Nouvelle preuve de la mission quasi-officielle de l'abbé
juill 1698] DE BOSSUET. ,'47
maître du courrier. Faites les choses à petit bruit : mais, encore une fois, adressez-moi tout : je porterai à l'instant vos lettres au Roi, soit qu'elles soient en chiffre ou non. Cela n'empêchera pas que, s'il y a quelque chose qui regarde vos affaires particulières, vous ne le mandiez à mon frère. Ne faites qu'avec discrétion la dépense d'un courrier exprès ; mais quand elle sera à propos, n'y manquez pas. On en fera autant de ce côté-ci.
J'ajoute, après avoir vu M. de Paris, qu'il doit vous écrire. JNous ne nous sommes vus qu'en passant, très légèrement chez le Roi. Demain, nous devons avoir un grand entretien, dont le résultat fera la matière des lettres de lundi.
Au surplus, si les choses cheminent, peut-être ma lettre latine ne sera-t-elle pas nécessaire ; peut-être paraîtra-t-elle un peu forte. Quoi qu'il en soit, usez-en selon votre prudence et le conseil des sages. Vous verrez par cette lettre du P. Séraphin8 le langage de tout le monde en ce pays. Je vais à Paris, où M . le cardinal de Janson doit arriver ce soir ou demain.
1726. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.
Rome, ce 8 juillet 1698.
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Paris, du 16 juin, et en même temps les cinq premières feuilles de votre Relation. J'attends le reste par le