui se réunissent, l'Asie qui soupire jusqu'aux bords de l'Euphrate et qui voit renaître le jour après une si longue nuit ; la terre sanctifiée par les pas du Sauveur et arrosée de son sang, délivrée de ses profanations et revêtue d'une nouvelle gloire ; enfin les enfants d'Abraham épars sur la surface de toute la terre et plus nombreux que les étoiles du firmament, qui, rassemblés des quatre vents, viendront en foule reconnaître le Christ qu'ils ont percé, et montrer à la fin des temps une résurrection.
En voilà assez. Monseigneur. Vous serez bien aise d'apprendre que c'est ici ma dernière lettre et la fin de mes enthousiasmes, qui vous importunent peut-être. Pardonnezles à ma passion d'avoir riionneur de vous entretenir de loin, en attendant que je le puisse faire de près.
Fr. DE Fénelon.
2^. — Gr^vius a Bossuet.
] iro summo Reverendo et Perilluslri Jacubo Benigno Bossueto, Meldensi Episcopo, S. P. D. Joannes Georgius Grxvius.
Non potui a me impetrare quin hanc occasionem arriperem, perpetuam observanfiam, quam in te colendo et suscipiendo mihi constitui ab illo tempore, quo luas eximias virtiiles, singularem doctrinani, summum ingenium, et mérita in Christianam et liltorariam rem mihi daluin fuit cognoscere, hoc munusculo lestificandl. Sunt très libelli postunii Joannis Meursii ' de Uegibus Laccdacmoniis, de portu
Lettre 24. — Im'dite. Ms. 1C78, f" 10/42, de la bibliothèque de l'I niversilé d'Llrecbl. — La date doit ^tre fausse, puisque l'ouvrajje annoncé ici parut seulement en 1687. Cf. notre tome III, p. 3^0 et 3.'i I . Il a î'iè. parlé de (iraivius dans noire tome II, p. a 1/4.
I. Jean de Meurs, dont le nom fut latinisé, était fils d'un chanoine réjjulier d'IJtreciil passé au [)roteslantisme. Il l'ut obargé de l'éducation du fils du («rand pensionnaire, puis professeur à l'Aeadénaie de
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Athenienslun Piraeo, et annotationes in chrestomathiam Helladii ^, quam nobis servavit Photius in Bibliotheca^ . Lalebant illi in tabulario régis Sueciae. Amicorum opéra* ex iilis latibulis [eos] protraxi in lucem. Te gravioribus studiis et curis districtum scio non posse capere hsec leviora. Sed cum pignus aliud nullum haberem studium meum tibi probandi, malui quodad manum erat mittere, quam nullum. Siid tibi persuaserint hi libri, me mérita tua perpétua memoria colère, neminique inortalium in te observando me concedere, majorem et optabiliorem fructum mihi parère non poterunt.
Vale, Vir perillustris, et mihi favere perge. Trajecti, d. 1 1 1 Mart. iMDCLXXXVI.