‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 118 sur 211 · II. Voir t. V, p. ia6 et i · texte numérisé non relu

II. Voir t. V, p. ia6 et i

avril 1692] DE BOSSUET. 299

solation que M. le Président, votre fils", soit de mes juges, et, s'il me condamne, je croirai de bonne foi ma cause mauvaise.

Je suis, Monsieur, comme vous savez, votre très humble et très obéissant serviteur.

J. B., é. de Meaux.

Ce que vous me faites l'honneur de m'écrire est enterré.

Au bas ; M. Le Peletier.

3o. — A Claude Le Peletier.

A Meaux, 3o avril 169a.

Je n'ai point douté, Monsieur, que la destinée du pauvre La Grange ne fut telle que je la vis dès le jour que j'écrivis. Je lui dis avant que d'envoyer ma lettre : « Prenez garde à ce que vous me faites écrire. Je ne veux point du tout entrer dans le secret que vous croyez si important : je ne suis point préposé pour cela. Mais songez bien qu'il n'est pas permis d'abuser de la bonté des grands rois et que, si ce

5. Louis le Peletier, frère de Michel Le Peletier, évêque d'Ang^ers, puis d'Orléans, était président à mortier ; il Fut nommé Premier président en 1707, et sa fille épousa le marquis de Fénelon. Il mourut le 3l janvier i73o, dans sa soixante-neuvième année, après avoir donné sa démission dès l'aunée 1711. Il avait été choisi pour arbitre du différend élevé entre les héritiers de Bossuet et son successeur au sujet des réparations à faire aux bâtiments de l'évêché et des déjjradations causées aux forêts dépendant de la mense épiscopale (Voir Saint- Simon, /jassj'm, et t. IV, p. 268; Ledieu, t. III, p. 387, 346, 358).

Lettre 30. — L. a. s. Inédite. Archives de M. le marquis de Rosambo.

3oo CORRESPONDANCE [avril 1692

qu'on leur vante n'est pas digne d'eux, on le paie de sa personne ». Quand il parût, je lui réitérai les mêmes avis. Il est allé, le voilà pris*. Pour de la malice, je n'y en crois point. Il a un assez bon gros sens de Hollandais, dont il ma paru qu'on pouvait faire un bon usage en le dirigeant, si cela en valait la peine. Quoi qu'il en soit, Monsieur, je l'abandonne à la divine Providence et à la bonté du Roi. S'il y a quelque chose à dire sur ce sujet-lù par rapport à moi, je me confie en votre bonté. Je sais bien que la plupart de tels avis servent de peu. Mais il vaut mieux en recevoir cent inutilement que d'en négliger un bon.

Je sais à cette heure la marche du Roi, et j'espère être à Chantilly samedi". Si vous y passiez plus tôt, je m'y rendrais avec plaisir auparavant, et je vous prie de me diriger si bien que je ne vous manque pas à votre marche.

Il y a longtemps qu'on m'écrit ce qui se passe en Normandie ^ Je ne puis faire que prier Dieu. L'entreprise est grande en elle-même. Les mesures sont bien prises par tout ce qui paraît. Le succès est entre les mains de Dieu : Cor hominis disponit viam saam;

1. La Grande resta à la Bastille jusqu'au lo décembre 1697 : il fut alors conduit à la frontière de Flandre et banni à |)erp^luili' du royaume (Arsenal, ms. Oi34)-

3. Uossuet alla ooucber à Cbantilly le vendredi 9 mai. Cf. t. V, p. i59.

3. Allusion à l'exprdition projelt'e, qui se termina par le d(^sastre de la marine française commandée par Tourville, à La floufrue, près de Valogncs, le ay mai 1692.

mai t(H)3] DE BOSSUET. 3oi

sed Domini est dirigere gressus suos (Prov. , xvi, g).

Me voilà fondé en proverbes.

Je suis comme vous savez, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Au bas : M. Le Peletier.

3i. — Le Marquis de Croissy a Bossuet.

Du 28 mai 169a, Au camp devant Namur.

Monsieur, Le roi d'Angleterre, avant son départ pour son expédition ', a laissé une liste de cent quarante-cinq familles irlandaises, presque toutes de qualité, à la tête desquelles il y en a quatre ou cinq de milords passés en France avec les troupes, après la prise de Limerick^. S. M., touchée de compassion de ces pauvres familles qui ont sacrifié leur bien au zèle de la religion, m'a ordonné de vous écrire que vous voyiez par vous-même ou de concert avec le clergé et les bénéfîciers de votre diocèse si vous ne trouveriez point les moyens pour faire subsister une ou deux familles, laissant cependant à

Lettre 31. — Circulaire adressée aux archevêques et évèques de Champagne, de Brie et de Dauphiné. Affaires étrangères, Angleterre, Correspondance, t. 172, fol. 228. Inédite.

1. L'expédition dirigée contre l'Angleterre en vue de rétablir Jacques II sur le trône, et qui se termina par la glorieuse, mais DT.alheureuse bataille de La Hougue (29 mai 1692).

2. Ville d'Irlande, sur le Shannon. Les partisans de Jacques II qui s'y étaient renfermés durent capituler le 4 octobre 1691 (Les conditions de cette capitulation sont énumérées dans la Gazette de cette année, p. 689 à 6^2). L'année précédente, Guillaume d'Orange avait déjà tenté de s'emparer de cette ville, mais Alexandre Ravnler de Boisseleau, qui y commandait alors, l'avait obligé à lever le siège (Mémoires du marquis de Sourches, appendice du t. III, p. 5i2 h 517).

3o2 CORRESPONDANCE [sept. 1692

votre charité une liberté entière d'en user comme vous le jugerez à propos. Vous me ferez, s'il vous plaît, savoir ce que vous pouvez faire en cela, afin que j'en puisse rendre compte à S. M.

Je suis...

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