S. Gyprian., Epist ad Cornel. [P. L. t. III, col
l58 CORRESPONDANCE [1704
Vérité pour en éclairer le monde et qu'il vous ait rendu le dépositaire de cette Verge toujours veillante ** sur sa Parole, pour empêcher que la moindre corruption ne l'altère. On admire en vous ce génie universel, aussi solide qu'agréable, enriclii de toutes les connaissances et orné de toutes les grâces ; qui joint une érudition profonde à une éloquence majestueuse ; qui, semblable à ces arbres que l'on voit chargés de fruits et couverts de fleurs, assaisonne d'un goût délicieux la manne des saintes Écritures partout semée dans vos écrits, et qui, après avoir converti dans sa substance ce volume sacré'' dont vous vous nourrissez depuis tant d'années, l'a rendu plus doux que le miel dans votre bouche, par le charme inexplicable avec lequel vous en expliquez les sentences.
Permettez-moi de vous le dire. Monseigneur, lorsque je vais puiser dans cette source publique, que votre accueil obligeant laisse toujours ouverte à une cour savante et polie qui vous environne, que je rappelle les nombreuses productions de votre esprit, dont les dernières ajoutent toujours un nouvel éclat à une réputation qui semblait ne pouvoir plus s'accroître, que je me représente ce consentement unanime des grands et du peuple à vous nommer l'Augustin de ce siècle, je suis saisi d'un mélange de vénération et d'amour auquel les marques augustes de votre dignité n'ont presque point de part ; Je ne puis trop révérer en vous un de ces hommes admirables que la Providence a suscités dans tous les siècles de l'Église pour accomplir par leur ministère la prophétie qui éternise sa durée ; Et quand je vous verrais, avec un mérite si rare, dans la dernière place de la maison du Seigneur, vous ne me paraîtriez guère moins grand que dans le lieu le plus éminent du chandelier, où vous brillez avec tant de gloire.
Après cela. Monseigneur, quand j'ose mettre votre nom à la tôle de cet ouvrage, ce n'est pas pour vous rendre un hommage que toutes les plumes consacrées à la Religion semblent vous devoir; mais j'ai voulu que votre idée présente à mon