‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 34 sur 211 · Celle du 22 février contre le Cas · texte numérisé non relu

Celle du 22 février contre le Cas

4- Revenant sur l'affaire de l'abbé Gouet, Bossuet disait que Tarchevêqiie et l'évèque de Chartres étaient trop heureux qu'il s'en fût mêlé, et que sans lui, ces prélats, qui s'entendaient « comme chien et chai », ne se seraient jamais accordés (Ledieu, t. II, p. /i6i).

gô CORRESPONDANCE [juin 1708

2226. — Le (^omte de Pontchartrain a Bossuet.

[juin 1708].

J'ai rendu compte au Roi du mémoire dont vous avez pris la peine de m'écrire concernant le curé d'Ussy •, et S. M. n'a pas hésité un moment à faire expédier un ordre pour le faire sortir de sa cure. Comme vous ne marquez point de lieu où vous désirez qu'il soit envoyé, j'ai seulement inséré dans l'ordre qu'il sera obligé de s'éloigner de trente lieues de sa cure, et je l'envoie à M. Phélypeaux - pour le faire exécuter dans le temps et en la manière que vous le désirerez.

Je suis, etc.

2327. — Nicolas Payen a Bossuet.

Monseigneur, je ne vous cèlerai point que le nouveau dessein de mon fils' m'a extrêmement surpris. Je n'ai point de

Lettre 2226. — Inédite. Archives Nationales, G» 364, f** iSg; Bibliothèque Nationale, Clairnnibault 697, p. 718. Copies.

I. La copie des Archives porte à tort : Assy. — Ussy-sur-Marne, autrefois du doyenné de Gandelu, aujourd'hui d;ins le canton de La Ferté-sous-Jouarre. Le curé était Adrien Pappin, qui peu de temps après avoir été ordonné prêtre, avait succédé, au mois d'avril 1G88, A son oncle, Louis Pappin devenu chanoine d'Oissery. Ses démêlés arec son évéque, dont nous ignorons la cnuse, remontaient h l'année 1699. Privé de sa cure par l'offîcialité de Meaux. il en appela h l'officialité de Paris et au Parlement. Sans attendre le règlement définitif de l'affaire par les différentes juridictions, soit ecclésiastiques, soit laïques, liossuet sollicita contre le curé rebelle une lettre de cachet (Ledieu, t. II, p. 4, 276 et 45o). — On trouve dans la Revue Bossuet du 25 décembre 1907, p. l35, la trace d'une transaction intervenue entre les religieux de Rebais et le curé d'Ussy, le ag avril 1688, en présence de l'évéque de Meaux.

3. Intendant de la généralité de Paris, de iGgoà 170g (Cf. t. XIII, p. ao3).

Lettre 2221. — Publiée par M. A. Caste (^Dcux lettres inédites. p. 5o), d'après le recueil de Nicolas l'ayen.

I. Il voulait sans doute quitter l'Oratoire pour le clergé séculier.

juin 1708] DE BOSSUET. g-y

goût pour le changement; je me défie de toutes les nouveautés; l'oisiveté est la chose du monde que je crains le plus. Je ne puis souffrir un homme à simple tonsure^ qui passe toute sa vie dans la mollesse et l'inutilité. Il faut être bon à quelque chose dans le monde où nous sommes, et, en servant Dieu, servir à son prochain. L'homme est fait exprès pour le travail; il n'y a point d'état qui l'en dispense : sans un emploi nécessaire et continuel, je compte pour peu de chose une fainéante dévotion. On s'en lasse bientôt ; le plus parfait s'ennuie, il devient à lui-même un fardeau insupportable et tombe dans la défaillance, si, de temps en temps, par les devoirs de sa condition, il n'est remis sur les voies. Je vous représente, Monseigneur, ce que je pense et ce que je crains ; au surplus, pour n'en pas compter devant Dieu, je me soumets à tout ce qu'il vous plaira : je suivrai religieusement ce que vous ordonnerez à mon fils de faire. Je suis avec un profond respect...

Ce 17 juin 1708.

2228. — Le Comte de Pontchartrain a Bossuet.

2^ juin 1708.

J'ai expédié, suivant votre désir, un autre ordre* pour obliger le curé d'Ussy à se rendre à Toul, et je l'adresse à M. Phélypeaux afin de le faire exécuter 2. Je suis, etc.

2. Le fils de Nicolas Payen ne s'en tint pas à la simple tonsure ; il fut ordonné prêtre en 1709.

Lettre 2228. — Inédite. Archives Nationales, O* 364, fo 17 t v». Bibliothèque Nationale, Clairambault 697, p. 788. Copies. I. Voir p. 96.

3. On trouve dans le journal de Ledieu (t. II, p. 45o) quelques renseignements relatifs à cette seconde lettre de cachet, dont l'exécution fut confiée par l'Intendant à Nicolas Payen, lieutenant général de Meaux. Bossuet a sollicité cet ordre d'exil « pour fatiguer ce malheureux chicaneur qui désole sa paroisse, qui est condamné à quitter sa

gg CORRESPONDANCE fjuill. 170$

2329. — Le Comte de Pontchartrain a Bossuet.

7* juillet 1703.

J'ai expédié l'ordre que vous demandez pour l'aire enfercure dans six mois par sentences des officialités de Meaux et de Paris et qui en est appelant comme d'abus à la Grand'chambre, et à Lyon par appel simple. Cependant M. de Meaux ne veut pas qu'on dise qu'il a demandt' et obtenu cette lettre, comme si d'autres que lui avaient intt'rèt de chasser ce curé. Aussi est-il vrai qu'il a sollicité le P. de La Chaise, à Versailles, dès le samedi avant la Pentecôte, d'en parler au Roi ; et étant depuis de retour à Paris, il lui a envoyé le mémoire de cette affaire, qui a été renvoyée à M. de Pontchartrain pour l'exécution, et j'ai tu la lettre du P. de La Chaise par laquelle il lui en donne avis; mais il sent bien que cette voie est odieuse, et après avoir passé sa vie dans la réputation de beaucoup de douceur, il craint, ce qu'il ne pourra éviter, d'ôtre accusé de dureté et d'injustice par ses curés. « A la mort de Bossuet, Pappin crut le moment venu de faire cesser son exil. M. de Bissy, alors évèque de Toul, lui avait téraoig'iié de la bienveillance et l'avait autorisé à dire la messe ; Pappin obtint de ce prélat la permission de quitter Toul et d'aller à la Cour solliciter son rappel. Mais, après en avoir conféré avec l'oFRcial de Meaux, M. de Bissy, qui, dans l'intervalle, avait été donné pour successeur à Bossuet, changea de dispositions A l'ég-ard de Pappin et, à son tour, demanda contre lui un nouvel ordre d'exil. C'est du moins ce que raconte l'ancien aumônier de M. de Bissy et ce que laisse supposer une lettre adressée ?» ce prélat le 3 décembre l'/ott par le secrétaire d'Etat. Le curé d'Ussy, y est-il dit, est venu h Versailles solliciter l'autorisation de rentrer dans sa cure; « mais, bien loin qu'elle lui soit accordée, je lui ferai dire demain que, s'il ne retourne promptement à Toul, il sera arrêté et mis en prison. Ainsi vous pouvez compter que, jusqu'à ce que vous soyez dans votre nouveau diocèse, il ne sera rien fait sur son sujet » (Archives Nationales, O' 365, F" a83 v). Pappin n'en continua pas moins ses poursuites devant le Parlement de Paris, et il ne fut irrévocablement privé de son bénéfice qu'en 1707; car c'est seulement alors que sa paroisse fut pourvue d'un nouveau titulaire, après avoir été jusque-là confiée à un administrateur provisoire (J.-B. Denis, Mémoires anecdotes de la cour et du clergé de France. Londres, 171a, in-8, p. 170 à 178; Ledieu, t. II, p. 270, et 111, p. 23(); Etat civil de la commune d'Ussy; Bibliotlièque Nationale, (>lairambault 700, p. laSg; 701 , p. 347 et 669 ; 7*^'') P- ^^) 478 et ,'479; 704, p. 1187 et 1459).

Lettre 2229. — Archives Nationales, O' 86/4, f" 188; Biblio-

août i7o3] DE BOSSUET. 99

mer à l'hôpital le nommé Baudouin et sa femme, mauvais catholiques de Fublaines*.

M. Phélypeaux m'écrit que cet ordre vous avait été accordé il y a un mois par le Roi, mais je n'en avais pas ouï parler. Il y a apparence que vous n'en aviez point donné de mémoire à S. M. Je suis, etc.

2280. A MlLORD PeBTH,

Milord,

Je prends la liberté de vous envoyer la seconde partie de l'ouvrage dont jai eu l'honneur de vous présenter le commencement' : je vous supplie de faire agréer ce présent à Leurs Maj estes . G est un faible hommage dont le dévouement de mon cœur relève le prix. Le reste des copies^ seront pour vous, Milord, et pour Madame la Duchesse, que je salue avec respect, et suis avec le même sentiment,

thèque Nationale, Clairambault 698, p. 85^. Publiée par M. Gh. Read (^Bossuet dévoilé, p. 87).

I. Fublaines, commune du canton de Meaux, paroisse détachée de Boutigny. Nicolas (al. Jean) Baudoin et Jeanne Denise, sa femme. Leur détention ne fut pas longue. En effet, le 28 décembre i^oS, ordre fut donné à M. Phélypeaux de les élargir: « Je vous envoie l'ordre du Roi pour faire sortir de l'hôpital Jean Baudouin et Jeanne Denise, sa femme, puisque vous trouvez qu'ils sont véritablement convertis. S. M. veut cependant que vous fassiez observer la conduite qu'ils tiendront lorsqu'ils seront retournés chez eux. » (O' 364, f° 827, et Clairambault, 698, p. i5o3).

Lettre 2230. — i. Seconde instrucUon sur les passages particuliers de la version du Nouveau Testament imprimée à Trévoux en l'année MDCCU. Paris, 1708, in-12 (Cf. Ledieu, t. II, p. 466).

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