Édit. : Mousseaux
rj. Odet de Coligny, fils de Gaspard de Coligny, seigneur de Chàtillon-sur-Loing, avait été créé cardinal en l533, mais était passé an calvinisme et avait épousé Elisabeth d'Hauteville. Il fut le plénipotentiaire des protestants, en Angleterre, où il mourut, comme il a été dit (t. II; p. 289), empoisonné par son valet de chambre.
juill. 1698] DE BOSSUET. Z-]
Quesli Francesi cacciano via infiniti libri ; corne possono fore* ? L'Inconnu fit voir la nécessité qu'on avait eue d'écrire pour expliquer la vérité et empêcher le progrès de l'erreur. Je vous prie de tenir secrètes ces circonstances; car le moindre vent qu'on en aurait nous ôterait absolument cette ressource. Ce dialogue eut son ellet, car, le jeudi d'après, le Pape parla fortement pour chercher les moyens d'abréger.
Je suis obligé de vous avertir que vous êtes mal servi. L'abbé de Chantérac a déjà des exemplaires imprimés du livre Quielismus redivivus in Gallia purgatus ; du moins une personne m'a assuré en avoir vu des feuilles imprimées. Il est certain qu'ils ont eu tous vos livres aussitôt que nous, et peut-être plus tôt : aussi se vantent-ils d'être bien servis. Ce sont gens lestes et instruits en bonne école sur l'article.
L'abbé de Chantérac et les jésuites publient que, ne pouvant faire condamner la doctrine du livre, on avait recours aux faits et à l'autorité ; que M. de Cambrai ne s'étonnait point du changement qu'avait fait le Roi ; qu'il s'attendait encore à une plus grande persécution ; qu'on n'en était venu là que pour empêcher les Universités du royaume qui étaient prêtes à se déclarer en faveur de AI. de Cambrai ; que c'était ainsi qu'on avait traite saint Chrysostome, mais que sa mémoire était en bénédiction. Les jésuites blâment fort l'action du Roi, qu'on a prévenu le jugement, que cette démarche est visiblement une persécution, que le Roi s'est laissé conduire par des jansénistes, et quid non ? Car l'audace des jésuites va croissant de jour en jour, quoique ce soit une énigme pour tous les gens sensés.
Le général des jésuites ayant présenté au conseil de Madrid un grand mémorial où il énonce que Ilennebel a obtenu par force9 les derniers brefs du Pape, et accuse ce docteur, aussi bien que le conseil de Brabant, d'être hérétique ; ce mémorial
8. Ces Français prennent le chemin d'une infinité t!e livres; comment peuvent-ils faire ?
9. Dans sa Relation, p. 122, Phelipeaux dit : « A force de présents. »
38 CORRESPONDANCE fjuill. 1698
a été envoyé ici par le nonce; il va per manus cardinalium. Hennebel va citer ce général au Saint Office pour ce qui regarde la doctrine, et prétend le poursuivre dans un autre tribunal pour ce qui regarde les injures.
L'affaire de M. de Saint-Pons n'avance pas. Le général de la Minerve s'est exclu10, aussi bien que Biancbi, du même Ordre. Massoulié s'est excusé. On prétend donner l'exclusion au P. de Latenay ; du moins l'a-t-on suggéré aux récollets. Cambolas s'est exclu à la sollicitation de l'abbé de Montgaillard. On prétend que le cardinal de Bouillon brouille cette affaire ; je n'en sais rien, elle ne nous regarde pas.
On m'a assuré que l'abbé de Chantérac et les jésuites faisaient consulter les Universités. Vous pouvez prendre vos mesures pour celle de Salamanque ; quant à Louvain, on ne se déclarera pas. Steyaert et son parti s'est déclaré contre le livré; l'autre parti11 ne se déclarera pas, et s'il avait à se déclarer, ce serait contre le livre : c'est de quoi m'a assuré Hennebel.
Nous avons perdu à la mort d'Altieri un juge favorable; ses théologiens étaient bien instruits12. Le cardinal d'Aguirre pourra bien n'être pas en étatdejuger 13. Sur la lin d'un pontificat, chacun ne songe qu'à se ménager14, et le cardinal de Bouillon est capable de beaucoup intimider. M. l'Abbé vous mandera le reste. Je suis avec respect votre très humble et obéissant serviteur.