Epistola Ecclesiœ principum, etc., contre Sfondrati
premièrement au Roi, et puis à qui l'a voulu entendre; je ne sais si je vous l'ai mandé.
620 Antoine de .Xoailles à VAbbè Bossuel.
Le 20e d'octobre <jS.
Il est vrai, Monsieur, que j'ai manque quelques ordinaires; mais je n'ai pu faire autrement, et j'ai toujours prié le P. Roslet de vous en faire mes excuses. J'ai reçu fort régulièrement votre lettre du 29, que vous aviez mise dans le paquet de M. le nonce.
Les examinateurs ont donc enfin donné leurs vœux : il faut espérer que les cardinaux en prépa'eront de bons pour le mois de novembre, et termineront glorieusement pour le Saint Siège et utilement pour l'Église cette longue et triste affaire. Comme la cabale ne manquera pas de redoubler ses efforts, vous devez aussi redoubler les vôtres, pour empêcber qu'ils ne gagnent les juges. Il faut s'attendre que le cardinal do Bouillon et les jésuites continueront jusqu'au bout à vous traverser : nous ferons de ce côté-ci tout ce que nous pourrons.
On recevra bientôt à Rome une nouvelle lettre du nonce, qui fera bien voir les bonnes intentions du Roi et la fermeté de son zèle pour la bonne doctrine. On ne peut plus douter que le nonce n'en soit mieux informé que le cardinal de Bouillon. Faut-il autre chose, pour persuader que le Roi ne le regarde plus comme son ministre, que la nomination d'un ambassadeur? Soutenez toujours que ce qui viendra par ce canal sera plus sur que tout ce qui sortira d'ailleurs. Il est vrai qu'on fait ce qu'on peut pour persuader que vous avez demandé du retardement, et que nous l'avons désiré ; mais on ne peut empêcher de parler.
Vous recevrez par ce courrier la dernière réponse de M. de
62" — L'autographe a passé dans la vente de la collection Bruyères-Chalabre, en i833.
Meaux : j'espère qu'elle fera un bon effet ; mais je crains qu'elle ne retarde encore le jugement. Tâchez qu'elle ne le fasse pas, autant que vous le pourrez. Tout ce qu'on écrira présentement sur les faits ne fait rien au livre ; aussi on ne doit point différer de prononcer. L'âge du Pape me fait toujours peur.
Je suis, Monsieur, à vous, comme vous savez, autant qu'on y peut être.
63° Antoine de Noailles à l'Abbé Bossuet.
Ce 27 octobre 1698.
Quoique je sois en visite, je ne veux pas manquer, Monsieur, de répondre à votre lettre du 7 ; mais ce ne sera qu'en peu de mots.
Il n'y a plus qu'à attendre en patience le mois de novembre, où l'on promet tant de finir, et à continuer de vous opposer à la cabale.
J'envoyai parle dernier courrier au P. Roslet un acte1 qui la déconcertera bien : c'est la signature que vous avez proposée, de soixante docteurs contre le livre ; il vous l'aura sans doute communiquée sur-le-champ. Prenez, s'il vous plaît, de bonnes mesures ensemble pour empêcher la cabale d'y donner un mauvais tour en faisant croire aux cardinaux que c'est une censure en forme, injurieuse au Saint Siège. Ce n'est qu'un simple avis, qui non seulement n'a pas été donné en pleine Faculté, mais que les docteurs ont signé sans s'être assemblés; ainsi ce n'est qu'une consultation. On en a voulu faire du bruit en ce pays, mais il est bientôt tombé. Je me remets pour le reste au P. Roslet ; il vous fera voir ce que je lui en mande. Nous aurions eu encore autant de signatures, si nous avions voulu : les docteurs se sont empressés de signer
63° — L'autographe a fait partie de la collection Bruyères-Chalabre.