‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 162 sur 211 · Il y a une Vierge du Guide, appelée la Causeuse · texte numérisé non relu

Il y a une Vierge du Guide, appelée la Causeuse

6. Nicolas II Mélicque, sieur de Saint-Georjjes, fils de Nicolas I""" Mélicque et de Madeleine Robiclion, était, par son père, cousin germain de Catherine Gary, fille elle-même de François Gary et de Catherine Mélicque. Maître es arts, dn 21 août 1660, il fit son droit, puis acheta, le 20 novembre 1667, une charge de trésorier des menus plaisirs du Roi. Bientôt après, il fut condamné, ob notas causas, à épouser une cousine germaine de Boileau, Elisabeth Colin, veuve de Pierre Targas, secrétaire du Roi (1668). Par contrat du 28 février i683, il épousa en secondes noces Marlhe-Renée Chartier, veuve de Robert Le Comte, aussi secrétaire du Roi. A ce mariage assistèrent le prince de Conti, les ducs de Gesvres et de Saint-Aignan, Bossuet, l'abbé de Lamet, Eusèbe Renaudot et autres personnages de distinction. Cependant, pour sa mauvaise gestion, Mélicque fut mis en demeure de se défaire de son office de trésorier des menus, en i(j85. D'autre part, ses créanciers avaient fait vendre ses immeubles. C'est alors qu'une halle au poisson d'eau douce, sise rue de la Cossonnerie, fut adjugée (1682) à Catherine Gary moyennant quarante-cinq mille livres, que celle-ci emprunta de l'avocat Pageau sous la caution de Bossuet, et l'évèque de Meaux fut de ce chef tracassé dans les derniers temps de sa vie, lorsque les héritiers de Pageau voulurent se faire rembourser. Quant à Nicolas Mélicque, assagi par le malheur, il vécut dans la retraite, et composa divers ouvrages de piété, publiés sans nom d'auteur, tels que la version des Méditations sur le Pater, de Savonarole (Paris, i685, in-ia); le Caractire des vrais Chrétiens (Paris, 1698 et 171^, in-12) et une Nouvelle traduction du livre des Psaumes selon la Vulgate et les différents textes, avec des notes littérales et grammaticales (l'aris, 1706, in-8). Il mourut en 1705, à l'âge de soixante-quatre ans environ, laissant une fille, Madeleine Charlotte, qui épousa, le 27 mars 17I<), Antoine Bernard de Massol, seigneur de Montmoyen (Archimbauld, Pièces fugitives de littérature et (l'histoire, Paris, 1717, 2 vol. in-8, t. I, p. 21 ; A. Fabre, (Correspondance d- Fléchier avec Mme Deshoulie.rcs et sa fille. Paris, 1872, in-8, p. 278; Ch. Urbain, op. cit.. Archives Nationales, E I77t'), f"' 3i, 23f), 2^9 ; E1802, f" 21 ; 0'2g, f" 129; 0*29^/1, piissini . ; Bibliothèque Nationale, fr. 82587, ^" 7') '^^ Pièces originales, 260^, n" i33).

DOCUMENTS DIVERS. ^og

ma tante', sa mère, celui de feu mon cousin le capucin*, son frère, et le sien étant enfant.

Je laisse à mon cousin Mélicque, le bachelier', que je fais légataire universel, après les legs particuliers de ce présent testament, le portrait en ovale de Mgr de Gondom'° et tous mes livres de dévotion.

Je supplie Mgr de Condom de reprendre son grand portrait avec sa bordure, qu'il m'a fait l'honneur de me donner**. Je le supplie d'accepter mon crucifix de miniature, où il y a une Madeleine, et tout ce qui se trouvera dans le cabinet où cela est renfermé avec le linge que je lui gardais '^ et le reste du damas de son meuble. Je le supplie de ne me jamais oublier dans ses prières et de m'offrir à Dieu toutes les fois qu'il dira la sainte Messe.

7. C'est-à-dire la femme de Nicolas P'' Mélicque, oncle maternel de Catherine Gary, qu'elle avait épousé le 3 septembre i64o. C'était Madeleine Robiehon, fille de Charles Robichon de Cheurliers et de Marguerite Robineau. Elle perdit son mari en i647 ^^ ^^ remaria, en juin ou juillet 16Ô1, avec Jacques Thivoi de Sainte-Foy, premier valet de chambre de Monsieur, frère du Roi. Elle mourut en i663 (Ch. Urbain, op. cit., p. 36 et suiv.).

8. Les renseignements font absolument défaut sur ce frère cadet de Nicolas H Mélicque.

9. Louis Mélicque, bachelier en théologie, avait été reçu maître es arts le 3i août 1669 et avait dû soutenir sa tentative dans les premiers mois de 1670. Il abandonna l'état ecclésiastique et se fit inscrire au barreau.

10. ^lème après s'être démis de son évèché, Bossuet fut appelé M. de Condom jusqu'à son élévation au siège de Meaux.

11. Les catalogues de graveurs ne signalent pas de portrait de Bossuet gravé avant 1673. Le portrait en ovale, dont il vient d'être parlé, pourrait bien être un petit portrait peint qui se trouvait dernièrement dans la collection de M. Le Blondel, à Meaux. Le grand portrait encadré pourrait être une copie du portrait peint par Mignard ou une estampe in-folio, œuvre de Poilly d'après Mignard. Les catalogues, il est vrai, inscrivent cette œuvre, qui n'est point datée, à l'année 1673. Elle pourrait bien être antérieure, et remonter à la fin de 1671 ou au commencement de 167a.

12. Est-ce pour cela qu'un avocat, en 1676, appela Catherine Gary la blanchisseuse de Bossuet i^ (Cf. Ch. Urbain, op. cil,, p. 55).

4lo APPENDICE II.

Je fais la même prière à M. l'abbé de Lamef, que je fais mon exécuteur testamentaire avec mon cousin Mélicque, le bachelier. Je supplie mon dit sieur abbé de Lamet d'accepter le reliquaire, avec la relique de saint Léonard, ma bourse de jetons d'argent avec mon tablier, collet, cornette et manchette de point à la reine. ^ Je le supplie d'offrir mon âme à Dieu dans le saint sacrifice de la Messe.

Je supplie M. l'abbé du Plessis'* d'accepter mon crucifix qui est à la ruelle de mon lit et de me faire la grâce de prier Dieu qu'il ait pitié de mon âme dans le saint sacrifice de la Messe.

Je supplie M. l'abbé Daquin '^ d'accepter mon écritoire de

i3. Léonard de Lamet prit le bonnet de docteur le 18 septembre l656, après avoir obtenu le i5* rang à la licence de i656. Il succéda dans la dignité de doyen de Saint-Thomas-du-Louvre au D"" EUain, à qui il donna en échange sa prévôté de Tillay, en l'église Siiint- Aignan d'Orléans (i655). A son tour, il traita du décanat, en 1666, avec Orner de Champin, qui lui céda la prébende dont il jouissait à Notre-Dame de Paris. Léonard de Lamet prit en 1677 possession de la cure de Saint-Eustache, qu'il résigna en i6g8 i\ son neveu François Robert Secousse, se réservant six mille livres de pension. Il Fut aussi archidiacre de Brie, au diocèse de Paris. Il mourut le !"■ décembre 1705, âgé de quatre-vingt-cinq ans. Un docteur ultramontain disait de lui en i683: « Le sieur de Lamet, de la Société de Navarre, curé de Saint-Eustache, paroisse la plus grande et la plus riciie de Paris, homme moribond depuis peu de toutes manières et toujours prêt h faire à l'aveugle tout ce que les puissances peuvent désirer de lui; de plus curé du sieur Colbert et de toute sa famille, et de plus encore entièrement dépendant de l'évéque de Meaux qui, pour l'obliger à faire tout ce qu'il veut, lui offre de temps en temps cet évéché, qu'il voudrait obtenir en échange de sa paroisse » {Quarantecinq Assemblées de la Sorbonnc, éd. V. Davin, Paris, s. d., in-8, p. 17; cf. p. ^5 et 162 ; Bibliothèque Nationale, fr. igui i, f° 1 13, et 3-i588, P" G02 et 731 ; Archives Nationales, LL SSg, P" 187, et 5^o, f' ^i).

ili. Guillaume du Plessis de La Hrunetière habitait au Doyenné de Saint-Thomas-du-Louvre. Voyez notre tome III, p. 333.

i5 Louis Thomas d'Aquin, né en if)/|3, du médecin Louis Henri Thomas d'.Vquin, était frère de Luc, évéque de Saint-Paul- Trois- Châteaux, puis de Fréjus, et de Pierre cl d'Antoine, médecins du Roi. Il fut nommé eu iGOS cliani)ine de Saint-Tliomas-du-Louvrc, dont il devait devenir doyen en i6yi. Il rejut en 1G88 l'abbaye de

DOCUMENTS DIVERS. 4ll

chagrin, le livre du Tasse et tous mes autres livres italiens, et de reprendre le tableau qu'il m'a donné, où il y a des grenades. Je le prie de prier Dieu qu'il me fasse miséricorde.

Je donne à Mlle Nanette Deslois le portrait de Mme Deslois la Carmélite*^.

Je donne à Mlle Cataut Deslois mon bénitier d'argent avec mon chapelet de gui de chêne, où il y a plusieurs médailles d'argent.

Je donne à Mme de Busca^^ toutes mes images de miniature que j'ai cachetées dans un papier. Je la prie de les partager avec Mlle Hamar.

Je donne à Mme de Busca les deux petits tableaux de reliques qui sont dans la ruelle de mon lit.

Je donne à Mlle Hamar mon portrait. Je donne à Mme Février** un petit coffre que j'ai cacheté. Ce sont des reliques : je la supplie de recevoir ce gage de mon affection.

Je donne à M. Daquin, le père*', mon médecin et mon

Sainl-Laurent-les-Gosne. Il se démit de son décanat le 5 janvier 1724, et mourut le 9 mars 1725, âgé de quatre-vingt-deux ans.

i6. Cette religieuse avait fait profession en 1671 au couvent de la rue Saint-Jacques, sous le nom de Sœur Anne de Jésus. Elle y mourut en 1676 (V. Cousin, La jeunesse de Mme de Longueville, p. 370).

17. Marie-Madeleine et Marie-Catherine Hamart, femmes de chambre de Henriette d'Angleterre, passèrent ensuite dans la maison de la seconde duchesse d'Orléans. Antoine de Montlezun, baron de Busca, qui aimait Marie-Madeleine Hamart, s'élant compromis à la suite d'une querelle de jeu, elle l'aida à s'échapper, et il l'épousa en février 1667, lorsque, ayant obtenu sa grâce, il put revenir en France. Marie-Madeleine Hamart devint première femme de chambre de la duchesse d'Orléans et mourut à Versailles le 27 mars 171 1. Quant à sa sœur, elle paraît être morte sans alliance. Leur nom de famille a été imprimé à tort : AUard, Amarre et Amart. Cf. L'Etat de la France, années 166g, 1672, etc. ; les Mémoires du marquis de Sourches, t. I, p. 334 et 335 ; t. VIII, p. 366; t. XIII, p. 71 ; Les Continuateurs de Loret, édit. James de Rothschild, t. II, p. 655 et 71g.

18. Sans doute la femme de Guillaume Février, qui fut, avec Louis Hamart, contrôleur général de la maison de Henriette d'Angleterre.

19. Antoine d'Aquin (Voir notre tome I, p. 320). D'après ce que va dire Catherine Gary, elle demeurait, ce semble, dans la maison de ce médecin. En 1704, l'abbé d'Aquin, le doyen de Saint-Thomas-

4l2 APPENDICE II.

hôte, mes deux flambeaux d'argent. C'est peu pour les soins et bons offices que j'ai reçus de lui.

Je donne à Mme Daquin, sa femme-'*, une miniature qui est une Annonciation de la Sainte Vierge, qui est à la ruelle de mon lit.

Je donne à Mlle Gary Crestot^', ma belle-sœur, mon mouchoir de point de Venise.

Je donne à ma sœur Claude Gary^^, ma robe de drap, un collet de point de France. Je lui donne mes chemises, camisoles et autres linges de nuit, qu'elle partagera avec ma sœur Françoise Gary-*.

Je laisse à la fille qui me sert, Marie Bruant, quatre louis d'or sans ses gages.

Je donne quatre louis d'or à Mme Catherine, qui sert Mme Daquin la mère.

Je donne à Mme Dubois, qui me blanchit et qui m'a rendu de petits services dans mes maladies, six lonis d'or.

Je donne à Françoise Lebrun, ma laitière, deux louis d'or.

Je donne à l'Hôpital général quatre louis d'or.

Je supplie les exécuteurs du présent testament de vouloir

du-Louvre, la poursuivit pour obtenir le payement des termes de loyer qu'elle avait tn^glij^-é d'acquitter (Ch. Urbain, op. cit., p. 7^).

ao. Antoine d'Aquin avait épous(^, le 2^ octobre i()56, Marie Geneviève Gayant, nièce du mt^decin Vallol et petite-fille d'un prévôt royal de Clermont-en-Beauvalsis. Elle décéda rue de Verneuil, et ses funérailles se firent à Saint-Sulpice le 1 1 juin 1698 (Fr. 32 834, p. 278).

ai. Françoise Crestot, fille de Cliarles Crestot, contrôleur des finances en la généralité de Paris, avait épousé Pierre Gary, notaire au Châtelet, le 18 décembre 1661. Elle mourut vers 1701. Elle avait deux sœurs, qui entrèrent par leur mariage dans la famille Nyellé, à laquelle appartenait la mère de Boileau (Gli. Urbain, op. cit., p. 58 et 63).

aa. Claude Gary fut la femme de Claude Marie Ballard de Laure, lieutenant des citasses de la louvcteric du lloi et exempt de la capitainerie de la varenne des Tuileries, lieutenant civil et criminel du bailliage de La Clia[iellc-Saint-I)enis en France.

a3. Françoise Gary épousa .lean Hi-fx-bier, seigneur des (irandis, dont elle fut séparée d'Iiabitation.

DOCUMENTS DIVERS. 4l3

exécuter mes volontés article par article et de vouloir encore donner quelques petits paquets cachetés à ceux ou celles dont les noms se trouveront écrits dessus, et les prie très humblement de prier Dieu pour le salut de mon âme, afin qu'il me fasse miséricorde par les mérites de la mort et passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Amen-''.

Fait à Paris ce quatrièmejour d'août mil six cent soixantedouze.

Catherine Gary.

Paraphé ne varietur en la vacation d'aujourd'hui, 26 mai i-j\à, au malin de l'inventaire par décès de Catherine Gary, daté du 19 du présent mois.

De Ballard de Laure.

Le Maistre. Gary. Desnots^'.

i5° Eloge de Bossuel par Dom Pierre Sabbathier.

On connaît le mérite du savant ouvrage de ce bénédictin sur la Version italique, Bibliorum sacrorum lalinse versiones

llx- Il est à noter que, dans ce testament, Catherine Gary ne fait aucune mention de ses frères Jacques et Nicolas Gary, qui étaient encore en vie en 1667, ni même de son autre frère, Pierre Gary. Celui-ci mourut le i4 décembre l683 : par son testament du 4 mai 1677, il laissait à sa sœur Catherine le fief de Mauléon, dont elle avait déjà pris le nom. Elle n'avait donc pas acheté cette terre avec de l'argent donné par Bossuet, comme l'a écrit Voltaire, et elle ne l'avait pas héritée de son père, comme l'a cru M. Floquet. Lorsqu'elle fit ce testament, Catherine Gary demeurait, sinon dans le Doyenné de SainL-Thoraas-du-Louvre, comme jadis son oncle et sa tante, du moins dans son voisinage : c'est ce qui explique les rapports d'amitié qu'elle entretenait avec le doyen et les autres ecclésiastiques de cette collégiale. Ainsi, le i5 janvier 1O70, les chanoines accordent « à Madamoiselle de Mauléon, nièce de défunte Mme de Sainte-Foy, la jouissance du banc qu'elle occupe dans l'église, sa vie durant et pendant qu'elle sera demeurante dans le quartier » (Gh. Urbain, op. cil., p. 43).

aS. Ces signatures sont celles des notaires Le Maistre et Desnots, de Françoise Gary et de Ballard de Laure, sœur et beau-frère de Catherine Gary.

iS» — Dom Pierre Sabbathier, d'une famille originaire du Langue-

4i4 APPENDICE II.

antiqnx, seu Vetas Italica, Reims, 1743, 3 vol. in-fol. Dans sa préface, t. I, p. lxvi, après avoir passé en revue les travaiix qui avaient déjà paru sur diverses parties de la traduction antique des Livres saints, il ajoute : « Mitto alia nonnulla antiquae versionis fragmenta, quaî diversis temporibus, litterarum studio, vel data occasione, ad calcem librorum, vel privatim fuere excusa ; cujus generis sunt Psalteriorum antiquorum complurium , cum editorum , tum manuscriptorum varietates insigniores, editœ a nobis initio tomi quarti novae editionisoperum S. Augustini. Item variée quatuor Evangpliorum Icctiones, quas ex mss. veteribus ad calcem sui in Evangelia commentarii Abbas clarissimus et doctissimus Augustinus Galmet adjecit. Sic etiam Ecclesiastes qui ab illustrissimo et doctissimo Meldensi cpiscopo ex commentario S. Hieronymi erutus, notis illustratus, vulgatusque est Parisiis anno lôgS cum aliis Sapientialibus libris. Nemo non intelligit doctissimi Meldensis episcopi nomine non alium a me significari quam magnum, imo maximum Bossuetium. Nefas certe fuisset^ hic praotermittcre tantum anlislitem, Galliarum decus et ornamentum, qui prœclaris opcribus tam bene de Ecclesia meritus est, ut inter Patres ipse numerari et Ecclesia? patcr appellari possit. Quamvis enim non multum in isto desudavit curriculo, tanti esse débet quidquid a tam eximio scriptore profectum est, ut nulla tam excellentis ingenii fœtura, ullibet parva, non sit grato animo suscipienda et honorifice mcmoranda. »

doc, naquit à Poitiers en i68a. Il fit profession, le 3o Juin 1700, J» l'Hl)hiiye (le Saint-Faron, situi^e dans un des faubourjjs de Meaux. Il mourut, le 2^ mars 17^3, dans l'abbaye Saint-Nicaise de Reims. Son principal ouvrage est celui qui est ici indiqui^ : il mourut avant sa publication, qui se fit par les soins de Dom (Jharles Clémencet. C'est celui-ci qui rédi|;ea la pri^face dont Pierre Sabbathier avait tracé le plan et indiqué les idées (Dom Tassin, Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, p. 617).

Pour n''allonger point démesurément cette liste, nous n'y ferons pas figurer les lettres mentionnées dans les quatorze volumes de la Correspondance, mais seulement celles dont nous avons relevé la trace ailleurs.

1654. — Sur un catalogue d'autographes provenant du comte Emmery (Bibliothèque Nationale, A 71 45) est signalée la minute d'une lettre de P. Ferry à Bossuet, dont on ne précise pas la date.

1658, janvier. — Omer Champin reçut l'ordre d'écrire à Bossuet au nom de M. Vincent (cf. notre t. I, p. 11) et de la conférence des Mardis pour l'informer de la prochaine mission de Metz, et lui demander sa participation à une œuvre si salutaire (Maynard, Saint Vincent de Paul, t. II, p. 90).

— Vincent de Paul adresse à Bossuet la lettre de cachet du Roi nommant l'abbé de Chandenier chef de la mission de Metz (Bausset, Histoire de Bossuet, liv. I, xxxvii).

1668, juin (?). — M. d'Aubusson de La Feuillade, archevêque d'Embrun, évêque nommé de Metz, écrit à Bossuet qu'il désire conférer avec lui des moyens à employer pour la discipline de l'évêché de Metz (Floquet, t. III, p. 173).

1671, mars. — Lettre de Bossuet à Mme de Grignan, accompagnée d'un billet & fort joli » du prélat à Mme de Sévigné (Lettres de Mme de Sévigné, Grands écrivains, t. II, p. 109).

4l6 LETTRES PERDUES.

— Lettre de Mme de Grignan à Bossuet (/feid., p. i35).

— R. Simon (Lettres, t. IV, p. aSa) raconte que Bossuet envoya à Mme de Schomberg une copie manuscrite de son Exposition de la doctrine de VEglise catholique.

1672, — Bossuet nommé prieur du Plessis-Grimoult le 25 novembre 1671, n'a pas encore ses bulles au mois de juin

1672. Il adresse alors une requête au Grand conseil afin d'être autorisé à prendre possession. Satisfaction lui est donnée par un arrêt du 8 juillet 1872. Le 19, il donne procuration à Jean Constant, dii-ecteur des Aides à Vire, pour prendre possession en son nom ÇInsinaations ecclésiastiques du diocèse de Bayeux, Bibliothèque du chapitre de Bayeux, ms. 287, f" 22, cité par Frédéric Alix, dans la Revue d'histoire de V Église de France, 191 1, p. 733).

1673, 29 juin. — Cette lettre signalée dans une note de notre t. I, p. 275, et dont un extrait a été publié plus haut, p. 272, n'a pu être retrouvée.

1674, avril (?). — Bossuet, au nom du Dauphin, remercie Choricr * d'avoir envoyé un de ses ouvrages au prince

I. Nicolas Chorier, né à Vienne, en Dauphini'-, en 1609 selon les uns, en 1612 suivant les autres, mort h Grenoble le i.'i août 1692, était fils de Jean Chorier, procureur au bailliaj^e, et de Benoîte Christophe. Il fut avocat au Parlement tie Grenoble. Il se lia d'étroite amitié avec Hugues Jannon (cf. t. III, p. 87), alors procureur du Roi à la Cour des aides de Vienne, dont il fut, avec sa famille, l'hôte et le <!ommensal. Chorier mena une vie déréglée, qui ne l'empêcha pourtant pas de cultiver, outre ht jurisprudence, l'histoire et la poésie latine. Ses travaux historiques ont peu d'autorilé. Il a donné: Recherches sur les antiquilés de Vienne. Lyon et Vienne, iG58,in-i2; Histoire générale du Dauphinc, Grenoble, 1OG1-1G73, à vol. in-fol., dont il dédia l'abrégé au Dauphin ; Carminum liber unus, Grenoble, 1680, in-i3 ; De Pétri Boessatii vita amicisfjue litieratis, Grenoble, 16H0, in-ia ; La Jurisprudence du célèbre conseiller et jurisconsulte Guy Pape, Lyon, ifitp, iii-/| ; Aloisi;r Sig:cx Tolelanx de arcanis amoris et veneris, Amsterdam, 1678, in-8, ouvrage obscène réimprimé sous le titre de Meursii eleganlia latini sernwnis, dont il y a plusieurs édilions

LETTRES PERDUES. /iiy

Il s'agit de l'Histoire du Dauphiné, abrégée pour Mgr le Dauphin, Grenoble, 167/j, 2 vol. in-12, achevée d'imprimer au mois de mars. (Chorerii adversariorum de vila et rébus suis libriUl, s. \.n.d. [Grenoble, i853], in-8, p. i38).

— 18 avril. — Mentionnée dans une note de notre t. I, p. 275, cette lettre n'a pu être retrouvée. Un extrait en a été donné d'après un catalogue d'autographes, plus haut, p. 272.

1678. — Un catalogue compris dans les n. a. fr. 3o83, à la Bibliothèque Nationale, porte une lettre de Bossuet à M***, datée du 24 mars; elle est en réalité de 1698, et adressée à l'abbé Bossuet. On peut la voir, t. IX, p. 288.

1679, mars. — Lettre du marquis de Feuquières à Bossuet sur l'état des esprits en Suède, par rapport à la religion (Floquet, Bossuet, précepteur du Dauphin, p. 374).

— Le même M. de Feuquières, voulant faire entrer son fils dans la maison du Dauphin, s'est adressé à M. de Montausier et à Bossuet, ses amis (A. Pomponne, 5 avril 1679, dans les Lettres inédites des Feuquières, Paris, 1 845-46, t. IV, p. 36o).

1681. — Lettre de Bossuet au comte d'Avaux, mentionnée par un billet de ce diplomate à Grœvius, daté de La Haye, 25 mai : « C'est avec bien du plaisir, Monsieur, que je me

et des traductions intitulées l'Académie des daines. Cologne, 1691, le Meursius français. Cythère, 1782, Dialogues de Luisa Siégea, Paris, i88a. On a publié : Chorerii Adversariorum de vita et rébus suis, Grenoble, i853, in-8, ouvrage traduit par Félix Crozet, Grenoble, 1868, in-8 (Guy Allard, Bibliothèque du Dauphiné, nouvelle édition, Grenoble, 1797, in-8 ; Ménage, Anti-Baillet, La Haye, 1688, 2 vol. in-12 ; Niceron, t. XXXVI ; d'Artigny, Mémoires, t. II ; J. OUivier, Histoire de la vie et des ouvrages de Chorier, dans les Mélanges biographinues et bibliographiques relatifs à l'histoire du Dauphiné ; l'abbé Desfontaines, Observations sur les écrits modernes, t. XXX ; Ad. Rochas, Biographie du Dauphiné, Grenoble, 1861, a vol. in-8; P. AUut, Aloysia Sigea et N. Chorier, Lyon, 1863, in-8).

4i8 LETTRES PERDUES.

trouve engagé pai* M. l'évéque de Condom à vous écrire pour vous faire savoir de sa part qu'il vous envoie un exemplaire d'un livre qu'il a composé pour Mgr le Dauphin, de l'Histoire universelle. Il me mande qu'il m'adressera cet exemplaire ; mais, comme il ne pourra être si tôt arrivé, il a été très aise, Monsieur, que vous en fussiez avei'ti par avance. » Publié par M. Gustave Masson dans le Cabinet historique, 18G7, t. Xlll, p. i65 (Cf. t. 11, p. 340-

— Feuquières à Huet, de Stockholm, 16 juillet 1 681 : « Ce que j'ai écrit de vous à M. de Condom est si fort au-dessous de la vérité et de mes sentiments que, quelque éloquence que j'empruntasse pour vous remercier de vos remerciements, je demeurerai toujours beaucoup en reste» (f. fr. iSiSg, f» 8).

— Décembre. — Le ministre Etienne Le Moyne ^, dans une lettre à Huet, de Leyde, 11 décembre 1681 : «Je viens d'écrire à M. l'évéque de Meaux, et si j'étais moins paresseux que je ne suis, je lui écrirais une autre lettre, car la longueur de celle que je lui ai adressée aura pu le fatiguer; mais je compte sur son honnêteté, et sa bonté me fait revenir d'une grande partie de mon appréhension. Au reste, si quelque chose ne s'y trouvait pas exactement comme il faut, donnez-y ordre comme vous pourrez, et répondez un peu pour un homme que vous savez avoir pour la vertu et pour le mérite, partout où il se rencontre, toute la considération et l'estime qu'on saurait désirer. J'en ai elleclivement beaucoup pour le Discours^ de M. de Meaux. Il sait fort bien son sujet, il a des réflexions furl belles, son style est également fort beau, et c'est assurément une lecture qui est extrêmement agréable. J'ai fait dessus quelques petites remar<iues, mais elles sont si peu de chose que je n'ai pas cru l'en devoir entretenir. II fait paraître partout do la modération, et c'est le caractère d'un homme d'honneur

a. Sur ce corrcs()oii(liinl de liossiiet, voir noire tome III, p. laO. .S. Le !)iicours luir l'histoire uniucrsiilr, qui ■■iviiii (i.iiii dinis IVit^ de 1681.

LETTRES PERDUES. ^ig

et d'un habile homme » (Bibhothèque Nationale, fr. iSiSg, f 235).

1683. — A la fin du mois de février i683, Ernest Ruth-d'Ans* mande au grand Arnauld « qu'il a vu un billet que M. de Meaux a écrit à une dame de leurs [amies et particulièrement à Mme de Morthon ^, où, en parlant des Réflexions contre le Préservatifs, il dit que, quand son Exposition n'aurait produit que ce bel ouvrage, il serait bien payé de la peine qu'il a eue de la faire » (CEavres (TAnt. Arnauld, in-Zi, t. II. p. 200).

— Septembre. — Mabillon, alors en Allemagne, est averti par Dom Ruinart (27 septembre) qu'est arrivée à son adresse, à Saint-Germaln-des-Prés, une lettre de l'évêque de Meaux,

4. Cet ecclésiastique était né à Verviers le 23 février i653. Ses études terminées à Louvaln, il vint en France et se mit à l'école des Messieurs de Port-Royal, puis se retira à Bruxelles avec Arnauld, qu'il assista jusqu'à sa mort. Il fut chanoine de Sainte-Gudule. Son attachement aux doctrines de Port-Royal lui valut des poursuites en France et dans son pays. Il mourut le 2l\ février 1728, sans avoir consenti à recevoir la bulle Unigenitus (Voir les Œuvres d'Ant.

Arnauld et les Nouvelles ecclésiastiques, mars 1728).

5. Il est fait mention d'un M. de Morthon, dont Antoine Arnauld prenait les avis sur ses ouvrages 'OEuvres, t II. p. i55). Les renseignements font défaut sur M. et Mme de Morthon. Us appartenaient sans doute à la même famille que Jean de Morthon, ancien mou.squetalre de la garde du Roi, que nous rencontrons en 1720. Cette famille semble originaire du Rouergue: on trouve la trace du mariage contracté le 25 août 161 3, ;i Bossac, en Rouergue, par Claude de Morthon avec Glaine de Fremondie (ou Framondie) (Bibl. Nationale, Pièces originales et Dossiers bleus). Il y eut aussi un Jacques de Morton, de la famille Le Camus des Touches, brillant officier qui fut gouverneur de Bel fort de 1689 à 171 2 (^Mémoires du marquis de Sourches, t. III, p. 121, et t. XIII, p. 3i3).

6. C'est un ouvrage d'Arnauld réfutant Jurieu : Réflexions sur un livre intitulé Préservatif contre le changement de religion (Anvers, 1682, in-12). Arnauld avait écrit, le i^'' janvier i683, à du Vaucel : « Il y a environ quinze jours que j'ai envoyé par la poste au même M. de Meaux ï'AnLi-préservatif, sans que j'en aie eu aussi aucune réponse » (Œuvres, t. II, in-Zi, p. i83).

l'assurant de la recommandation de la Dauphine près de l'Électeur de Bavière. Cf. fr. 19660, f" i4-

1686, décembre. — Antoine Bossuet écrit à son frère, lui demandant d'accorder la cure de Mareuil-los-Meaux à l'abbé Copineau, docteur de la Faculté de Paris et neveu de l'ancien curé (Lettres de l'abbé L. Millet, ms. de Lyon 770, f- 197).

1688, septembre. — Lettre de Bossuet au cardinal Colloredo (Lettre de Servient à Croissy, 5 octobre 1688, Affaires étrangères, Rome, t. 3 12, p. 79 a gS).

1689. — Lettre de Bossuet remerciant Philibert Collet '' de

7. Philibert Collet naquit le a3 février i643, à Cliâtillon-Ies- Dombes (aiij. Ghâtillon-sur-Clialaronne, Ain), de Pierre Collet, notaire, et de Suzanne Girard de Montrevel. Après avoir étudié chez les Jésuites de Lyon, où il compta parmi ses maîtres les P. P. Ménétrier et de La Chaise, il entra dans la Compagnie de Jésus. L'ayant quittée à vingt-deiii ans, il fit un voyage en Angleterre, où il connut Boyle et Willis. De retonr dans sa patrie, il prit ses grades en droit et fut pourvu d'une charge de substitut du procureur général au parlement de Dombes, qu'il occupa de 1678 à i6g5. Il fut aussi maire de sa ville natale, qu'il aida puissamment à réparer les ruines causées par un incendie considérable, en 1670 ; néanmoins un arrêt du Conseil l'obligea à résigner ses fonctions (10 février l6p8). Il avait épousé la nièce de l'historien Guichenon. Dans le séjour qu'il fit à Paris, lorsqu'il vit l'évèque de Meaux, il se lia avec Louis Bossuet et l'abbé Millet, comme nous l'apprennent les lettres de celui-ci. 11 mourut h Châtillon le 3i mars 1718. La liste de ses ouvrages donne une idée de la variété de ses connaissances ; outre le Traité dt:s ercommunications, on y remarque: Traité des usures, s. I., 1690, in-8 ; Entretiens sur les dîmes, aumônes et autres libéralités faites à l'Église, s. I., in-ia, et Paris, 169^, in-ia ; Lettres à M. Bonnet liourdelot sur l'Histoire des plantes de A/, de Tournefort (auxquelles répondit (îhomel dans le Journal des savants, 1697); Historia raliunis, Lyon, 1696, in-ia; Entretiens sur la clôture religieuse (contre le sentiment du cardinal Le Camus; cf. notre tome III, p 106), Dijon, 1097, in-ia ; Commentaire sur les statuts de Bresse, Lyon, 1^198, in-fol. ; Catalogue des plantes les plus considérables qu'on trouve à l'rntour de la ville de Dijon, Dijon, 1703, in-i a ; Uolinde, ou rétablissement de Chdtillon-les-Dombes,

l'envoi de son Traité des excommunications (1689). Elle est connue par une notice due à Papillon et insérée dans les Mémoires du P. Desmolets. Collet était sous le coup d'une censure par suite de violences exercées sur le doyen de Ghàtillon-les-Dombes^, et il ne voulait pas s'y soumettre, prétendant qu'elle était injuste. « Il fut à Paris, eut quelques conférences avec feu M. Bossuet, savant évêque de Meaux, qui lui conseilla prudemment la soumission à une censure même injuste. Collet, pendant son séjour à Paris, avait amassé des matériaux pour construire son ouvrage ; il prit la roule de Bourgogne et vint à Dijon, et y fit imprimer son livre... M. de Meaux, la même année, en reçut un exemplaire et fit un remerciement qui marquait l'estime qu'il faisait du livre et de l'auteur » (Op. cit., p. i52 et i63).

1690, mars. — Mabillon, ajoutant quelques mots à une lettre de Dom Ruinart à Estiennot, du 3 avril 1690, dit qu'il a reçu la lettre du cardinal Colloredo pour M. de Meaux (fr. i9665,'!'f" 24, verso).

1691, 27 mai. — Lettre au curé de Saint-Fiacre, en vertu des ordres du Roi reçus le aS avril 1691, pour obliger les marguilliers à rendre leurs comptes (Inventaire sommaire des Arcltives de Seine-et-Marne, G 345, p. io3). — Le curé de Saint-Fiacre était alors Jacques Sibourd, bachelier en théologie, qui mourut au mois d'août 1704.

poème latin publié et traduit par J.-B. Jauffret, Bourg, i84/i, in-8 (Notice sur Collet par Papillon dans les Mémoires du P. Desmolets, t. III, et dans Niceron, t. III et X ; Moréri, art. Colli ï ; Depéry, Biographie des hommes célèbres du département de l'Ain, Bourg, i833, 2 vol. in-8 ; Archives nationales, E 1906, 10 février 1698 ; Lettres de l'abbé Millet, manuscrit de Lyon, 77/J et 775, passim ; Notice manuscrite, en tète du Catalogue des plantes de Collet, h la Bibliothèque Nationale, Réserve, S ioa4)-

8. En s'opposant à l'inhumation d'uue personne qu'on disait s'être suicidée, Collet avait lié le curé avec la corde de la cloche et l'avait traîné en prison (Depéry, op. cit.y

— la décembre. — Graevius annonce à Nicaise que, deux mois auparavant, il a écrit à l'illustre évêque de Meaux, « cujus epistola ipsos sex menses nescio quas gentes pervagata tandem ad me pervenit. » (Bibl. Nationale, ir. gSSg, fol. 247).

1693, 20 mai. — Lettre de Melfort à Bossuet, à laquelle ce prélat répondit le 22 mai (Bibliothèque Nationale, Cr. 22288, i" 110). Ces deux lettres étaient relatives à la déclaration du roi Jacques sur le serment du Test. Cf. t. V, p. 627.

— a8 octobre. — Lettre de Bossuet à Mme de Beringhen (n. a. fr. 22124, f" 171). Elle était jadis conservée à la Bibliothèque du Louvre.

1694, 16 ou 17 mars. — Les religieux de Robais tardant trop à signer une transaction dressée par leur abbé commendataire et par Bossuet, celui-ci écrit à Caillebot de La Salle qu'il revient sur les concessions qu'il a faites.

— ai mars. — Réponse de Caillebot de La Salle à ce sujet (Ces deux lettres sont visées dans le troisième mémoire pour M. l'évêque de Meaux, fr. i6566, f° 244)-

— Mai. — Joseph Dardenne informe Bossuet de l'incarcération de Boscus, curé de Mory ; l'évêque donne à Dardenne le pouvoir de desservir la paroisse jusqu'à nouvel ordre (Bibliothèque de l'Arsenal, Bastille, dossier loFioj).

1696, avril (?). — Bossuet sollicite le Grand maître des Quatre- Nations d'accorder à Antoine Pastel la principalité de ce collègfi, vacante par le départ de M. de Franquoville, devenu grand vicaire de Lisieux (Lettre de du Plessis d'Argcntré à l'abbé de Louvois, i/j avril 1696, n. a. fr., 20062, 1° 20).

— Septembre. — Lettre de Mme de Maintenon à Bossuet, mentionnée dans l'édition Lavallée, Correspondance générale, t. IV, p. 1 20.

1697, 24 septembre (?). — Lettre de Bossuet h Mme de Maintenon, rappelée dans l'édition I..avalléc, op. cit., t. IV, p. 180.

1698, mars. — L'abbé Renaudot envoie à l'évêque de Meaux des extraits de lettres écrites de Rome sur l'aventure de l'abbé Bossuet(E. Grisolle, Fénelon, p. i54).

— (?). — Claude Groteste de La Mothe, frère de des Mahis, avait laissé un manuscrit de 554 pages in-fol. , contenant la copie de plusieurs lettres écrites par lui à Bossuet et à l'abbé de Saint-André. Ce recueil portait la mention suivante autographe : « Ce fut dans l'intervalle des deux guerres que nous eûmes, M. de Saint-André et moi, une conférence par lettres. Elle n'a point été imprimée, parce que, le public étant dégoûté des livres de controverse, les libraires ont de la peine à s'en charger. » (Notice en tête des Sermons sur divers textes de VÉcriture Sainte, par Groteste de La Mothe, Amsterdam, 1715, in-8). Ce manuscrit doit encore exister en Angleterre : la bibliothèque de l'auteur fut donnée, après son décès, à l'Église protestante française de Londres.

— Octobre. — Lettre de l'abbé Millet à l'évêque de Meaux, dans laquelle il parle de sa brouille momentanée avec Antoine Bossuet (E. Griselle, ibid., p. 222).

— Décembre. — L'abbé de La Motte-Ango ^ ayant obtenu de l'évêque de Séez la permission de se faire ordonner par Bossuet, celui-ci lui écrit que, M. de Séez étant mort dans l'intervalle, il ne se croit plus autorisé à lui conférer le sousdiaconat (Conclusions de la Faculté de théologie, 2 janvier 169g, Archives Nationales, MM 255, p. 5i et 52).

1699, II avril. — Le SccUier demande à Bossuet l'autorisation de faire des aumônes à certaines paroisses dépendant de l'abbaye de Saint-Lucien (E. Griselle, Bossuet abbé de Saint-Lucien, dans la Revue Bossuet, 1900, p. 84).

g. La terre de La Motte avait été érigée en marquisat par lettres patentes du mois de juillet 1698, en faveur de Jean Ango, conseiller au Parlement de Rouen, dont l'abbé Louis de La Motte-Ango était sans doute fils. Cet ecclésiastique obtint le quatre-vingt-dix-septième rang à la licence de 1700.

4a4 LETTRES PERDUES.

— Mai. — Lettre du bailli de Saint-Lucien à Bossuet en faveur du sieur Godin père, garde des bois de l'abbaye (Ibid., p. 90 et 91).

— Mai. — Bossuet écrit au cardinal de Janson au sujet de la capitation et-des décimes dont on veut le grever comme abbé de Saint-Lucien (^Ibid , p. 92).

— Juillet. — Bossuet écrit de Germigny à Le Scellier au sujet d'un fermage (Ibid., p. 210).

— Juillet. — Lettre de Bossuet à Souin en réponse à l'avis donné par celui-ci du refus opposé par les moines de Saint- Lucien à un accord dont ils étaient convenus (/6id., p. 210).

— Juillet. — Lettre du cardinal de Janson à Bossuet touchant la capitation Çlbid., p. 211).

— Juillet. — Le P. procureur de Saint-Lucien écrit à Bossuet sur le manque de parole de ses confrères. Léger, notaire à Meaux, lui répond au nom de Bossuet {Ibid., p. 212).

— Décembre (?). — Lettre de Jacques Jubé'" à Bossuet. L'auteur de deux épigraniines latines : Ad Doininum Jubé de Vallegrenosa, cuj as f râler pigritia laborat, écrit à Jubé, de Vanves, le 18 janvier 1700 : « On a envoyé votre lettre à Meaux par la poste: M. l'évèque était parti pour les fêtes de Noël » (Archives Nationales, G* 72O).

1700, 27 janvier. — Bossuet écrit de Paris au Cliaiicelier,

10. Jacques Jubé était né à Vanves, près de Paris, le 27 mai 167/1. Il fui curé (Je Vau{frigneuse avant d'être mis, en 1701, à la tête de la paroisse d'Asnières. II se rendit célèbre par son opposition à la bulle UnUjenitus, et fut mêlé aux néj'ociations qui s'engagèrent en vue d'amener la réunion des Russes à l'Église romaine. Il mourut h P<iris, le ao déc«mbre 17^5, laissant en manuscrit le Journal de ses voyages en Hollande, en Russie, etc. Il avait un frère, (îlaude Robert Jubé, laïque, qui vivait retiré dans la paroisse de Fumiclion, au diocèse de Fjisieux (Voir le .Vécro/'x/r de (^erveau et la lalile <lcs iVoiivcllrs ecclixiasiiqucs ; Le Clerc, Histoire de la Russie ancienne, l'aris, 1788, 3 toI. in-4, t. 1, p. ago h aiji ; Tabaraud, llisloirr des projets formés... pour la réunion des communions chrétiennes, l'aris, iSaJ, in-8, p. a3/| et 335).

demandant la grâce de Jean Maur(^, berger de Montyon, condamné à mort pour homicide (Ledieu, t. II, p. i/j).

— 28 janvier. — Ayant obtenu celle grâce, il écrit à Meaux pour l'aire surseoir à l'exécution, qui était imminente (Ibid.).

— 28 janvier. — II écrit de Versailles à Mme de Maintenon et à M. de Paris sur la censure des thèses soutenues chez les Jésuites (^Ibid., p. 20).

— 28 avril. — Il mande de Meaux à l'archevêque de Reims « que la censure de la morale relâchée des casuistes est achevée, et qu'il la va revoir, tandis qu'on travaille à mettre au net ce qu'il a fait sur le concile de Trente. Par cette censure, il entend le Decretum cleri gallicani de cidessus. Il parle aussi à M. de Reims de ce qu'il a écrit contre la probabilité, qu'il dit avoir examinée et combattue à fond, au lieu que ci-devant, du temps de l'assemblée de 1682, il ne l'avait examinée que pour et contre, sans prendre encore un parti ferme » {Id., p. 3o ; cf. p. 27).

— 21 mai. — A Paris, Bossuet écrit un mémoire destiné au Roi, « où il lui représente, de la part du clergé, deux maux également pressants et demandant un prompt remède : les nouveaux efforts des jansénistes, qui annoncent dans leurs derniers ouvrages imprimés qu'il faut examiner de nouveau la cause de Jansénius condamné par esprit de partialité ; et la morale relâchée des casuistes, de quelque ordre et de quelque profession qu'ils soient, butant tous à la corruption de la morale chrétienne par tous moyens, ce qui a déjà obligé les papes de condamner sévèrement plusieurs de leurs propositions » Çld., p. 87). Ce mémoire, mis au net le 28 et le 26. Il y en a un autre sur le même sujet, écrit pour Mme de Maintenon (W., p. 38).

— 1 1 juin. — Lettre de Bossuet à Mme de Beringhen, « par laquelle il reconnaît que la nomination et présentation de la cure de Faremoutiers appartient à l'abbesse {Inventaire sommaire des Archives de Seine-et-Marne, H 446, p, 91).

— Juillet. — Lettre de Mascaron à Bossuet en faveur du P. Bordes, de l'Oratoire, chargé de continuer les ouvrages

du P. Tlîomassin, son confrère (Balterel, Mémoires domestiques, t. IV, p. 2 1 3).

— 6 août. — Lettre de M. Pirot à M. de Meaux, où il le félicitait des belles relations envoyées à M. de Noailles sur la délibération de l'assemblée du clergé « louchant le pouvoir du second ordre dans les matières de foi et de doctrine" »; il lui annonçait aussi que Son Ëminence viendrait, dans la semaine après l'Assomption, à Saint- Germain, pour siéger à l'assemblée (Ledieu, t. Il, p. 87 et 88).

— 10 août. — Lettre du cardinal de Janson à Bossuet au sujet d'un prêtre apostat. « M. le marquis du Héron, envoyé du Roi en Pologne, m'écrit pour favoriser en cette cour un prêtre qu'il a connu à Wolfcnbuttel, lequel était secrétaire du fils aîné do ce prince. 11 a été assez malheureux de se pervertir. Il est venu ici, où il a fait son abjuration. Comme il est connu de M. l'évêque de Meaux, je lui envoie un mémoire que ce prêtre m'a remis et, s'il le juge, d'obtenir le pardon de la clémence du Roi. Je le prie de vous en parler, afin qu'il puisse par votre protection obtenir cette grâce de S. M. suivant le désir de M. du Héron » (Janson à ïorcy, de Rome, 10 août 1700. Affaires étrangères, Rome, t. 4i4, f" 288).

— 28 août. — A l'occasion de l'affaire des cérémonies chinoises, débattue en Sorbonne, Bossuet, à la prière des archevêques de Paris et de Reims, écrit de Saint-Germain à Guischard, doyen, d'assembler trois fois par semaine la Faculté, quand il en sera requis par le syndic : « II le prie de le faire, non seulement de sa part, mais encore au nom même de M. le cardinal de Noailles, qui juge ces assemblées absolument nécessaires »(L(>dieu, t. II, p. Ii3).

— 2 septembre. — Bossuet écrit de Saint-Germain à Bontemps'^, lui demandant de prévenir Louis \1V de la mort

1 1. On ;ivait d(^cid('- de refuser aux dt^putf^s du second ortlre la voii délibérative dans les matières de foi (Cf. Ledien, 1. II, p. 79 et suiv.). 13. Sur HontRinps, on peut voir notre tome VI, p. I2J.

subite d'Antoine Ferréole, valet de chambre tapissier du Roi et de l'évêque de Meaux, et d'instruire S. M. de l'état de la veuve et du nombre de ses enfants '^ (W., p. i34). • — 24 septembre. — Le procureur général de La Briffe, beaupère de Louis Bossuet, étant mort, l'évêque de Meaux écrit de Paris à Mme de Maintenon, à Fontainebleau, et joint à sa lettre un placet pour le Roi, où il est dit que la charge a coûté Dooooo francs, sur quoi il y a un billet de retenue de 200000 seulement, que la famille est nombreuse, etc. {Id., i5i et i53).

— 8 octobre. — Bossuet, de Paris, écrit <.< à Mme de Maintenon en des termes pleins de grands sentiments de reconnaissance, de cordialité et d'attachement, sur le sujet des cent mille francs que le Roi a donnés de plus que ne portait le billet de retenue de M. le procureur général défunt » (Id., p. i55 et i56).

— 21 octobre. — A Germigny, Bossuet reçut des lettres de Mme l'abbesse de Fontevrault, Gabrielle de Mortemart, écrites de Fontaines-les-Nonnes ** ; il y répondit en lui promettant de l'aller voir » (Id., p. iSg).

— 8 novembre. — Le Feuvre écrit à Bossuet que lui et plusieurs de ses amis, entrant dans les vues de ce prélat, ont mis entre les mains d'Ellies du Pin des mémoires avec lesquels celui-ci composera une justification de la censure prononcée par la Faculté''' contre le P. Le Comte {Id., p. 162).

— 3 décembre. — Bossuet mande de Versailles à ses familiers restés à Paris l'exaltation de Clément XI (Id., p. i65).

1701, 29 mai. — Bossuet, de Meaux, écrit à Noailles « une lettre de remerciement de ce que cette Éminence lui avait

i3. Il a été parlé de celle affaire, t. XII, p. 35i et 352.

lli. Fontaines-les-Nonnes, prieuré de l'Ordre de Fontevrault, sur la paroisse de Douy-la-Ramée, au diocèse de Meaux (Cf. t. ^ II, p. 201 et 207).

i5. Cet ouvra g'e parut en 1701, sous le titre de Défense de la censure de la Faculté de Paris du 18 octobre 1700... (Cf. t. XIII, p. i54).

mandé qu'il approuvait la critique (formulée dans la lettre du 23 mai) du livre du P. Germon contre l'histoire de la congrégation de Aaxiliis, « et qu'il y fallait prendre garde » (Id., p. 187. Cf. notre tome XIII, p. 64 et 65).

— Juillet. — Lettre d'IIennebel à Bossuet. Le 8 juillet 1701, Opstraete écrit à Brigode : « M. Hennebel a promis d'écrire une lettre à M. de Meaux, laquelle sera envoyée à M. de Fresne » (De Fresne est le nom de guerre de Quesnel) (^Causa Quesneltiana, Bruxelles, 1705, in-4, p. 299).

— i4 août. — Plusieurs lettres écrites de la Cour à Bossuet, lui annonçant une aggravation dans l'état de la duchesse de Bourgogne (Ledieu, t. II, p. 197).

— 17 août. — Bossuet date de Marly plusieurs lettres d'affaires (W., p. 199).

— i" septembre. — Lettre de M. de Brisacier accusant réception de celle de M. de Meaux contre Coulau Çld., p. 2o5).

— 1 1 septembre. — Le P. de La Tour, général de l'Oratoire, mande à Bossuet qu'il l'ira voir à Meaux, s'il peut être averti qu'il l'y trouvera (Id., p. 208).

— 12 septembre. — Bossuet écrit de Meaux au P. de La Tour qu'il le prie de venir dans cette ville le lendemain (Id., p. 208).

— i3 septembre. — Bossuet écrit aux archevêques de Paris et de Reims au sujet de Conlau et des thèses ullramontaines soutenues à Louvain {Id., p. 209).

— 20 septembre. — Bossuet, de Germigny, écrit h Noailles pour le remercier a de la bonté avec laquelle il a reçu les derniers mémoires qu'il lui a envoyés » contre Coulau et les propositions ultramonlaines de Louvain, « ajoutant que, dès qu'ils sont entre ses mains, il n'en est plus on peine, et que Son Émiiience saura bien en laire l'usage convenable » (Id., p. a 18).

— 3 octobre. — Bossuet écrit de Meaux à Mme de Maintenon une grande lellre « sur le sujet de l'abbaye de Notre- Dame de Meaux certainement » (Id., p. 226). Il s'agis.sait de pourvoir d'une supérieure cette abbaye, à la suite de la

démission de Mme de Montchevreuil ; il en sera encore parlé plus loin.

— 5 octobre. — Bossuet écrit de Germigny à Dodart « que le Roi a été informé de la thèse de Louvain au sujet de l'autorité du Pape, et que l'affaire en est demeurée là » (Id., p. 226).

— 12 octobre. — Noailles mande à Bossuet que, « selon le mémoire de M. de Meaux, le Roi avait fait écrire par M. le marquis de Torcy au marquis de Bedmar, faisant les fonctions de gouverneur aux Pays-Bas en l'absence de M. l'Electeur de Bavière, sur le sujet des dernières thèses de Louvain, dont il dit qu'on a reçu une lettre peu satisfaisante de celte université, parce qu'on s'est mal entendu, et que les jésuites ont donné le change au marquis de Bedmar ; au surplus, le cardinal s'excuse sur ce qu'il n'est pas à la Cour, pour faire connaître la surprise au Roi •* » (Id., p. 336).

— 23 décembre. — Bossuet écrit, de Meaux, « à Mme de Maintenon et au P. de La Chaise en faveur de MmedeLongueil de Maisons, prieure de La Villette, près de Paris, pour lui faire obtenir l'abbaye de Notre-Dame de Meaux, dont Mme de Montchevreuil a donné depuis longtemps sa démission*'' » (W., p. 307 ; cf. p. 258).

— 24 décembre. — L'archevêque de Reims écrit de Versailles à Bossuet « que le Pape, dans le consistoire du 5 décembre, a proposé aux cardinaux d'envoyer à la Chine un visiteur apostolique, pour informer de la vérité des points contestés entre les missionnaires français et les jésuites ; que Sa Sainteté a choisi M. de Tournon '*, prélat piémon-

16. Bossuet est revenu plus tard sur ce sujet. Voir Ledieu, p. 3^2 et 285.

17. Mme Louise Françoise de Long-ueil, prieure de Sainte-Perrine de La Villelte, dont sa sœur était abbesse, reçut la succession de Mme de Montclievreuil et futmise en possession de l'abbayeNotre-Dame de Meaux par Bossuet, le 27 mai 170a. Elle était fille de Jean de Longueil de Maisons, président à mortier au Parlement de Paris (Ledieu, t. II, p. 267, 258, 371 et 289).

18. Charles Tliomas de Maillard, dont Voltaire fait un aventurier

43o LETTRES PERDUES.

lais et son camé^ie^^ participant, qu'elle nommait à cet effet patriarche d'Antioche, avec pouvoir de légat a latere dans toute l'étendue de l'empire de la Chine et dans les Indes » (W., 2 59).

— 38 décembre. — Autre lettre de l'archevêque de Reims, « par laquelle ce prélat lui mande qu'il sait de bon endroit que le Pape a dit qu'il jugerait incessamment l'affaire de la Chine, et que le visiteur apostolique qu'il envoyait à la Chine, irait pour exécuter son jugement » (Id., p. 261).

— 3o décembre. — L'archevêque de Reims écrit encore « que l'on confirme de plus en plus la résolution du Pape de prononcer incessamment sur l'affaire de la Chine, et que les jésuites, triomphant d'abord des premiers avis touchant le visiteur apostolique, sont aujourd'hui consternés des derniers avis, qui les menacent d'une décision dont ils craignent d'autant plus le succès, qu'ils voient cet appareil de visiteur apostolique destiné pour aller, cette pièce à la main, apprendre aux nouveaux chrétiens quel est le véritable culte de Dieu » (Id., p. 262).

1702, janvier (?). — Bossuet sollicite par lettre M. de Ver-

qui avait pris le nom de Tournon, était d'une ancienne Famille originaire de l\iimilly, en Savoie. Il était né h Turin le 21 décembre 1668, de Victor Amédée de Maillard, comte de Tournon, marquis d'Aibi, ministre d'Etat et gouverneur de Nice, et de Cécile Marie Trucclii de Pallières. Ou sait que, dans sa mission, il déplut fort aux jésuites et indisposa l'empereur de Chine, qui le fit arrêter et remettre aux mains des Portugais, et ceux-ci le retinrent prisonnier îl Macao. Par un mandement fameux, du 28 janvier 1707, il avait interdit aux nouveaux chrétiens la prati(|ue des cérémonies chinoises. Sa conduite fui approuvée par le Pape, qui le nomma cardinal en 1707. Il mourut à Macao le S juin 1710. Son corps, rapporté en Europe, fut inhumé le 37 sepiembie 1728, dans l'église du collège de la Propagande (Voir Aug. Dufour et Fr. Mugnier, Les Maillard, sehjnews et barons du liouchel. comtes de Tournon, etc., Chambéry, 1890, in-8 ; Ellies du Pin, Histoire ecclésiastique du X\H" siècle, t. IV ; le P. GoDzalès, O. P., Esame e di/esa dcl décréta da M. di Tournon sopra le cose dcll' iinperio délia (J/w'na, Home, 1728, in-4; Memorie storichc délia legazione e morte del cardinale di Tournon, espoti cun monumcnti rari cd autentici, Rome, 1762, 8 vol. in-8).

LETTRES PERDUES. 43l

thanion, Premier président au Grand conseil, qui, à la recommandation du prélat, rend son arrêt dans l'afTaire de la portion congrue de Saint-Christophe de Meaux, condamnant le prieur de Reuil, bien que le bon droit de celui-ci fût certain (Ledieu, t. II, p. 26O et 267).

— 5 février. — Bossuet, à Versailles, expédie plusieurs lettres (Id., p. 269).

— Avril. — Lettre de Bossuet à l'abbé d'Ormesson (Griselle, Bossuet abbé de Saint-Lucien, dans la Revue Bossuet, 1902, p. 74).

— (?). — Lettres de Bossuet à Le Scellier sur l'abbaye de Saint-Lucien (^Ibid., p. ^5).

— 20 août. — L. a. s. à Le Scellier datée de Germigny, relative à un mémoire que le P. procureur de Saint-Lucien a rendu à Bossuet. Le prélat « n'est pas encore bien résolu pour y faire droit» (Catalogue Laverdet, A 10026, n°223).

— 6 septembre. — Bossuet écrit de Meaux à Pirot, en même temps qu'à Noailles (la lettre de Noailles est dans la Correspondance, t. XIII, p. 4o6 et suiv.) au sujet du Nouveau Testament de R. Simon (Ledieu, t. II, p. 3o5).

— 6 octobre. — De Germigny, Bossuet a écrit à Pirot qu'il était étonné d'apprendre que M. de Pontchartrain, chancelier de France, exigeât de lui qu'il fit passer les Instructions qu'il compose contre M. Simon, par l'examen d'un censeur public ; qu'aucun autre chancelier de France ne lui avait fait ce traitement, qu'il le devait bien moins attendre de M. de Pontchartrain, qu'il lui a fait la grâce de le ti'aiter encore mieux qu'aucun autre, en lui accordant, comme il a fait depuis deux ou trois ans, un privilège général pour l'impression de tous ses ouvrages, sans limitation ni restriction ; qu'au reste, dans des matières aussi importantes, lui, M. Pirot, est témoin que lui, M. de Meaux, n'a jamais lien fait imprimer sans en avoir pris auparavant l'avis de lui, M. Pirot, et que, dans l'affaire présente, il sait, lui, M. Pirot, que lui, M. de Meaux, lui a tout communiqué ; qu'il le prie d'en assurer M. l'abbé Bignon, afin qu'il en instruise M. le Chancelier. En même temps, il

lui mande qu'il a donné ordre à M. Auisson de remettre à lui, M. l'abbé Pirot, toutes les bonnes feuilles imprimées jusqu'à ce jour de l'ouvrage qui est sous la presse, et même la suite de la copie qui est actuellement entre les mains de l'imprimeur, laquelle n'avait pas été vue par M. l'abbé

Pirot M. de Meaux finit en priant M. Pirot d'obtenir

de M. le cardinal de ISoailles qu'il ne fasse aucune plainte en manière quelconque de ce procédé de M. le Chancelier à son égard » (Z*^., p. 3io et 3i i).

— 9 octobre. — A Germigny, Bossuet donne une recommandation pour l'évèque de Béziers au F'rère Placide Baron, natif de cette ville et religieux de Perrecy'^, qui sort de son couvent pour retourner dans son pays d'origine (/èicf., p. 3i3).

— lo et 12 octobre. — Lettres de Pirot mandant à Bossuet « qu'il a lu son manuscrit à l'Imprimerie du Louvre, entre les mains du compositeur ; qu'il a reçu de nouvelles bonnes feuilles et donné ordre qu'on lui envoyât les suivantes jusqu'à la fin de l'ouvrage » (Id., p. 3i6).

— i3 octobre. — De Germigny, 'Bossuet répond à Pirot. « Il entre dans son sentiment au sujet de quelques corrections légères qu'il lui avait proposées M. Pirot disait qu'il n'aurait pas fait toute la grande remarque que fait M. de Meaui contre Maldonat sur Video de l'ange (Luc, i, 35), que ce jésuite dit signifier seulement que Jésus-Gbrist serait fils de Dieu à cause de sa conception faite par la vertu du Saint-Esprit, et non à cause de sa génération éternelle, ce que M. do Meaux combat de toutes ses forces, et sur quoi il lui a répondu qu'il se garderait bien d'en rien retrancher ^°,

ig. Ce relifpeiix, par les accusations qu'il portait contre l'abbé Berryer, son siipi^rieiir, était une cause de trouble dans le couvent. Bossuet, pris pour arbitre, essava d'y rétablir la piiJK en obtenant pour Placide Baron la Faculté de se retirer dans son diocèse d'ori{jine (Lcdieu, t. Il, p. Si I et 3i a).

20. Ledieu (p. 353) nous apprend que Bossuet consentit h mettre un carton à cet endroit. Cependant on ne trouve iiiicun carton pour ce. passai^e dan> l'édition ori|;inaie, et la critique reste entière (flfi'uc Bossuel, décembre iQii, p- 3o4).

parce que c'est une des plus fortes remarques et des plus nécessaires pour soutenir le dogme catholique, auquel Maldonat a donné atteinte et que M. Simon veut encore de plus affaiblir pour favoriser les sociniens. Au reste, M. de Meaux mande à son censeur de dresser son approbation tout simplement, et de la tourner de manière qu'elle ne porte aucunement sur son ordonnance et censure de M. Simon, qu'il est résolu de mettre à la tête de cette première Instraction, ne voulant pas faire ce tort à l'ordre épiscopal d'être forcé par M. le Chancelier de prendre l'avis de son censeur pour des actes qui sont de l'exercice de sa juridiction » (Id., p. 3i6).

- i3 octobre. — A une lettre d'Anisson adressée à Ledieu et demandant les ordres de M. de Meaux au sujet de l'approbation du censeur, Bossuet, de Germigny, répond luimême « de sa main, qu'il consent que l'approbation soit imprimée à l'entrée de son livre, et le privilège de même tout entier » (7c?., p. 3 17).

- 23 octobre. — On apprend à Germigny, a par toutes les lettres de Paris, que le public est informé de la volonté de M. le Chancelier sur l'approbation qu'il a exigée du livre même de M. de Meaux, et que cela fait une grande rumeur parmi les évoques, que c'est une affaire entre M. le cardinal de Noailles et ce chancelier » Çld., p. 319).

- 24 octobre. — Anisson informe Bossuet « que la résolution de M. le Chancelier est que l'approbation de M. Pirot soit mise à la tête de son livre, et que ce magistrat en a envoyé l'ordre à ce libraire » (Id., p. Sig et 32o).

- 3o octobre. — De Meaux, Bossuet a écrit à Pirot « qu'il irait à Paris avant le retour de Marly, où le Roi doit aller coucher le jour des Morts pour y demeurer dix jours... Il mande positivement de surseoir l'édition de son livre » (Id., p. 321).

- Lettre d'Anisson avertissant a qu'il a reçu ordre de M. le Chancelier de ne pas faire paraître même le placard de M. de Meaux contre Simon, avant d'avoir reçu l'approba-

XIV — a8

Ixôk LETTRES PERDUES.

tion du censeur, pour l'imprimer à la tète du livre » (/<i., p. 821).

— 3i octobre. — Bossuet répond à Anisson qu'il ira parler de cette alTaire au Roi (Ibid.).

— 1*' novembre. — Noailles écrit que la mort d'un de ses ne\cux l'a empêché de parler ni de rien faire pour Bossuet (W., p. Saa ; cf. notre tome XIII, p. /(Si).

— Anisson mande que le Chancelier a dit qu'il ne pouvait laisser passer l'ordonnance de M. de Meaux, « à cause qu'il y parlait de la contravention faite au concile de Trente par M. Simon, en publiant sa version sans l'approbation de l'ordinaire » {Ibid.).

— 2(?) novembre. — L'archevêque de Reims écrit à Bossuet et lui apprend le bruit fait en province par la prétention du Chancelier Çlbid.).

— 3 novembre, — Bossuet répond à l'archevêque de Reims et lui envoie copie de son ordonnance contre R. Simon et de son mémoire au Roi (//nW.).

— 5 novembre. — M. de Meaux fait écrire à Pirot par l'abbé Bossuet qu'il est obligé de prendre en repos à Gcrmigny quelques précautions pour sa santé avant l'entrée de l'hiver, et qu'il relarde le voyage quil projetait de faire à Paris {Id., p. SaC).

— 8 novembre. — Noailles informe Bossuet qu'il a remis lui-même au Roi, avant le départ de la Cour pour Marly, le mémoire de M. de Meaux (Id., p. 327).

— 12 novembre. — A Paris, Bossuet «écrit une lettre à Mme de Maintenon, qu'il commence en la remerciant des bontés qu'elle a pour lui et de ce que sa foi lui a fuit appuyer son premier mémoire auprès du Roi, touchant le trailcrriont de M. le Chancelier ». Il bii demande audience (Id., p. 3a8).

— I'' décembro. — .\nisson « mande à M. de Meaux que M. le Cliancolior approuve son ordonnance dans la dernière forme (ju il l'a mise, ol <ju'il a ordre d'en achever l'impression » {Id., p. S^q).

— I I (léceujhre. — Bossuet, de Paris, écrivit à M. de Fleury,

évêque de Fréjus, « lui demandant un dimissoire pour une personne qu'il protège ; il lui envoya en même temps son ordonnance contre la version de Trévoux et lui annonça son livre qui allait paraître sur la même matière ; et en même temps il se plaignait à lui, en des termes pleins de cordialité, que l'esprit d'incrédulité gagnait toujours dans le monde ; qu'il se souvenait de lui en avoir souvent entendu faire la réflexion ; que c'était encore pis à présent, puisqu'on se servait même de l'Évangile pour corrompre la religion des peuples, etc.... Il lui mandait qu'à son âge, il se portait fort bien, et qu'il n'avait qu'à remercier Dieu de la force qu'il lui donnait pour l'employer à s'opposer à ce torrent » (Id., p. 346).

— 26 décembre. — Bossuet accompagne d'une lettre le présent qu'il fait à Mme de Maintenon, du livre contre R. Simon. « 11 lui mande que c'est un ouvrage qu'elle a protégé avant sa naissance, pour marquer qu'il lui est obligé de la liberté qu'elle lui a obtenue du Roi, et à tous les évêques, de publier leurs ordonnances et tout ce qui regarde la religion sans les contraintes auxquelles M. le Chancelier voulait les assujettir » (W., p. 356).

— 28 (?) décembre. — Bossuet, de Versailles, demande à Ledieu de lui envoyer des exemplaires de son livre contre R. Simon Qd., p. 355).

1703, 8(?) janvier. — Milord Perth fait, de la part du roi et de la reine d'Angleterre, des remerciements à Bossuet pour l'ouvrage contre R. Simon. 11 y ajoute « toute sorte d'honnêtetés, de sa part », se disant toujours l'un des enfants du prélat, gagné à l'Église par sa doctrine Çld., p. 365). Et Ledieu ajoute : « Je garde cette lettre originale. »

— i4 janvier. — Bossuet envoie son livre contre R. Simon au Pape, au cardinal Paulucci, secrétaire d'État"^', et à Mme de Nemours '^^, à Coulommiers (Id., p. SGq).

21. Paulucci figure dans notre tome XI, p. 34. 32. Sur la duchesse de Kcmours, dame de Coulommiers, on peut Toir notre tome VIF, p. 8^.

— i3 (?) janvier. — Lettre du cure de Saint-Sulpice " à Bossuet au sujet de l'Instruction contre R. Simon. « Elle est pleine des sentiments d'un saint homme vraiment touché et des maux de l'Église par le libertinage et par la mauvaise doctrine, si communs, et du remède efficace que M. de Meaux y apporte par son ouvrage. » (Id., p. 370.)

— 2 mars. — De Paris, Bossuet écrit aux officiers du présidial de Meaux ■^* « qu'il a reçu leur lettre où ils se plaii^ment à lui que MM. du Chapitre gardent leur mémoire sans donner les réponses qu'ils y ont faites; que MM. du Chapitre n'ont pas tort, et qu'au premier jour il leur écrira une réponse décisive » (Id., p. 3g!\).

— i5 mars. — De Paris, Bossuet « fait une réponse finale à MM. du présidial de Meaux, que, sachant que la difficulté roulait sur les places que ces Messieurs veulent avoir au chœur de la cathédrale, il avait été obligé d'instruire M. l'Intendant de ce fait, que l'on était convenu, en sa présence, de huit places aux hautos chaires du côté droit du chœur, les plus proches de la chaire épiscopale, pour le présidial et l'élection, sans parler du corps de ville, dont il n'était pas question » (/d., p. 399).

— 39 mars. — L'Intendant envoie à Bossuet la réponse du présidial au mémoire du chapitre (W., p. Aoi).

— 8 avril. — Bossuet écrit à Noailles « qu'en profitant de ses grâces^", il avait fait sa confession annuelle et générale et qu'il espérait de dire demain la sainte messe, et d'aller même à la paroisse rendre ce devoir ; qu'il le priait de lui faire l'honneur de le venir voir avant le premier voyage de Son Éminence à Versailles » (/(/., p. àog).

28. Sur M. de La Cli«^t:ird.'C, curi^ de Saint-Siilpioe, voir t. XIIF, p. 33o.

u4- Ces Messieurs étaient en contestation aveo le (lliapilre au sujet des places qu'ils voulaient occuper dans In rntlic^drale aux cc^r^nionies officielles. Cf. Ledieu, p. .'^80, ,3()8 et .'joa.

30. Ceci, d'après Ledieu, a rapport au l'.Jeau Dainascèiic Fionnet, trinitairc de Meaux, cunfessfMir ordinaire de itossuet, pour qui sans doute ce pr<^lal « avait fait demander par M. l'irot <i son Kininence la permisiiuD de le confesser ».

— 9 (?) avril. — Noailles écrit « des compliments à M. de Meaux sur sa santé, et qu'il le viendra voir ou demain mardi, allant à Versailles, ou mercredi en revenant » (Jd.,

— 20 avril. — Bossuet, à Paris, expédie « quantité d'affaires domestiques et du diocèse » (Jd., p. 4i5).

— avril. — Bossuet, le 20, reçoit « une lettre fort honnête de M. le Grand duc, qui lui fait de grands remerciements de son dernier livre contre M. Simon, avec de grands compliments sur sa vertu et ses mérites » (Jd., p. A16).

— 20 avril. — Bossuet expédie k toutes les affaires qui se sont présentées du diocèse » (Jd., p. 4i6).

— i" mai. — Bossuet, à Versailles, écrit à Mme de Maintenon (Jd . p. 419).

— 2 mai. — Noailles répond à une lettre que Bossuet lui a écrite la veille (Jd., p. 4i9)- Cf. notre tome XIV, p. '][x-

— 3 mai. — Bossuet écrit à Mme deMaintenon (Jd., p. Ixio).

— 6 mai. — On porte à Paris un paquet de lettres de Bossuet au cardinal de Noailles (Jd., p. 420).

— 8 mai. — Lettres de l'abbé Bossuet à son oncle (Jd., p. 422).

— 28 mai. — Bossuet écrit à Mme de Maintenon une lettre de condoléance sur la mort du comte d'Aubigné -* (Id., p. 43o).

— 9 juin. — Bossuet, à Paris, écrit à l'évèque de Chartres au sujet de l'affaire Couet, « le priant de lui envoyer sa lettre pour Mme de Maintenon, à laquelle lui, M. de Meaux, joindrait la sienne pour la même dame ; et M. de Chartres a répondu qu'il n'écrirait pas, voulant que de Meaux seul rendît compte de cette affaire, dont il a été le vrai conciliateur » (Id., p. 433 et 434)-

36. Charles d'Aubigné, frère de Mme de Maintenon, qu'il affligeait par sa mauvaise conduite, <^tait gouverneur du Berry. Il mourut le 32 mai 1708, aux eaux de Vichy, « toujours gardé à vue, dit Saint- Simon, par ce Madot, prêtre de Saint-Sulpice, qui en fut, bientôt après, récompensé d'un bon évèché « (Saint-Simon, t. I, p. i36; l. XI, p. 1 14, etc.).

— lo juin. — Bossuet « écrit à M. de Reims pour lui donner avis de la déclaration signée par M. Couet » (W., p. Z,35).

— 3o(?)juin. — L'archevêque de Paris écrit à Bossuet au sujet de l'alTaire Couet, et lui mande tout simplement: «J'ai reçu la rétractation que vous avez fait signer à M. Couet » (W., p. lilii).

— 22 juin. — Bossuet reçoit « des lettres une infinité » au sujet de la mort de Mme Foucault, sa sœur (/d., p. 4^2).

— 26 juin. — Bossuet, étant en bonne santé, écrit « à M. de Reims qu'il ne sent aucune douleur » (Id., p. 1^47)-

— 28 juin. — Noailles mande à Bossuet que, le soir, il ira coucher à Conflans {Id., 448).

— 29 juin. — Bossuet écrit à Noailles (Id., p. 448).

— i'^'" juillet. — L'évêque de Meaux dicte plusieurs lettres pour son diocèse (W., p. 448). Il dicte aussi une lettre en réponse à celle que lui a écrite l'archevêque de Reims au sujet de l'ouvrage intitulé : Véritable tradition de l'Eglise sur la prédestination et la grâce..., par M. de Launoy, Liège, 1702. Bossuet est d'avis qu'il faut censurer cet ouvrage ; « que M. le cardinal de Noailles y est disposé, et qu'il le doit voir mardi prochain pour ce sujet ; il ajoute que le livre porte le nom de M. de Launoy ; que h' manuscrit lui était aussi attribué, et que M. Simon, bon garant de ces sortes de pièces, a écrit que c'est en elTot l'ouvrage de M. de Launoy, mais que, pour lui, il est d'avis qu'il l'aut épargner son nom » (Id., p. 449)-

— 3 juillet. — Mention d'une lettre antérieure du P. de La Chaise à Bossuet, sur Adrien Pappin, curé d'Ussy (W., p. 45o).

— 9 juillet. — Bossuet, de Versailles, écrit à Noailles pour lui donner avis do l'impression de la seconde Instruction contre R. Simon, « approuvée par M. le Chancelier sans aucune condition. Il ajoute qu'il n'a qu'à le remercier de sa bonne volonté, et qu'il ne sera pas nécessaire qu'il parle de cet ouvrage au Roi, ni à ce magistrat... Enstiile il excite fort le cardinal à condamner le livre de M. de Launoy,

LETTRES PERDUES. /JSg

qu'il dil être digne du feu, et qu'il ne croit pourtant pas être de ce docteur. Il finit en lui protestant de son obéissance » {Id., p. /(Sa).

- i4 juillet. — Nouvelles apportées à Versailles « d'un grand désordre arrivé à l'abbaye de Jouarre, qui a obligé M. de Meaux d'aller demander aujourd'hui au Roi l'éloignement de deux religieuses déréglées qui font tout le scandale » Çld., p. 453).

- 7 août. — Le doyen du chapitre de Meaux, au nom de ses confrères, remercie Bossuet de l'arrêt du Conseil obtenu par le prélat et du règlement fait par lui pour terminer les contestations louchant les maisons canoniales Çld., p. 46i).

- 12 août. — Bossuet, à Versailles, écrit à Mme de Maintenon « avec grande soumission ». Il écrit aussi au P. de La Chaise (Id., p. 464)-

-21 août. — Bossuet invite par lettre son neveu Louis, ainsi que sa femme, à le venir voir à Versailles (Id., 468).

- aS août. — Bossuet, à Versailles, dicte une lettre au comte de Pontchartrain « en faveur du chevalier Tartare, pour qui il demande au Roi une pension de deux mille livres » {Id., p. 470).

- 24 août. — Bossuet, à Versailles, fait avec l'abbé, son neveu, des lettres pour Jouarre {Id., p. 470).

- 26 octobre. — Lettre au P. de La Chaise (Ledieu, t. III, p. 18).

- 1*' novembre. — « Vendredi 2, M. de Meaux a reçu aujourd'hui des lettres de Meaux, d'hier, de M. l'abbé Bossuet même, de M. Phelipeaux et autres, pleines des éloges du sermon que ce même abbé a fait hier dans la cathédrale avec un applaudissement général. » {Ibid., p. 20.)

- 3 novembre. — « M. de Meaux a écrit à M. Phelipeaux en réponse à sa lettre d'hier, sur le succès du sermon : qu'il est bien aise de son témoignage, qu'il sait bien n'être pas flatteur ; qu'il savait bien que son neveu avait du talent pour la chaire, mais qu'il n'avait jamais voulu le presser

44o LETTRES PERDUES.

de faire de ces sermons d'appareil que font les jeunes abbés et qui sont pour l'ostentation et la vanité ; mais que, pour prêcher à Meaux, il en avait approuvé le dessein, ce qui pouvait l'exciter à faire quelque chose de bon. »

— 5 novembre. — Bossuet a dicté de son lit une lettre à M. de La Broue. « 11 lui conseille de donner au public ses Lettres pastorales aux nouveaux catholiques de son diocèse, qu'il avait envoyées à M. de Meaux pour les lire ; il ajoute qu'il ne songe pas à imprimer son grand ouvrage contre Simon, parce qu'il y a des choses, comme tout le traité du péché originel, qui ne conviennent pas à présent ; mais qu'il pense fort à en tirer tout ce qui regarde saint Augustin, pour en faire une nouvelle Inslruction pastorale, où il veut faire voir que saint Augustin n'a rien changé dans la doctrine des anciens, et même des Grecs, sur la grâce. » Çlbld., p. 21 et 22.)

— 21 novembre. — « M. l'abbé Bossuet écrit à M. de Meaux avec des assurances de grand respect. » (Ibid., p. 25.)

— 22 novembre. — Bossuet a dicté plusieurs lettres pour son diocèse (^Ibid.).

— 24 novembre. — « M. de Meaux a écrit de Paris à Mme de Mainlenon, par un exprès, à Versailles, pour le bon succès des armes du Roi, la prise de Landau et la bataille qui l'a précédée. Je lui proposais d'ajouter un mot sur le sujet d'une personne qui lui avait demandé sa protection : « Non, dit-il ; j'écrirai exprès en un autre temps. Aujourd'hui, il faut que j'écrive pour moi. » (//>ài.)

— 25 novembre. — Le 26, à Paris, « M. de Meaux a reçu par la poste une lettre de la main de Mme de Maintenon, qu'il m'a donnée à lire : elle n'a que huit lignes et commence : a J'ai bien de la joie de votre santé » (A/., p. 26).

— 9 décembre. — A Paris, « M. de Meaux a écrit de sa main à M. le duc de Beauvillier pour le prier de faire ses compliments à Mgr le duc de Bourgogne sur ses victoires et sur la grossesse de Mme de Bourgogne, ne pouvant, à cause de la mauvaise saison, aller lui-même s'acquitter de ce devoir.

LETTRES PERDUES. 44l

« Il a écrit à même fin à M. d'Estanchaud ^", secrétaire des commandements de Mgr le Dauphin, le priant de lire sa lettre au prince, pour qui il marque de 1res grands respects, beaucoup d'affection et de confiance » (Jhid., p. 3o}.

— 22 (?) décembre. — Le ao, Bossuet reçoit de Meaux des lettres de M. l'abbé Bossuet avec mille protestations de respect » (Jhid., p. S/).

1704, 9 février. — Le mandement portant permission de manger des œufs pendant le carême a été envoyé à Meaux par un exprès pour y être publié le lendemain, dimanche. Cette permission « durera jusqu'au dimanche de la Passion exclusivement, à l'exception des vendredis et samedis, et à la réserve aussi du clergé séculier et régulier, qui demeurera dans l'observance rigoureuse » (Ibid., p. 64).

— i8 février. — Bossuet reçoit une lettre de l'archevêque de Reims, écrite de Versailles. Elle lui apprend que, la veille, le Roi jugeant l'affaire pendante entre l'archevêque et M. de La Reynie au sujet du décanat du conseil d'État, a donné raison à ce prélat (Jhid., p. 6g).

— ? février. — Mme de Maintenon a écrit à Bossuet pour lui demander la Relation sur le qaiédsme et la relation de cette affaire insérée dans les actes de l'assemblée de 1700. Bossuet « lui a fait une réponse de sa main, mais d'une si mauvaise écriture qu'il ne l'a pas envoyée, et n'ayant pas le courage d'en faire une autre, il a chargé M. l'abbé Bossuet d'envoyer à Versailles, le paquet des deux livres, qui m'ont été apportés aujourd'hui reliés en beau maroquin du Levant, aux armes de Mme de Maintenon » (Ihid., p. 73).

27. Gabriel d'Estancheau, né en i648, avait d'abord été secrétaire de Montausier, qui le plaça auprès du Dauphin. Il avait épousé Catherine Cliarlotle Augis, dame du Plessis-Plassay, de qui il eut, outre deux filles, un fils nommé Louis, qui fut maître d'hôtel du Roi. Gabriel d'Estancheau mourut le 10 avril 1708 (Le Mercure, avril 1735, p. 827 ; Mémoires du marquis de Sourches, t. XI, p. .^q, 60, 63 et 64 ; Bibliothèque iSationale, Pièces originales et Dossiers bleus).

A ces lettres, il faut en ajouter d'autres, dont la date ne nous est pas connue, même approximativement.

Il faut, par exemple, regretter la perte des lettres échangées entre Bossuet et l'abbesse de Fontevrault. On lit, en elTet, dans la circulaire du i5 septembre I70:'i, envoyée à la mort de cette religieuse : « Vous avez conservé sans doute ses ordonnances... Plusieurs archevêques et évêques les recherchaient, et l'on sait que le grand évèque de Meaux lui-même en était singulièrement touché ; qu'il a écrit pour en avoir des exemplaires, et disait que c'était pour y apprendre à gouverner les religieuses de son diocèse. » (Cité par P. Clément, Une abbesse de Fontevrault, Paris, 1869, in-8, p. 333.)

Colomiès (Bibliothèque choisie, Paris, 1731, in-8, p. 120) regrette que l'édition des Œuvres du cardinal Bona ne contienne pas les lettres écrites par lui à Bossuet, alors évêque de Condom.

Nous savons (n. a. fr. 231 3/1, f° 92) que M. A. Floquet a eu en sa possession une lettre de Mme de Sablé à Bossuet, postérieure à celle que nous avons donnée à la date de septembre 1670 (t. I, p. 207).

Il faut regarder comme perdues à jamais les lettres écrites par Louis XIV à Bossuel, qui s'elTorçait de le détaclier de Mme de Montespan. Ledieu en parlait en ces termes dans une note autographe de 1700, faisant partie de la collection de l'eu Aimé Martin : « Le paquet des lettres originales écrites delà propre main du Roi à M. de Meaux, est à Meaux dans le bureau du prélat. » (Cité par A. Floquet, Dosxuel précepteur du Dauphin, p. 5oi.)

On doit aussi déplorer la perte des lettres de direction écrites par liossuet, durant une période de plus de quinze ans, à une religieuse de Coiilommiers, la Sœur Subtil de Saint-Antoine, et que la sœur aînée de celle-ci, qui lui survécut, livra aux flammes sur le conseil d'un confesseur trop scrupuleux (Voir la lettre de l'abbé de Saint-André rapportée par Dcforis, t. XII, p. Mv. Cf. notre t. III, p. 27S et 279).

La Bibliothèque de la ville de Strasbourg possédait des

lettres écrites par Bossuet à Obrecht ; mais elles ont été détruites pendant la guerre de 1870.

Il nous a été impossible de retrouver la trace des lettres échangées entre Bossuet et l'évêque anglican G. William Beveridge '-*, et que le Mercure (octobre 1709, p. 99 à loi) mentionne en ces termes : « Ce prélat avait eu de grandes relations avec feu M. l'évêque de Meaux, qui lui avait donné de justes éclaircissements pour les ouvrages qu'il composait. On pourra donner un jour le recueil de leurs lettres^' ».

a8. Guillaume Beveridge (1638-1708), docteur de Cambridge, évêque de Saint-Asaph, très versé dans les langues orientales et les antiquités ecclésiastiques. Il a publié : InstUiitionum chronologicarum libri quatuor, Londres, 1669, in-4 ; Pandeclœ canonum sanctorum Apostolorum et conciliorum ab Ecclesia grœca receptorum, Oxford, 1672, 3 vol. in-fol. ; Codex canonum Ecclesise primitivœ vindicatur, Londres, 1678, in-/(, etc. Le plus répandu de ses ouvrages a pour titre : Ecclesia anglicana Ecclesia calholica, or the Doctrine oj the Church oj England consonant to Scripture, reason and Fathers, 1716, in-8.

39. L'Inventaire sommaire des Archives de Seine-et-Marne, H 873, mentionne une requête adressée en 1702 à l'évêque de Meaux par l'abbesse de Jouarre contre les chapelains de son monastère. Or cette requête n'est pas de 1702, et elle est adressée, non à Bossuet, mais à Bissy.

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