‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 117 sur 224 · L'autographe de la collection E. Levesque commence ici · texte numérisé non relu

L'autographe de la collection E. Levesque commence ici

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leur6, si cela était au pied de la lettre. Je comprends bien qu'il n'en aura peut-être que le nom, mais il le fait bien valoir ; et avant qu'on ait ici démêlé le fond, cela fait son effet.

Les cardinaux ne perdent pas un moment de temps : ils se plaignent de n'avoir pas encore tous les vœux des qualificateurs. Le P. Gabrielli n'a donné que jusqu'à la vingt-septième proposition; le sacriste n'a encore rien donné. Les vœux des cinq qualificateurs contraires au livre sont très courts, très nets; les autres sont d'une longueur affectée et farcie d'autorités des mystiques. Les cardinaux bien intentionnés ont eu si peur de la cabale, qu'ils se sont opposés à tout ce qu'on pouvait proposer qui pouvait donner lieu à allonger et à mettre l'affaire en compromis7. Ils n'ont point voulu, malgré la division, nommer d'autres théologiens, ni même les consulteurs, craignant encore quelque coup de la cabale, pas même pour réduire les vœux. Ils ont mieux aimé avoir plus de peine et le faire chacun en particulier, et ainsi être sûrs de ceux qu'ils emploieraient. Tout considéré, c'est le meilleur parti, et c'est signe qu'ils veulent bien faire, car ils voient bien à présent que, s'ils faisaient quelque chose de faible, tout le déshonneur en tomberait sur eux, et de même, s'ils font bien, qu'ils en auront toute la gloire. H y a quatre mois que je ne travaille qu'à les piquer d'honneur là-dessus, tant qu'il m'a été possible. Ils sont persuadés de la cabale mieux que moi, et sont très fâchés de l'adjonction, qui a fait tout le mal et met l'Église en péril.

Mon espérance de la réussite de cette affaire à l'honneur de l'Église, du Roi et des évoques est fondée premièrement sur la bonté de la cause, mais encore en particulier pour chaque cardinal, sur ce que j'ai une liaison secrète et sûre avec ceux que les cardinaux consultent et qui feront les vœux ; celui de Marescotti,ceux de Carpegna, de Panciatici et d'Ottoboni. Reste le cardinal Spada, qui, je pense, suivra les cardinaux

6. Ce serait pis que s'il était protecteur des affaires de France. Voir plus haut, p. 1^6 et i!\~.

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