‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 35 sur 211 · Copies, exemplaires · texte numérisé non relu

Copies, exemplaires

lOO CORRESPONDANCE [août 1708

Milord, votre très humble et très obéissant serviteur \

A Versailles, 16 août 1708.

22S1. — A Claude Le Peletieu.

A Versailles, le 21 août 1703.

Je vous assure, Monsieur, que je n'ai ni chargé ni favorisé Grotius*. Je sais les sentiments ou plutôt les vœux de M. Bignon ^ et les prières de deux savants

3. Moins d'un mois après, le i^ septembre, Milord Perth perdit l'un de ses fils, Guilliiume Drummond, àgt^ de seize ans et demi, mort à Saint-Germain dans les sentiments d'une piét^ peu commune (Voir le Mercure, septembre 1708, p. 97 et suiv., 399 et suiv.).

Lettre 2231. — Inédite. L. de l'écriture de Ledieu ; la signature seule est de la main de Bossuet. Arciiives de M. le Marquis Le Peletier de Rosambo, au Mesnil (Seine-et-Oise).

1. Allusion à la conclusion de la dissertation mise par Bossuet en tête de sa seconde instruction sur le Nouveau Testament de Trévoux (p. cxxvi à cxxx), où on lit au sujet de Grotius les lignes suivantes . « ...Je ne sais plus, après cet aveu, ce qui l'empèclia de se faire catholique, si ce n'est que, peu fidèle à la grâce qui le remplissait de lumière, il n'acheva pas l'œuvre de Dieu... Nous nous verrons forcés à déplorer de plus en plus que Grotius, un homme d'une étude infatigable, savant, judicieux môme jusqu'à un certain degré, et, ce qu'il avait de meilleur, qui paraissait de bonne foi, soit devenu un lacet à la maison d'Israël, et ses livres un écueil fameux par le naufrage de ceux <^ qui l'appas de la nouveauté et l'envie de se distinguer par ses propres inventions, a fait perdre le goût de la tradition des Pères et de l'antiquité ecclésiastique. »

2. C'est le célèbre avocat général Jérôme Bignon (lôSg-iÔSG), ami de Grotius, qui lui avait, dit-on, promis de se faire ouvertement catholique et qui lui dédia son traité De vrrilale religionis chrisiian.r (Leyde, it)27, in-ia). l ne traduction de cet ouvrage fut aussi dédiée à ce magistrat par Mézeray (Paris, s. d. [i654], in-8).

août 1708] DE BOSSUET. lOl

jésuites* sur le sujet de cet auteur; mais je me suis contenté de rapporter ses paroles, lesquelles n'ayant été suivies d'aucune profession de foi, je demeure en suspens et laisse la cause indécise jusqu'au jour du jugement*.

La peine que j'ai à aller et venir me fait souvent demeurer plus que je ne voudrais à la Cour et m'empêche de trouver ces doux entretiens que j'ai toujours trouvés auprès de vous ^

3. Lorsqu'il apprit la mort de Grotius, le P. Petau, le croyant catholique dans l'âme, dit la messe pour lui, et dans la notice qu'il a consacrée à son savant confrère dans le tome XXXVII des Mémoires de Niceron, le P. Oudin assure que la tradition de ce fait s'estconservée chez les jésuites de Paris. L'autre jésuite dont parle Bossuet doit être le P. Philippe Briet(i 601- 1668), qui, dans ses Annales mundi (^ad annutn i6/j5) écrit : « Obiit hoc anno Litteratorum decus et gloria, Hugo Grotius, cui inter catholicos moriendi voluntas non defuit, sed facultas. Is eiiim illam ipsam quam lenemus. anima {ut mihi fassus est) projitebatur jïdem.

4. Mal vu des luthériens et des calvinistes, Grotius a été accusé lantôt de papisme et tantôt de socinianlsme. Le récit de sa mort fail par Aubery du Maurier (^Mémoires pour servir à l'histoire de la république des Provinces-Unies, édit. Amelot de La Houssaye, Londres 1754, 2 vol. in-i2, t. II, p. 336) tend à faire passer ce grand homme pour indifférent en matière de relig-ion ; mais Bayle (art. Grotius) prouve que ce récit doit être relégué parmi les fables, et il renvoie à la relation publiée par le ministre luthérien Jean Quistorp, qui assista Grotius à ses derniers moments : elle se trouve dans les Prsestantium ac eruditorum virorum epistolœ ecclesiasticœ ettheologicœ. Amsterdam, i684, infol.,p. 838. On peut voir aussi les réflexions de Burlgny, dans sa Vie de Grotius, Paris, 1702, 2 vol. in-12, t. II, et celles du P. Anastase de Picpuce, dans son Histoire du socinianisme, Paris, 1728, in-4, p. 533 et suiv. — Notons enfin le sentiment de R. Simon : « Si nous en croyons, dit-il, le P. Petau, M. Arnauld et quelques autres savants hommes de notre communion, Grotius avait eu dessein de faire profession publique de la religion catholique. Quelques protestants même ont dit de lui : Grotius papizans. Mais il me paraît, tant par ses ouvrages que par ce que j'en ai pu apprendre de ses amis, que sa catholicité était fort vague. Il avait fait une religion à sa manière, et il lui donnait le nom de croyance véritablement apostolique. » (^Lettres, t. I, p. 20).

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