‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 28 sur 224 · De Quietismo in Galliis refutato · texte numérisé non relu

De Quietismo in Galliis refutato

5. A défaut de cet article, en voici un autre, qu'on ne lira pas sans intérêt. C'est un extrait de The Post Man and the lùstorical Account (du a8 juin, v. s., 8 juillet, n. s.) envoyé de Londres h Thoynard par l'abbé Dubos. « L'évèque de Meaux étant trop faible pour disputer avec l'archevêque de Cambrai, l'archevêque de Paris et l'évêque de Chartres se sont unis avec lui, et le dernier a publié une lettre adressée à M. de Cambrai, laquelle devient fort connue par les «pressions bouffonnes dont elle est remplie. Ces prélats pleins de zèle sont hors de mesure du peu d'effet de leur violent procédé (are

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vous envoie, ce que disent les partisans de M. de Cambrai ; car ce sont eux qui font ici ces articles, et qui se font écrire de Rome des choses semblables.

Tout Paris était hier ému et scandalisé de la défense d'écrire, qu'on disait faite également aux deux partis, sans mettre aucune diiTérencc entre nous qui écrivons pour éclaircirla vérité, et ceux qui n'écrivent que pour l'embrouiller et la combattre. Mais ces bruits, qui viennent des émissaires de M. de Cambrai, tomberont d'eux-mêmes. Le Roi est un peu étonné de la longueur de cette affaire, et je ne sais pas ce qu'il en dira à M. le nonce.

Pour vous, parlez toujours sobrement et avec tout le respect convenable. Je fais valoir ici, le mieux que je puis, ce que vous m'écrivez des saintes intentions du Pape et de la Congrégation. Mais on attend des effets ; et les paroles, quoique véritables, mais dont l'accomplissement est trop tardif et paraît peu

almost enraged al tke littlc effecl of their violent proceedinrjs), car nonobstant la bonne opinion qu'ils ont de leur querelle, ils sont très sensibles au peu de cas que les honnêtes gens font de leurs écrits. Ils peuvent «n avoir été avertis parleurs libraires ou l'avoir su d'ailleurs. Au contraire, les honnêtes gens applaudiraient publiquement à l'archevêque de Cambrai, s'ils n'appréhendaient pas d'être flétris avec le nom odieux de quiétistes » (Bibl. Nationale, n. a. fr. 5(3o. f° 256. Publié par D. Paul Denis, Lettres autographes de la collection de Troussures, Paris, 1912, in-4, p. 56). Et l'abbé Dubos ajoute : « M. de Meaux est fort heureux que l'affaire ne se décide pas ici » (Cf. Legendre, Mémoires, p. 23g et 2^0). Il est à remarquer que le correspondant qui envoyait les nouvelles de France à cette gazette anglaise n'était guère renseigné sur la lettre de Godet Desmarais dont il parle : on n'y trouve rien qui, même de loin, justifie le reproche « d'expressions grossières, bouffonnes (scurrilous) ». Il doit la confondre avec la lettre de M. de Chartres condamnant les ouvrages de Mme Guyon, et où sont cités des passages des Torrents (Voir page suivante, note 6).

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certain, ne contentent guère. Pour moi, je vais toujours mon train, et je demeure inviolablement attaché à faire valoir la conduite et l'autorité de Rome. Nous sommes dans les mêmes sentiments, M. de Paris et moi, aussi bien que M. de Chartres, dont l'écrit fait ici l'effet que vous pouvez attendre de ses solides remarques sur les variations de M de Cambrai1'. Ce prélat ne laisse pas de protester toujours et de prendre Dieu à témoin qu'il n'a jamais eu que les mêmes pensées ; ce qui le rend odieux aux gens de bien au delà de ce qu'on peut exprimer. M. le nonce, qui voit ce que je vous dis, peut en rendre témoignage.

On aura soin de toutes les choses que vous marquez, et vous en verrez biontôt des effets.

Il faut du temps pour bien digérer ce que m'envoie M. Phelipeaux. Je lui suis obligé de sa diligence, tout est excellent : il aura sur son travail de mes nouvelles par le premier courrier.

Cependant notez bien ceci : comme il pourra arriver qu'à l'occasion de nos derniers écrits, M. de Cambrai donne quelque chose de nouveau, ou qu'il en demande communication et du temps pour répondre, ou qu'enfin il fasse quelque chose tendant à obtenir du délai, ne manquez pas de nous avertir par courrier exprès : le Roi le trouvera très bon, et vous le commande7. Adressez-moi le courrier; prenez toutes les mesures nécessaires, et rendez-vous

6. La Gazette de La Haye, nos 54 et 55 de 1698, loue le savoir et la modération de l'écrit de l'évéque de Chartres.

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