‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 39 sur 224 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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66 CORRESPONDANCE [juill. 1698

Quietismus redivivus. Je n'ai pas le temps d'écrire à M. l'archevêque de Paris.

173/4. — A l'Abbé Bossuet.

A Germigny, i/J juillet 1698.

J'ai reçu votre lettre du i!\, avec celle de M. Phelipeaux de même date et le nouveau projet pour abréger, en réduisant la matière à [sept] chefs1, au lieu de cinq que marquait votre lettre du 10 à M. de Paris. L'un et l'autre était bon : le dernier est le meilleur, et je le suivrai dans mes qualifications. Je ne puis encore vous les envoyer, car il faut du temps pour digérer de pareilles choses. Vous avez déjà des qualifications de moi, auxquelles il y a très peu à ajouter.

Le cardinal Ferrari doit recevoir par cet ordinaire une lettre et une censure très bien faite, du P. Alexandre2, à qui j'ai parlé. Tout est bon et va en droiture.

Lettre 1134. — L. a. n. s. Bibliothèque de Dijon (Recueil : Comté et duché de Bourgogne, Autographes, I, p. 3n). Cf. L. Crouslé, dans le Bulletin de la Société des Humanistes français, 1897, p. ig5, et la Revue Bossuet, a5 janvier 190^, p. 3i.

1. Bossuet, par erreur, a écrit huit, au lieu de sept, que donnent les éditions.

2. Le P. Noél Alexandre, né à Rouen le 19 janvier 1689, fut admis k la profession chez les dominicains dès le 9 mai i655. Il vint étudier à Paris, obtint le quinzième rang à la licence de 167^, et occupa une chaire au couvent de la rue Saint-Jacques. Il fut élu provincial en 1706, mais exilé en 1709 à Chàtellerault pour jansénisme. En 1723, son hostilité à la bulle Unigenitus lui fit supprimer la pension qu'il recevait du clergé de France. Il avait perdu la vue depuis douze

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Selon ce que diront vos lettres, nous pourrons bien envoyer nos avis par un courrier exprès. Souvenez-vous d'en user de même selon les instructions de ma précédente, et encore en cas qu'il paraisse quelque chose de M. de Cambrai contre M. de Paris ou contre moi. Nous avons avis qu'il a fait un écrit latin3, dont il a retiré tous les exemplaires et jusans, lorsqu'il mourut à Paris, le 21 août 172^. Il était l'ami des plus savants prélats de France, et le pape Benoît XIII l'avait en très haute estime. Il a composé, soit en vue de son enseignement, soit à l'occasion des querelles du temps, un grand nombre d'écrits, dont voici les plus connus : Summa D. Tliumx vindicata et eidein Angelico Doctori asserta contra prœposteram J. Launoii dubitationem ; Item contra Launoianns circa simoniam observationes animadversio, Paris, 1670, in-8; Selecta historié ecclesiasticœ capita et in loca ejusdem insignia dissertationes historicœ. etc., Paris, 1676-1686, 2^ vol. in-8; Dissertationum ecclesiaslicarurn Trias, Paris, 1678, in-8; Dissertatio polemica de confessions sacramentali , Paris, 1678, in-8 (Ces trois ouvrages, quoique savants, ont été mis à l'Index pour le gallicanisme qui les anime; Rome en permie cependant l'édition donnée a Lucques par Roncaglia en 1734); Theologia dogmatica et moralis, Paris, i6g3, 10 vol. in-8; Lettres d'un théologien aux Révérends Pères Jésuites pour servir de réponse aux lettres adressées au P. Alexandre par un religieux de leur Compagnie (le P. Daniel), 1697, in-12; Apologie des dominicains missionnaires à la Chine, Paris, 1699, in-12; Lettres d'un docteur de l'Ordre de saint Dominique sur les cérémonies chinoises au R. P. Le Comte, de lu Compagnie de Jésus, Cologne, 1699, in-12. (A consulter: Lettre d'un religieux de l'Ordre de saint Dominique [le P. Alissan] sur la mort du T. R. P. Alexandre, s. 1., 172^, in-12; Ant. Arnauld, OEucres, t. II; Nécrologe des plus célèbres défenseurs de la vérité du XVIIIe siècle, s. 1., 17(10, t. I; Quétif et Échard, Scriptores Ordinis Prœdicat., t. II, p. 810; le P. Touron, Hist. des hommes illustres de l'Ordre de saint Dominique, t. V, p. 8o5 ; Dorsanne, Journal, t. II, in-4, p. 170 et 233 ; R. Coulon, Jacobin gallican et appelant, dans la Revue des sciences philosophiques et théologiques, janvier 191 2; Hurter, Nomenclator literarius, t. IV, col. ii8o-n83.)

3. « Le vendredi, Ier août, l'abbé de Chantérac distribua une lettre de M. de Cambrai en réponse à la lettre de M. de Paris. Comme elle contenait beaucoup de faits dont on pouvait aisémenj montrer la fausseté, on ne la confia qu'aux amis du parti, à deux conditions : i° qu'on ne la communiquerait point; 2° qu'il aurait la

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qu'aux épreuves et maculatures4, et dont on n'a pu même savoir le titre. C'est signe qu'il nous le veut cacher.

Nous attendons l'effet de ma Relation, que je fais mettre en latin et en italien '\ Si elle faisait à Rome un aussi prompt effet qu'en France, elle changerait tout le monde, et jusqu'aux plus zélés partisans de M. de Cambrai. Tout tourne ici contre lui; et l'on s'étonne, non seulement des longueurs de Rome, mais encore de ce que nous ne parlons pas. Il faudra voir aussi ce que produiront les lettres de M. l'archevêque de Paris, où il déclare qu'on parlera si Rome tarde trop0.

Le P. Estiennot écrit à M. l'archevêque de Reims, de manière à faire paraître que Rome ne sait plus où elle en est, que tout y est ignorance ou politique. Selon lui, le cardinal Casanate même n'est pas exempt de ce mal: il dit que ça7 lui casse la tête, et qu'une proposition mauvaise trouve aussitôt sa con-

liberté de la retirer, s'il venait des ordres de M. de Cambrai de la supprimer. On fut obligé de la faire copier toute une nuit, sur l'exemplaire du cardinal de Bouillon que je tirai secrètement de M. Zeccador, à qui il l'avait prêté pour un jour » (Phelipeaux, t. II,

l\. Maculatures, feuilles mal imprimées et qui ne servent et ne sont bonnes qu'à faire des enveloppes (Richelet).

5. Elle fut aussi traduite en anglais par un protestant, qui en prit occasion de comparer les divisions des catholiques avec celles que Bossuet, dans ses \ ariations, avait reprochées aux hérétiques : Quakerism à-la-Mode, or a History of Quietism. Parlicularly lhat of the Lord Archbishop of Cambray and Mme Guyon... Write by Messire Jacques Bénigne Bossuet, Londres, 1698, in-12 (Cf. Lambin, dans le Bulletin du Bibliophile, janvier 1910, p. 34).

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