Sur Uerwick, voir notre tome XI, p. 2y
janv. 1708] DE BOSSUET. ^7
ton*, dont la conversion et les bons exemples édifient et réjouissent toute l'Eglise'. Vous seul pouvez faire valoir un si petit présent^ Conservez-moi cette pré-
4. Charles, deuxième comte de Middleton, secrétaire d'Etat d'Ecosse en 1672, puis d'Angleterre en i68ii, avait vécu dans la retraite après l'avènement de Guillaume d'Orange. Il était venu, en l6g3, rejoindre Jacques II à Saint-Germain, et n'avait pas tardé à supplanter dans les conseils de ce prince et à remplacer comme premier ministre lord Melfort, frère de railord Pertli. Il fut ensuite créé comte de Monmouth et pair de la Grande-Bretagne. Après la mort de Jacques II, il conserva la confiance de la reine Marie d'Esté, qui le chargea d'accompagner le prétendant Jacques III dans l'expédition qu'il tenta en Ecosse, en 17 t6, pour recouvrer le trône de son père. Middleton fut soupçonné d'avoir fait échouer cette entreprise en fournissant des renseignements aux orangistes ; il conserva néanmoins son crédit à la cour de Saint-Germain jusqu'à sa mort (8 août 17 19). Il fut inhumé dans l'église paroissiale de Saint-Germain. Sa femme, Catherine Brudenell, fille du comte de Cardigan, fut dame d'honneur de la reine d'Angleterre et mourut le 11 mars 1743, dans sa quatre-vingt-quinzième année (Saint-Simon, t. XII et XV; Ravaisson, Archives de la Bastille, t. IX, p. 4o4 et 453; t. X, p. iio; J. Dulon, Jacques II Stuart à Saint-Germain-en-Laye, Saint-Germain, 1897, in-12).
5. Middleton avait abjuré le 17 août 1702. Sa femme était déjà catholique (Dangeau, Journal, t. VIII, p. 48o ; Sourches, t. XI, p. 56). Saint-Simon ne vit pas cette conver.'ion du même œil que Bossuet. D'après lui, Middleton était athée ou tout au moins déiste ; lui et sa femme « avaient de l'esprit et de l'intrigue comme deux démons ». « Quelques mois après la mort de Jacques, il fut un matin trouver la Reine, et comme éperdu lui conta que le prince lui avait apparu la nuit, lui déclara avec grande effusion de cœur qu'il devait son salut à ses prières et protesta qu'il était catholique. La Reine fut assez crédule pour s'abandonner au transport de sa joie. Middleton fit une retraite, qu'il termina par son abjuration, se mit dans la grande dévotion et à fréquenter les sacrements : la confiance de la Reine en lui n'eut plus de bornes ; il gouverna tout à Saint-Germain... Quand il se vit pleinement ancré, il quitta peu à peu la dévotion, et peu à peu reprit son premier genre de vie, sans que son crédit en reçût de diminution. » (t. XV, p. 4 16-4 18 ; cf. t. XII, p. 448 à 45o).
6. Ce présent fut bien accueilli. Ledieu avait conservé la lettre écrite à cette occasion par milord Perth, tant en son nom qu'en celui du roi et de la reine (Ledieu, t. II, p. 365) ; mais elle n'est point venue jusqu'à nous.
48 CORRESPONDANCE [janv. 1703
cieuse amitié, et croyez qu'on ne peut être avec plus de respect et d'attachement, Milord, votre très humble et très obéissant serviteur.
J. Bénigne, é. de Meaux.
2206. — Nicolas Payen a Bossuet.
Pflonseigneur, j'ai pensé que je ferais plus sagement de me soumettre au choix que vous avez fait pour mon fils de la maison de Notre-Dame-des- Vertus* que de m'attachera suivre mon propre sens^. Vous savez mieux ce qui lui convient, et je dois me donner de garde de moi-même et de la douleur extrême que cette séparation me cause et me donnera à mesure que le temps du sacrifice sera proche.
Je suis avec beaucoup de respect, Monseigneur, votre...
A Meaux, ce 34 janvier 1708.
Lettre 2206. — Publiée par M. A. Gasté, d'après le recueil de
Nicolas Payen (Deux lettres, p. 5o).
1. Notre-Dame-des-Vertus, ou Aiibervilliers, daus la banlieue de Paris. Une statue de la Vierge dans l'é{i;lise d'Aubervilliers devint très célèbre en i338 par des miracles si éclatants et si nombreux qu'on donna à ce lieu le nom de Notre-Dame-des-Vertus, c'est-à-dire des miracles. L'histoire en a été écrite en vers français, qu'on peut lire dans Du Breul, Théâtre des Antiquités de Paris, p. 10/12-1047. ^®* Parisiens avaient çriinde dévotion à ce sanctuaire. En iSag, dans une procession, on y port;i tant de torches et de flambeaux que les g-ens de Montlhéry crurent que Paris était en feu. Pour avoir à Aubervilliers un clergé nombreux, en rapport avec le grand concours des pèlerins, on donna la cure aux prêtres de l'Oratoire, qui y firent un établissement très florissant.
2. Nicolas Payen, comme on l'a vu, p. 34, avait d'abord songé pour son fils à la maison de Haroy.
fév. 1703] DE BOSSUET. 49
2207. A M""* DE LUSANCY
ET A PLUSIEURS RELIGIEUSES DE JoUARRE.
A Paris, 10 février 1708.
Je n'ai, mes Filles, aucune bonne raison à vous dire de mon long silence. Il est vrai, beaucoup d'affaires : mais il fallait trouver du temps pour m'acquitter de mon devoir, surtout au sujet de la sainte agape, qui, par toutes ses excellentes qualités, méritait tant de remercîments. Ma reconnaissance a été sincère et mon cœur plein d'affection ; mais la parole et l'écriture ne devait pas manquer. Pardon, mes Filles, et assurez-vous que vous ne verrez plus de telles fautes.
2208. — Robert Nelson a Bossuet.
Monseigneur,
Vous voulez bien que, pour profiter de l'occasion qui se présente du R. P. Fontanée ' , je prenne la liberté de vous écrire pour vous assurer de mes très humbles respects et vous prier en même temps de me conserver toujours quelque place dans l'honneur de votre amitié. Il y a huit mois que je vous ai envoyé les ouvrages du D' Bull, nouvellement imprimés tous ensemble : l'auteur a si peu de santé que M. Grabe^ a
Lettre 2201. — Réponse aux vœux de boaue année accompagnés sans doute d'étrennes.
Lettre 2208. — Lettre publit^e par Deforis, omise dans les éditions postérieures. Sur Nelson, voir t. V, p. 876 ; sur G. Bull, t. III, p. 455, et t. XII, p. 322.