Matth., xxviii, 18 ; Joan., xvii
Lettre 2204. — L. a. s. Brilisli Muséum, ms. 3i25i (Correspondence of Lord Lovât), 1'° 62. Publiée d'abord par Dom Lrsmer Berlière, dans la Revue bénédictine, i()00, p. 129.
I. Simon Fraser, lord Lovât, gentilliomme écossais, né en 1667. Tour à tour orangiste et jacobite, il eut une existence pleine d'aventares. Les accusations les plus graves pèsent sur sa mémoire, et on ne peut l'excuser du moins d'avoir mis au service d'une ambition démesurée les ressources d'un esprit artificieux et sans scrupules. Venu en France, il gagna la confiance de la cour de Saint-(u'rmain et se convertit au catholicisme, mais le reste de sa conduite laisse planer un doute sur la sincérité de sa conversion. Louis XIV le fit enfermer au château d'.\ngouléme, puis interner ù Saumur. (On ne trouve pas
janv. i7o3J DE BOSSUET. 45
ce billet à V. G. m'a été adressé par Milord duc de Perth^, qui m'a ordonné de prier V. G. d'avoir la bonté de l'entendre sur quelques difficultés qu'il a à vous proposer touchant l'Église catholique, à laquelle il souhaite de se réunir, car il est né protestant. Il a lu votre Exposition sur la foi, qui l'a fort ébranlé. Je ne doute pas qu'avec la grâce de N.-S., vous n'acheviez l'ouvrage de sa conversion, lorsqu'il aura eu l'honneur de recevoir vos éclaircissements de vive voix. C'est la grâce que je demande pour lui à V. G.
J'ai lu avec une satisfaction indicible votre première Instruction^ ; Milord Perth souhaite fort de la lire, mais il ne l'a pas encore. On dit que M. Simon y a déjà répondu et qu'il a eu communication des feuilles à mesure qu'elles s'imprimaient. Ce serait un miracle si un homme de son caractère se taisait et se soumettait. Dieu veuille lui inspirer ce sentiment, et à tous ses partisans !
Je prie N.-S. de conserver V. G. pour le bien de l'Église
trace de son passage à la Bastille ; il n'y a donc pas lieu de croire qu'il ait été, comme on le dit, mis dans cette prison, d'où il ne serait sorti qu'après avoir manifesté l'intention de se faire prêtre, ni qu'il ait été curé à Saint-Omer, ou même novice chez les Jésuites). Il retourna en son pays, y vécut en grand seigneur dévoué en apparence au roi George €t servant de ses intrigues secrètes la cause de Jacques III. A la fin, il fut déclaré coupable de trahison et condamné au dernier supplice. Il mourut du moins courageusement le 20 avril 17^7, à l'âge de quatre-vingts ans. (Voir la Biographie Michaud, t. XXV ; la National Biography, t. XX ; les papiers de Renaudot, à la Bibl. Nationale, n. a. fr. 7^92, f"' iSS-igo ; Poster, Memoirs of the life of lord Lovât, Londres, 1746, in-8, trad. française, Amsterdam, 17(^7, in-8 ; Memoirs of the life of Simon lord Lovât wriilcn hy himself, Londres, 1797, in-8 ; Hill Burton, Lives of lord Sim. Lovât and Duncan Forbes of Culloden, Londres, i846, in-8 ; History of Scolland. from the Révolution ta the extinction of the last Jacobite insurrection, Londres, i853, a vol. in-8.
3. Milord Perth était en relations d'amitié avec Mabilion, et deux lettres de lui sont conservées dans la Correspondance du savant bénédictin (Nationale, fr. 17 681, f»» 3o et 82).
3. Instructions sur la version du Nouveau Testament imprimée à Trévoux, Paris, 1702, in-i2.
46 CORRESPONDANCE ijanv. 1703
et pour la délense de la vérité, que vous soutenez avec tant de vigueur et de dignité.
Je suis avec un profond respect, aussi bien que D. Thierry*, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Fr. Jean Mabillon, M. B.
Ce 6 de 1708.
2205. A MlLORD PehTH.
A Versailles, 6 janvier 1703.
Milord, je prends la liberté de vous envoyer le livre que j'ai été obligé de composer contre le Nouveau Testament de Trévoux'. Je ne vous en dirai point les raisons, que le livre vous fera connaître. Mais, Milord, j'ai une grâce à vous demander; c'est de vouloir bien me faire l'honneur de présenter en mon nom à Leurs Majestés^ ce présent indigne d'eux, mais que j'ose leur offrir avec un dévouement parfait. J'espérais en vérité pouvoir leur aller faire ma cour, et je différais dans cette espérance ; mais on ne croit pas que ma santé le permette ; vous suppléerez à tout par vos bontés. Je vous supplie de me faire encore la grâce de faire agréer un de ces livres à M. le duc de Barwic', l'autre à M. de Midle-