Cf. Phelipeaux, p. 172 et
Lettre 1808. — L. a. n. s. Archives départementales, à Melun.
1. a Le nonce n'a pu s'empêcher de faire paraître combien il était choqué du procédé de quelques docteurs particuliers qui ont eu la complaisance de signer une censure de plusieurs propositions contenues au livre de M. de Cambrai » (Gazette de La Haye, 1698, n° g5; cf. n. 98). Il fut promptement rassuré par les explications que luv fournirent Noailles et Bossuet. De même, à Rome, le cardinal Spada,
nov. itigS] DE BOSSUET. 297
bleau sans vous, et sans pouvoir s'éclaircir avec M. de Paris. Il écrivait néanmoins très modérément de tout, mais avec quelque doute. Il n'en fallait pas davantage ici auprès de certaines gens toujours ombrageux et aidés par certaines taupes noires, qui ne cessent de travailler sous terre contre la France, pour alarmer. Je n'en lus pas plus tôt averti par un cardinal ami, qui n'entra dans aucun particulier, que j'en avertis le P. Roslet, afin qu'il se tînt sur ses gardes et qu'il ne communiquât la pièce à qui que ce soit qu'à ceux qui la souhaiteraient : le parti a été trouvé très sage, et exécuté ainsi. Nous avions aisément deviné les bonnes raisons et les prétextes de cette signature. Je vis le cardinal Spada à qui je les expliquai, et qui les a depuis trouvées conformes avec ce que lui a mandé M. le nonce : il n'a pu les désapprouver; MM. les cardinaux Panciatici et Albani de même, aussi bien que le cardinal Ferrari. Surtout ils n'ont rien eu à dire aux exemples que je leur ai apportés, [d'actes semblables faits] en pareil cas, non seulement de consultations secrètes de docteurs, mais de décrets des Facultés dans les affaires de Luther et Baius, pendant la congrégation de auxiliis; ce qui non seulement fut jugé dans ces temps très utile, mais même en quelque manière nécessaire, pour rendre témoignage à la vérité, et servir de préparation au jugement de l'Eglise universelle ou de l'Eglise romaine, qui doit désirer de voir passer devant elle le plus de témoins qu'il est possible de la Tradition sur les dogmes en question. Ces raisons puissantes ont fermé la bouche à ceux qui voulaient l'aire trouver mauvais ce qu'on venait de faire. Les lettres du nonce au Pape sont arrivées là-dessus, et ont confirmé tout ce que nous avions dit. Je vis le cardinal Spada aussitôt que
comme va le dire l'abbé, fut persuadé par les raisons que firent valoir les agents des prclats adversaires de Fénelon. On trouvera parmi les appendices du tome XI le texte de la consultation accompagné des signatures des docteurs qui l'ont souscrite. On peut dès maintenant >e faire une idée du caractère de cette consultation et de l'accueil qui lui fut fait en se reportant, dans le présent volume, aux pages a55, 320, 485 et 4gi.
29S CORRESPONDANCE fnov. 1698
j'eus reçu votre lettre et celle de M. de Paris. Le cardinal Spada venait de chez le Pape, et il m'assura qu'il n'y avait rien à dire à tout ce qui s'était fait, et que c'était seulement une préparation au jugement du Saint Siège. Ces paroles-là signifient beaucoup, ce me semble. Il me parut content des assurances que je lui donnai qu'on n'avait pu imaginer seulement que la plus grande malignité pût tourner mal un procédé aussi simple et aussi naturel que celui-là ; que les docteurs avaient autant de respect pour le Saint Siège et pour la personne de S. S. que les évêques, que la patience qu'on avait en France en était une marque bien sûre.
Je vois bien que le petit chagrin que quelques-uns ont pu avoir de cet événement, a été de s'imaginer qu'on leur veut faire leur leçon. Ils sont bien aises de marquer que cela ne leur est pas nécessaire. Je leur ai parlé aussi sur ce ton-là, en les assurant que je m'attendais à quelque chose de plus fort, s'il est possible, et de plus précis. Ce que j'ai cru qu'on devait éviter, c'est de se faire de fête ici, comme si l'on avait gagné la victoire. La pièce fera, s'il plaît à Dieu, son effet d'elle-même, parce qu'elle est bonne et à propos, et fait voir en échantillon le sentiment des habiles gens et l'imposture de la cabale. Je sais que l'abbé de Chantérac a voulu faire croire que la signature a été forcée3. Il l'a dit à l'assesseur, mais on n'en croit rien.
J'ai bien fait valoir les efforts inutiles de M. de Cambrai pour avoir quelque chose en sa faveur de la part des Universités d'Espagne, et tout nouvellement de Louvain, où il avait envoyé un de ses chanoines, nommé Le Comte; mais la réponse n'a pas été favorable, et la plupart ont répondu que si M. de Cambrai les forçait à parler sur son livre, ce ne pourrait être à son avantage*. Vous devez être informé de tout cela avant nous. Ce que je vous mande est très vrai, c'est leur député à Rome qui me l'a assuré. On m'a dit qu'à