‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 204 sur 224 · Ms. : Jeccaderot · texte numérisé non relu

Ms. : Jeccaderot

que la cabale est plus forte que jamais, et plus envenimée contre les évoques. Les jésuites le sont au delà de tout ce qu'on peut imaginer, et surtout Charonier, qui, en vérité, mériterait punition 3.

Le cardinal de Bouillon fait bien valoir ici le titre qu'il prétend avoir, d'être chargé des affaires du Roi. Je crois savoir qu'on le lui conserve : je vois bien le dessein qu'on a, et qu'il n'en aura que le nom ; mais on ne laisse pas de s'en prévaloir. Je tâche de faire comprendre ici qu'il faut frapper fort. Quand cela viendra de la part de M. le nonce et du Roi, je suis comme assuré que cela sera exécuté.

Je ne sais si je ne vous ai jamais dit ce que disait un cardinal lorsque le cardinal de Bouillon vint ù Rome : c'est un des principaux. Il disait qu'il comprenait bien que la générosité du Roi était assez grande pour pouvoir oublier ce qu'il avait fait contre lui et lui pardonner ; mais qu'il ne croyait pas que le cardinal de Bouillon pardonnât jamais au Roi4; ce qui n'est que trop vrai. La grande nouvelle dans le Saint Office est celle qu'on a reçue d'Espagne, que l'Inquisiteur général avait prononcé contre le mémorial des jésuites présenté au roi d'Espagne au nom de leur général sur les affaires de Flandre". On m'a assuré que la congrégation des cardinaux du Saint Office en avait voulu remercier par lettre cet inquisiteur. Les jésuites doivent être bien mortifiés. Cela les rend ici très odieux et méprisables.

Jamais le Pape ne s'est mieux porté. Il paraît mieux intentionné que jamais pour faire une bonne censure et faire honneur au Saint Siège. Il a dit à deux cardinaux du Saint Office qu'il ne fallait pas tant s'arrêter à l'autorité des mystiques qu'à celle des Pères et qu'à l'esprit de l'Écriture sainte. Il a fort embarrassé un des qualificateurs favorables à M. de Cambrai en lui disant de prouver par un texte formel de l'Ecriture sainte l'opinion de M. de Cambrai. Je pris la

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