L'abbé parle de ceci à son oncle, p
7. Le même jour, le cardinal de Bouillon écrivait de Frescati à l'abbé Bossuet :
« Je vous supplie, Monsieur, de m'envoyer un catalogue de tous les ouvrages de M. votre oncle et de MM. les archevêque de Paris et évêque de Chartres, contre le livre de M. l'archevêque de Cambrai, afin que je voie si je les ai tous, et que, s'il m'en manque quelquesuns, je puisse avoir recours à vous pour les avoir et les relire tous durant que je serai ici, où je prétends employer principalement mon temps à l'examen de cette affaire. »
59° — L'autographe a fait partie de la collection Bruyères-Chalabre, vendue en i833.
43o APPENDICE II.
l'avoir avant-hier. J'y vois avec bien de la joie que vous avez reçu l'information contre le P. La Combe, et qu'elle fait un très bon effet. Il n'est pas possible que tant de misères ne fassent une forte impression sur les juges.
Je suis bien aise de l'audience favorable que vous avez eue du Pape ; vous y avez très bien parlé, et S. S. vous a répondu bien favorablement : j'espère beaucoup des bonnes dispositions qu'elle vous a fait paraître. La hauteur de la lettre de M. de Cambrai ne les fera pas changer, et ce que le Roi chargea, à son retour de Compiègne, M. le nonce de mander de sa part, les fortifiera assurément.
Le pauvre cardinal Nerli est à plaindre d'avoir perdu un œil * : il y en aura bien quelque autre éclopé de cette affaire.
Comment empêcher le cardinal de Bouillon de voter? Cela n'est pas possible: il faut qu il renonce lui-même à son droit, ou le laisser faire. C'est beaucoup d'avoir gagné le cardinal Carpegna, et que les cardinaux Ottoboni et Nerli aillent toujours bien. Mais il ne faut pas juger aisément de ce qu'ils pensent ; ce sont gens fort cachés : on a toujours cru le cardinal Oltoboni du parti contraire. Nous verrons au mois de novembre ce qui en sera. J'espère que M. de Monaco trouvera l'affaire faite: je le souhaite fort, et je suis toujours, Monsieur, tout à vous.
6o° L'Archevêque de Reims à l'Abbé Bossuei.
A Fontainebleau, lundi matin, i3e octobre 1698.
J'ai reçu, Monsieur, votre lettre du 23 du mois passé. Ce que je vous ai mandé par la mienne, datée de Reims du premier du même mois, sur le religieux de distinction dont M. votre oncle a parlé dans sa Relation, est très véritable. Le
1. A la lecture des écrits de Fénelon, disait l'abbé Bossuet, p. 200.
60° — L. a. s. Les éditeurs n'ont donné que le premier alinéa de cette lettre; le reste a été imprimé pour la première fois par M. E. Griselle, Fénelon, p. 211 et 212.
LETTRES SLR LE QL'IETIS.ME. £3l
P. Dez et le P. Gaillard me dirent la semaine passée à Paris, que le P. de La Chaise leur avait raconté ce fait tout comme je vous l'ai mandé. La réponse de M. votre oncle à celle de M. de Cambrai sur cette Relation va paraître.
Il m'a dit devant que de partir pour Meaux qu'il vous en adresserait à Rome plusieurs exemplaires par un courrier extraordinaire dès que cette impression sera achevée.
.Mademoiselle fut hier fiancée dans le cabinet du Roi par M. le cardinal de Coislin. M. le duc d'Elbeufest porteur de la procuration de M. le duc de Lorraine. Ce mariage sera fait aujourd'hui dans la chapelle de S. M., où je m'en vas descendre pour y assister.
Mme la duchesse de Lorraine va aujourd'hui à Paris, où Monsieur et Madame la mènent ; elle en partira jeudi ' dans les carrosses du Roi, servie par la maison de S. M. Mme la princesse de Lislebonne la conduit. Elle sera à Bar samedi 2 5 de ce mois, et elle y trouvera M. le duc de Lorraine.
Le roi et la reine d'Angleterre sont ici de mercredi dernier ; leurs Majestés y demeureront jusques au 24 de ce mois. Le Roi notre maître ne retournera à Versailles que le 12e novembre. Jamais la Cour n'a été si grosse qu'elle l'est ici ; il y fait un temps admirable.
Je vous prie de dire à D. Estiennot que sa lettre du 23 du mois passé m'a aussi été rendue avec ce qui l'accompagnait, et de lui faire lire celle-ci, qui servira, s'il vous plaît, de réponse à la sienne. Je suis tout à vous.
L'Ar. duc de Reims.
6i° L'Archevêque de Reims à l'Abbé Bossuet.
A Paris, 20 octobre 1698.
M. l'évêque d'Arras a fait depuis peu un mandement
1. Elle passa à Meaux le 17 octobre; voir p. a44- 61" — L'autographe a fait partie de la collection Bruyères-Chalabre.
excellent ' à l'occasion d'une tragédie, qu'il me mande que les jésuites ont fait représenter dans leur collège d'Arras au commencement du mois passé. Je suis assuré que vous trouverez cette pièce parfaite en son genre. En voilà deux exemplaires ; je vous prie d'en donner un de ma part à D. Estiennot.
Je vous adresse aussi une autre pièce pleine d'impertinences et de fatuités, dont l'auteur ne s'est pas nommé ; mais, quand vous l'aurez lue, vous serez persuadé qu'elle est d'un jésuite. Si, à Rome, on avait bien voulu prononcer sur le livre du feu cardinal Sfondrate, ces inepties, qui ne me fâchent point du tout, ne scandaliseraient pas l'Église.
Quand l'affaire de M. de Cambrai sera finie, nous prendrons le parti que nous croirons convenable, pour empêcher le progrès du mal que le livre de Sfondrate et le silence de la cour de Rome sur cette matière font dans tout le royaume ; à moins qu'il ne plaise au Pape de prononcer sur cet ouvrage, comme nous en avons très humblement supplié S. S., il y a près de deux ans, et qu'elle nous l'a promis par le bref dont elle nous a honorés.
Je vous prie de montrer cette ridicule pièce à M. le cardinal Casanate. Je suis assuré que son Éminence en rira d'abord, et qu'elle conviendra ensuite qu'il est temps que le Pape parle. L'auteur de cet ouvrage me fait plus d'honneur que je n'en mérite, en m'attaquant tout seul dans cette occasion. Je voudrais avoir la lettre dont est question2 : elle est de la main de Monsieur votre oncle. Je l'ai dit ici dans le temps,
i. Mandement de Mgr l'Illustrissime et Révérendissime évêque d'Arras au sujet des tragédies qui se représentent dans les collèges de son diocèse (daté du 25 septembre), Arras, 1698, et Paris, 1698, in-4 (Bibl. Nationale, E 2^00, Arras 5 et 6). Le prélat ne vise aucune maison en particulier, mais promulgue un règlement pour tous les collèges de son diocèse : toutes les pièces représentées devront être en latin, conçues de façon à être une instruction pour les élèves et non un divertissement pour le public, etc. (Cf. E. Boysse, le Théâtre des jésuites, Paris, 1880, in-8, p. 106 et 107).