‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie française (volume 2)Chapitre 77 sur 211 · Cf. t. IV, p. 70, et plus haut, p · texte numérisé non relu

Cf. t. IV, p. 70, et plus haut, p

4. Basnage ne parle d'aucun de ces troisauteurs. Lessouvenirs déjà lointains de l'abbé de Saint-André ont pu être inexacts sur ce point.

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différent de celui des Pères grecs, et que trois papes avaient adopté au concile d'Orange celui de saint Augustin ^ : variation, dit le ministre, qui justifie les protestants de tout ce que M. de ]\Ieaux a dit contre eux. C'est ce qui obligea ce savant évêque à faire l'ouvrage dont je parle, par lequel il concilie les Pères grecs avec les latins. Il m'a fait l'honneur de me confier son ouvrage pendant trois mois, en 1699, et je me souviens toujours d'un endroit important où, appuyant sur la doctrine de saint Augustin, il dit en parenthèse ces propres mots : « // n'est pas question ici des excès dans lesquels est tombé Jansénius^. »

Trois ans après, c'est-à-dire en i-^oa que le Cas de conscience parut, le prélat, après l'avoir lu, dit hautement : « Celui qui a fait cet écrit est un fourbe ou un ignorant, qui n'entend pas ce qu'il dit » ; ce qui fut relevé par les jansénistes avec une aigreur étonnante, en disant partout qu'à la vérité, M. de Meaux était un grand controversiste, mais qu'il n'avait appris la théologie que par un cornet, faisant allusion au fameux M. Cornet, à qui on attribuait l'extrait des Cinq propositions. Tout le monde sait les mouvements que se donna ce grand prélat pour faire dessigner les quarante docteurs, et il réussit, à l'exception de M. Petitpied.

J'ajouterai à ceque je viens de dire un trait qui fait honneur à M. de Meaux. Nous étions quatre ou cinq avec lui, et entre autres le P. deRiberolles'', supérieur de son séminaire et depuis général de Sainte-Geneviève. Nous parlions de ce malheureux cas de conscience. Le prélat nous dit ces propres paroles : Je vois. Messieurs, une nuée noire et épaisse qui se lève dans le ciel de rÉglise, quon aura bien de la peine à dissiper. La prédiction ne s'est que trop vérifiée et, s'il avait vécu jusqu'à nos jours, je suis persuadé qu'il serait tombé à plomb sur les contredisants.

5. Voir Bossiiet, Défense de la tradition et des saints Pères, I. V, cil. XVII, édil. Lîichal, t. IV, p. 191.

6. « Liiissons Juns/'iiius iivec ses excès, dont il ne s'agit pas en cet endroit » (Bossiiet, Défense de la tradition et des saints Pères, partie I, livre I, cliap. v).

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