‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 116 sur 224 · Voir p. 169, 180 et · texte numérisé non relu

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seulement par ordre des évêques, mais encore pour avoir un prétexte de rester à Rome, d'attendre un conclave et l'année sainte2. Cela est pitoyable; mais je n'en puis douter: c'est M. Poussin, son secrétaire, qui me l'a dit pour me montrer la malignité de cette Éminence. Je ne veux pas seulement me défendre là-dessus, ni me justifier; car les actions parlent, et j'ose dire que, sans moi, le rapport des qualificateurs n'aurait peut-être pas été fini de six mois. A présent, que l'on voit la santé du Pape affermie et qu'on craint qu'on ne frappe fort, on voudrait pouvoir éviter le coup qu'on redoute, en précipitant. On appréhende encore les approches de l'ambassadeur, quelque semblant qu'on fasse de ne pas s'en inquiéter3. Il serait bien à souhaiter qu'il fût ici à l'heure qu'il est; et quoique les vœux se forment présentement, et que les résolutions seront prises vraisemblablement avant le mois de décembre, son arrivée ne pourrait que beaucoup servir à la finale conclusion. Je suis assuré que sa présence fortifierait nos vieillards4, qui ne laissent pas d'avoir peur et de ne croire qu'à ce qu'ils voient. Le bon cardinal Casanatc m'a dit ce matin : « Mais que n'envoie-t-il toujours son majordome? Que n'arrête-t-il un palais? » J'ai pris la liberté de l'assurer là-dessus que j'étais persuadé qu'il logerait plutôt en chambre garnie que de ne pas venir. M. le cardinal de Bouillon fait bien valoir l'assurance qu'il a, dit-il, de rester chargé des affaires du Roi, et que l'ambassadeur aura ordre de suivre ses avis 3 en tout : ce serait pis que protec-

2. U année sainte (1700), celle où l'on célébrerait le grand jubilé (le quinzième ordinaire). Cette cérémonie devait avoir son ouverture à Noël de l'année 169g. Le cardinal de Bouillon, dit Saint-Simon, t. VII, p. 4, « eut le plaisir d'ouvrir la porte sainte du grand jubilé du renouvellement du siècle, par l'infirmité du cardinal Cibo, doyen. Il en fit frapper des médailles et faire des estampes et des tableaux ».

3. Tous n'étaient pas de cet avis. « Toutes les apparences sont que M. de Monaco a été proposé par M. le cardinal de Bouillon, qui est son ami et de toute sa famille » (Le cardinal Le Camus à Maille, 20 septembre 1698. Affaires étrangères, Rome, t. 38g, fu i33; cf. p. i46et ig5).

[\. Les cardinaux de la commission.

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