‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 134 sur 224 · Nous ignorons quel fut cet « innocent artifice · texte numérisé non relu

Nous ignorons quel fut cet « innocent artifice

252 CORRESPONDANCE [oct. 1698

en particulier sollicité très fortement, s'est trouvé être un fripon. Le Pape et le cardinal Pancialici ont été trompés par deux attestations accordées à cet homme, l'une par M. de Cambrai, l'autre par M. de Tournay : je ne sais ce qui en arrivera 7.

Je suis persuadé que le cardinal de Bouillon sera frustré dans ses espérances, et qu'il a de faux amis dans la Congrégation du Saint Office. Le nouvel ambassadeur en a ici de pareils, qui ne cherchent qu'à le décrier : le premier est le cardinal de Bouillon.

Je viens dans le moment de recevoir la réponse à M. de Chartres ; je l'ai lue en courant : elle me paraît assez insolente; c'est un homme qui dit impudemment tout ce qu'il veut. Votre Réponse est attendue ici comme l'était la Relation.

Envoyez-moi, si vous le jugez à propos, un modèle d'instruction qu'on pourrait mettre dans la bulle, qui soit net et précis : nous pourrions le faire servir dans l'occasion.

Qui voulez-vous désigner par celui auquel vous ne vous fiez plus, et qui m'avait donné de si belles paroles8?

Les notes que M. de Paris a mises à la marge de la Réponse de M. de Cambrai sont très faibles. Pour s'excuser d'avoir approuvé l'intérêt propre9, il dit qu'il entendait par ce mot la joie sensible, le contentement sensible même du salut, qu'on peut sacrifier. Nous sommes convenus en secret, le P. Roslet10 et moi, de n'en faire aucun usage.

La Quxslaincala sur les actes commandés par la charité est

7. Voir plus haut, p. 182 et l83, et aux Affaires étrangères, Rome, t. 4oo, f° 172. Bouillon s'entremit alors pour faire donner le canonicat et le doyenné à un parent de Mme de Pomponne, tout en réservant une pension pour le sieur Corroyer (Dépêche du 24 février 169g, dans la Correspondance de Fénelon. t. X, p. 3o~~).

8. D'après une note de Bossuet sur l'autographe, il s'agissait de Zeccadoro. Cf. plus loin, p. 281.

g. Tel que l'entendait Fénelon (OEuvres, t. V, p. 466). Bossuet reconnaissait (cf. p. 293) que, par là, Noailles accordait à M. de Cambrai ce qu'il voulait.

10. Cf. l'entretien de Roslet et de Chantérac (Corrcsp. de Fénelon, t. X, p. 21).

oct. i' DE BOSSUET. 253

très bonne et 1res précise : elle fait bien voir l'illusion du cinquième état.

Je nie porte bien. Dieu merci. M. Cbasot me fait un sensible plaisir de m assurer que votre santé est aussi bonne que jamais, malgré le travail.

J'enverrai à Florence par le premier courrier les livres que M. l'abbé Régnier désire qu'on y fasse passer11. Sa traduction est ici très estimée : beaucoup de gens ne peuvent croire que ce soit un Français qui l'ait faite. J'en ai donné à tous les cardinaux et j'en distribue dans toute l'Italie. Il serait bon que M. Anisson en envoyât un grand nombre à Venise et à Gênes.

1793. — A Antoine de Noailles.

A Fontainebleau, 2G octobre 1698.

Voire lettre à M. le nonce a tout expliqué, mon cher Seigneur : il écrira de manière qu'on aura tout sujet d'en être content. Il prend tout du bon côté, et un ministre du Pape, de cette humeur et de cet esprit, aide beaucoup aux affaires.

J'aurai bien de la joie de voir l'écrit1, et je vous rends grâces de l'ordre que vous avez donné de me l'envoyer. Nous avons désabusé M. le nonce du bruit répandu de Salamanque2. Si vous êtes content

n. Des exemplaires de sa version italienne de la Relation sur le quiêtisme.

Lettre 1193. — L. a. s. Collection H. de Rothschild.

1. L ne censure du livre de Fénelon, souscrite par des docteurs de la Sorbonne, et de laquelle il sera parlé à plusieurs reprises.

a. Le bruit avait couru, même à Rome, que IL niversité de Salamanque approuvait la doctrine de Fénelon (Gazette de La Haye, n° 8/j 37 septembre 1698).

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du commencement de ma réponse, dont3 je suis ravi, j'espère que la fin vous satisfera encore davantage. Vous savez mon respect, mon cher Seigneur. J. Bémgne, é. de Meaux.

1794. — A Edme Pirot.

A Fontainebleau, 26 octobre 1698.

L'affaire se tourne très bien : une lettre de M. l'archevêque à M. le nonce a tout expliqué; j'espère même que Rome ne sera pas mécontente1. M. de Paris m'écrit qu'il vous envoie ordre de me faire tenir ici copie de la signature2 : passé mardi, il faudra, Monsieur, adresser à Meaux. Le livre3 fait ici un grand effet, et plus encore que la Relation. Dieu soit loué. Vous savez, Monsieur, ce que je vous suis. J. Bénigne, é. de Meaux.

Suscription* : Monsieur l'Abbé Pirot, chancelier de l'Église et de l'Université de Paris, vicaire général de Mgr l'Archevêque, en Sorbonne, à Paris.

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