‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 170 sur 224 · Celui qu'on a vu, p · texte numérisé non relu

Celui qu'on a vu, p

2. Dans le Quietismus redivivus, la Relation du quiétisme, et plusieurs autres de ses ouvrages, Bossuet cherche à montrer en Mme Guyon et en Fénelon, un quiétisme, mitigé sans doute, mais héritier des doctrines de Molinos. Mme Guyon et Fénelon se sont élevés avec indignation contre ce rapprochement. 11 est certain que ni Mme Guyon, ni surtout Fénelon n'ont admis d'aucune façon les conclusions immorales que l'on peut tirer de la doctrine quiétiste et que des disciples de Molinos, sinon le maître lui-même, et aussi des lecteurs du Moyen court et des Torrents avaient traduites dans la pratique de leur vie. Il est vrai que, par une subtile déduction philosophique, on a cru pouvoir montrer l'identité des principes fondamentaux de Molinos et de Fénelon. Quoi qu'il en soit, Molinos avait soutenu que la perfection consiste en un acte continuel d'amour de Dieu contenant à un degré supérieur les actes de toutes les autres vertus et les rendant inutiles. Le parfait, disait-il, doit anéantir ses facultés en leur refu-

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à la cambrésienne : ne laissez pas de m'en envoyer les actes les plus authentiques qu'il se pourra.

Je suis bien aise que le Pape ait repoussé si vivement la demande que lui faisait M. de Chantérac pour allonger l'aflaire. On m'a envoyé un extrait des vœux des examinateurs qui nous sont contraires, qui est fait par les amis de M. de Tourreil.

Je crois vous avoir mandé que l'original de mon portrait est à Florence, par les ordres du Grand duc, qui l'a demandé. Je vous ai rendu compte de M. de Madot. Son frère l'abbé" doit prêcher, et je tâcherai

sant tout exercice : plus de réflexion, plus d'efforts, plus de résistance aux tentations même les plus criminelles. Tel est, d'après lui, l'état de quiétude. Mme Guyon professait l'obligation, en tout état, de lutter contre les inclinations mauvaises; mais elle s'accordait avec Molinos en admettant dans cette vie la possibilité d'un état continuel d'amour de Dieu, et en proposant à l'âme pieuse de cesser d'agir, pour être plus docile à l'action de Dieu, et de rester indifférente à tout, même à son salut éternel. Quant à Fénelon, il s'était proposé de combattre Molinos. Au lieu que celui-ci réclame du parfait l'anéantissement de son activité propre, l'archevêque de Cambrai lui demande d'agir, quoique avec calme et sans inquiétude, en coopérant à la grâce : c'est ce qu'il appelle d'un mot reçu chez les mystiques, quoique assez impropre, Vétat passif . Ce qui appartient en propre à la spiritualité de Fénelon, c'est sa doctrine de l'absolu désintéressement. Il donne comme la perfection un état habituel d'amour de Dieu désintéressé, ou de pur amour, dans lequel on fait le bien uniquement en vue de plaire à Dieu en se conformant à sa volonté, et sans se laisser aucunement guider par la crainte d'un châtiment ni par l'appât d'une récompense, pas même par le désir du ciel. Dans le cas des dernières épreuves seulement, ce désintéressement va jusqu'au sacrifice absolu de la béatitude éternelle {Maximes des saints, p. 87 à 91. Cf. Histoire littéraire de Fénelon, p. 211 ; Introduction au tome IV des OEuvres, p. Lxxxvm à cil ; le P. Poulain, op, cit., 6e édit., p. 52<S et 52Ç); J. Paquier, Qu'est-ce que le quiétisme, Paris, 1910, in-18; Jacques Rivière, articles des Annales de Philosophie chrétienne, nov. 1908mars 1909).

3. « Je suis très satisfait d'un sermon qu'a fait aujourd'hui aux Barnabites M. l'abbé de Madot: c'était le panégyrique de saint

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de l'entendre. Je ferai ici la cour de M. l'agent de Florence, en sorte que cela retourne aux oreilles de son maître.

Je ferai bien votre cour à M. le nonce. Vous avez raison de croire qu'il est ici en vénération, et que sa conduite y est au gré de tout le monde. Je vous ai mandé par mes précédentes combien elle est obligeante pour vous et pour moi.

Nous avons vu ici M. Raguenet et M. Langlois4.

Éloi.. Il a bien de l'esprit et du mérite, une bonne action et bien vive » (Antoine Bossuet à son fils, Ier décembre 1698). Bossuet veut sans doute parler de François de Madot, né en 1670, qui fut nommé en 1700 à l'évèclié de Belley, d'où il passa, en 171 2, à celui de Chalon-sur-Saône. Il avait étudié chez les jésuites de Limoges, puis à Saint-Sulpice. Il reçut en 1702 l'abbaye de Loroy, au diocèse de Bourges, en 1706, celle de Beaulieu, au diocèse de Boulogne, etc. Il mourut à Clialon le 7 octobre 1753. Il est maltraité par Sainl-bimon (t. IV, p, 3oo), mais loué par Mme de Maintenon (Lavallée, t. Y, p. 187-191) et par le duc de Luynes (t. XIII, p. 91 et 116). Pierre de Madot, autre frère de François(cf. p. 269), quoique partisan de la bulle Unigenilus, critiqua l'ordonnance de M. de Vintimille sur le diacre Paris, et pour cela fut exilé chez l'évêque de Chalon en 1786. Les Madot étaient d'une famille où, de père en fils, on était lieutenant général à Guéret (La table des Nouvelles ecclésiastiques; le P. Jean, Les évëques et archevêques de France, p. 225, 468; Bibliothèque Nationale, Dossiers bleus et Cabinet d'IIozier ; Lettres de Mme de Maintenon, édit. Courteault dans la Revue des Études historiques, 2e série, t. II (1900). 4- Jacques Langlois, Normand, licencié en théologie, avait eu le vingtième rang à la licence de i68i. Après avoir accompagné à Rome, en 1697, le prince Frédéric, neveu du cardinal de Bouillon, il était revenu à Paris avec lui et l'avait quitté presque aussitôt, déguisant de son mieux une disgrâce causée par son hostilité à Fénelon. Il continua néanmoins à correspondre avec le cardinal, et plusieurs des lettres qu'il lui adressa se trouvent aux Affaires étrangères. Il mourut en janvier 1700. Voici en quels termes parle de lui Chantérac : « M. Langlois s'en est retourné en France, il y a plus de trois mois, et même il n'est plus auprès du prince Frédéric, auquel M. le cardinal de Bouillon désirait qu'il enseignât la philosophie. C'est un fou de profession que personne n'aime ni n'estime. En partant d'ici, il fit des vers latins contre vous, les plus ridicules qu'on [misse imaginer et qui lui ont

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Ce dernier a beaucoup d'esprit. Il faut prendre le bon de tout le monde. M. l'abbé Fyot5, qui est présent, veut bien vous assurer de son amitié.

Appuyez principalement sur Y in praxi et reviviscere Molinosum, et sur l'abus qu'on peut faire du langage des mystiques, qui ante exortam quœstionem securius loqaebantur.

Je suis bien aise d'apprendre que l'avis des docteurs de Paris vous sera utile. M. Pirot, qui l'a formé, était bien instruit de nos principes.

1817. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.

Rome, ce 2e décembre 1698.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Fontainebleau, du 10 novembre. J'ai rendu aussitôt à M. le cardinal Spada la lettre qui était pour lui. Je

attiré tout le mépris et toutes les railleries des gens qui l'ont connu ici. Il les dédia au cardinal d'Aguirre. C'est un joueur désespéré, un homme d'opéra et de comédie, qui dit sans façon, au milieu de la place, que saint Augustin est un sot et sainte Thérèse une folle » (A iénelon, ik janvier 1699, t. X, p. 271 ; cf. le P. Léonard, Archives Nat., M 762). Le recueil de l'Arsenal, Th 756i, contient un petit poème de Langlois : Illustrissimo abbati de Caumartin, de sacrificiis et Indifferentla mysticorum recentium contra D. D. C. et N. (contre MM. de Cambrai et de Nevers), in-12.

5. Claude Fyot de La Marche né à Dijon le 6 octobre i63o, mort en cette ville le 27 avril 172 1. Il était fils de Philippe Fyot d'Arbois, conseiller au Parlement de Bourgogne, et de Claire Guillaume. Il fut aumônier du Roi, prieur de Pontailler, conseiller d'Etat, et obtint, en 1662, l'abbaye de Saint-Etienne de sa ville natale. On a sous son nom l'histoire de ce monastère (Paris, 1696, in-fol.); mais, d'après l'abbé Nicaise, cet ouvrage aurait pour auteur le P. André de Saint- Nicolas, carme (Le P. Léonard, fr. 22582, fos 1 et 67 ; Papillon, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne).

Lettre 1817. — L. a. n. s. Archives départementales, à Melun.

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n'ai rien oublié dans cette occasion pour lui marquer ma reconnaissance et la vôtre. Il m'a dit que M. le nonce lui avait écrit là-dessus, et tout s'est passé fort bien. Je ne doute pas que ce cardinal n'en écrive à M. le nonce, aussi bien que M. le prince Vaïni, et un autre de ses amis qui est ici son correspondant, et qui sont témoins de ma reconnaissance et de ma sensibilité. Il s'est rencontré heureusement qu'ils ont su aussi la part que j'avais cru devoir faire à S. S., il y a un mois, au sujet de M. le nonce, lui témoignant de votre part et de celle de M. de Paris et des évèques la joie que l'on avait en France de la grâce que S. S. lui avait faite en le nommant à l'évêché de Brescia, ce que je crois vous avoir déjà écrit, et ce qui fit plaisir à S. S., accompagnant ce discours de tout le bien qu'il y a [à] dire de ce ministre.

Je vous adresse une lettre pour lui, et suis ravi de cette occasion de pouvoir l'assurer par moi-même de l'estime singulière que j'ai pour sa personne et de la vive reconnaissance que je ressens de ses bontés, que je vous supplie de lui renouveler encore dans toutes les occasions.

J'espère que si l'on n'a pas été mécontent de moi jusqu'au mois de septembre, ce que j'ai pu faire ici le mois d'octobre et le mois passé, où il y a eu plus de mouvement à se donner, et dont je vous ai rendu un compte exact, ne donnera pas sujet d'être mécontent de moi. Les cardinaux ont été instruits et bien instruits, de manière que pas un ne nous échappera, et que ceux dont on avait sujet de se défier le plus sont ceux qui feront le mieux. Je pourrai vous dire un jour tout ce que la cabale a remué, mais enfin inutilement ; et il n'y a plus lieu de douter que le livre et l'amour pur ne fût exterminé, si Dieu donne encore deux mois de vie à S. S., qui ne s'est jamais mieux porté.

J'ai su, à n'en pouvoir douter, la manière dont M. le cardinal de Bouillon se comporta la première fois qu'il parla. Il fit un très long verbiage, sans rien conclure ; il parla autant en faveur de M. de Cambrai que des autres, louant et blâmant également tout le monde, et parut indifférent sur la doctrine de l'amour pur comme sur les personnes, sans

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qualifier ni en bien ni en mal. Il voulait voir le parti que chacun prendrait, pour après prendre le sien. Ce que je dis est sûr, et je le sais de science certaine. M. le cardinal de Bouillon pouvait-il faire mieux pour M. de Cambrai?

Dans la seconde1 congrégation, il y eut hier huit jours, le cardinal Spada parla, les cardinaux Panciatici, Ferrari et Noris, et on lut le vœu du cardinal d'Aguirre. Tous parlèrent bien. Les cardinaux Spada et Panciatici assez court et bien ; le cardinal Ferrari surpassa l'attente, et surtout établit le sens mauvais du livre comme incontestable, et en cela rendit un grand service; le cardinal Noris continua bien et fortement. Le vœu du cardinal d'Aguirre, qui n'était pas présent, fut lu : il est bon et fort, et sur toutes les propositions, à ce qu'on m'a assuré.

Je crois vous avoir mandé par ma dernière lettre la mélancolie de M. le cardinal de Bouillon au sortir de cette congrégation et sa rage : il vit bien qu'il n'y avait plus rien à espérer.

J'ai su que M. le cardinal Casanate avait fait une grande impression : il s'est servi de tout ce qu'il y a de plus fort, pour établir le vrai sens du livre et l'intention de l'auteur dans toutes les circonstances. Il fit bien voir qu'il n'y avait aucun péril dans votre doctrine, et le contraire dans celle de M. de Cambrai. Le cardinal Carpegna fit un vœu court, précis, fort et légal, à sa manière. Restaient à parler les cardinaux Otloboni et Albani, hier qui parlèrent, et qui ont dû parler bien. Je n'en sais encore aucune particularité.

Mercredi dernier, 26e du mois de novembre, se fit l'abjuration - du Père compagnon du P. Bénigne, au Saint Office, qui s'appelle le P. Pietro Paolo. Hors la solennité, qui était plus grande à Molinos, tout se passa de même. On lut son procès, qui contenait les informations et sa confession, en sa présence. Il abjura et reçut l'absolution, et fut condamné aux mêmes peines que Molinos. Son procès, quoiqu'on y eût

r. Phelipeaux (t. II, p. 180 et 181) l'appelle la quatrième congrégation.

2. Celte cérémonie est aussi décrite par Phelipeaux, p. 179 et 180.

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retranché le plus sale, était plein de toutes les infamies, qu'on ne peut imaginer. On ne peut pas mieux dire, sinon que c'était le deuxième tome de Molinos pour la doctrine et pour les actions, sur lesquelles il avait enchéri. Ce qu'il y a de bien à remarquer, c'est qu'il fut déclaré hérétique formel; €t, dans tout ce qu'on lut de dogme, il n'y avait que la doctrine de l'amour pur, qu'on nomma plusieurs fois ainsi, la conformité à la volonté de Dieu, l'union avec Dieu, la séparation de la partie supérieure d'avec l'inférieure, et les tentations, obsessions, etc., auxquelles le seul remède est de consentir. Je reconnus aisément mon archevêque de Cambrai à tout cela3. Je me trouvai placé proche et en face des cardinaux, qui me faisaient, niais tous publiquement, des signes de la tète toutes les fois qu'on parlait de l'amour pur. Quand la fonction fut finie, je m'approchai de tous, et chacun me dit son petit mot sur la part que je prenais à cette action et que j'y devais prendre, et me dirent en présence du cardinal de Bouillon: Ecco Vamore puro, et je leur répondais: Uamorc purissimo e rafinatissimo. Jamais homme n'a fait à une action une plus mauvaise figure que la fit M. le cardinal de Bouillon. Tout le monde s'en aperçut : elle était bien différente de celle que faisait à celle de Molinos M. le cardinal d'Estrées.

M. le cardinal de Bouillon avait fait ce qu'il avait pu pour qu'on fît l'abjuration en secret, mais on n'a pas voulu; et sans le cardinal Noiïs, qui est augustinien, on l'aurait faite à la Minerve comme celle de Molinos; mais les prières du cardinal l'ont empêché; on croit que ce n'est pas sans rapport à M. de Cambrai que l'on a voulu faire faire cette action et nommer plusieurs fois l'amour pur. L'abbé de Chantérac eut la curiosité de se vouloir trouver à cette fonction : il fut bien heureux d'être derrière les autres ; il aurait fait très mauvaise figure, si l'on l'avait vu. Il s'en retourna tout consterné et indigné, disait-il, contre les cardinaux, à cause des infamies qu'on avait lues ainsi publiquement. Il faut

3. Un esprit moins prévenu ne l'aurait pas aussi facilement reconnu.

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avouer qu'elles faisaient frémir. Le P. Bénigne, quoique très coupable, à cause de sa simplicité, de sa bêtise, a été condamné à sept ans de prison. Son compagnon était celui qui lui faisait faire et croire tout. Le P. Bénigne ne parut pas en public et fit son abjuration en particulier.

Le lendemain, après la congrégation, M. le cardinal de Bouillon partit pour Frescati, où il est resté jusqu'à hier matin, qu'il revint pour la congrégation du soir. M. le cardinal de Bouillon a passé ces quatre jours seul avec le P. Gharonier, qui fait tout.

A propos, dans ma dernière lettre, je crois que je mis TTT pour Th. Je m'en souviens à présent4.

Hier, à la congrégation, parlèrent les cardinaux Ottoboni et Albani. M. le cardinal de Bouillon recommença et parla longtemps. Je ne sais si d'autres parlèrent, je ne le crois pas ; car la congrégation commença assez tard, à cause du cardinal Spada, qu'on attendit. Je vis M. le cardinal de Bouillon au sortir de la congrégation. Je ne pus lui parler en particulier, mais j'ai su depuis qu'il était très content de lui-même, et il croit avoir bien parlé : il dit à une personne qu'il fallait savoir à quoi s'en tenir précisément sur la doctrine de l'amour pur, et qu'il ne fallait pas s'en tenir là-dessus à un respective. Je ne sais ce que cela veut dire.

Je me doute que M. le cardinal de Bouillon aura peut-être voulu réparer ce qu'il fit dans la première congrégation, et aura reparlé sur l'amour pur, voyant son art inutile. Je saurai bientôt ce qui en est, et s'il a donné son vœu là-dessus. La finesse, à présent, de M. le cardinal de Bouillon sera de s'étendre et d'allonger. On a déjà dit qu'il imitait en tout le sacriste : ainsi il sera le sacriste des cardinaux. On doit s'attendre qu'il ne perdra aucune occasion de servir M. de Cambrai, et ne lui fera que le mal qu'il ne pourra s'empêcher de lui faire, et qu'on ferait malgré lui.

Si les cardinaux continuent à parler si longtemps, ceci ne

4. Alinéa omis parles éditeurs. — En effet, l'abbé avait écrit TTT (c'est-à-dire M. de Reims), au lieu de Th (Charonier).

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Unira pas sitôt ; mais je suis persuadé qu'après leur premier feu jeté, ils tourneront tout court et seront très courts : ils le disent eux-mêmes comme cela. Je suis assuré que M. le cardinal de Bouillon leur donnera l'exemple pour être longs.

Le mercredi matin, on ne parle pas de cette affaire : cette congrégation est réservée aux affaires courantes. Le jeudi, on n'en parle pas devant le Pape, cela serait inutile; on le fait en particulier, et sur la fin on le fera tout à la fois. Je ne puis m'empècher de croire que cette affaire sera terminée dans le mois de janvier. Néanmoins il ne faut pas laisser de presser du côté de la Cour. Je n'oublie rien pour faire que le Pape hâte les cardinaux. Je vous envoie une lettre que je viens de recevoir de Mgr Giori sur les dispositions du nonce là-dessus. Ce qui est de certain, c'est que la Congrégation veut faire bien à présent, et que l'affaire est en sûreté à présent.

On n'oublie rien pour l'instruction3. 11 est inutile de donner de nouveaux écrits. On a pris tout bien, et ce qu'ils ont suffit. Mais ne laissez pas, du côté de France, de faire tout ce que vous jugerez à propos pour abattre l'orgueil de M. de Cambrai; en particulier, qu'on ne lui donne aucune espérance de repos, et qu'il voie toujours les évêques prêts à le foudroyer. Je me sers et me servirai de toutes vos vues dans l'occasion.

Quand Zeccadoro a vu, il y a un mois, que ses peines étaient inutiles, il est allé à la campagne pour tâcher de tirer son épingle du jeu.

Je vous envoie copie de la lettre que j'ai reçue, il y a huit jours, de M. l'abbé de Gondi 6, de la part de M. le Grand duc. M. Feydé parle toujours au Pape comme nous convenons, et agit bien. Vous pouvez en assurer M. Salviati ; il est bon que cela revienne ici à M. Feydé, qui en a plus de confiance en moi et qui...7.

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