Phrase omise dans les éditions
12. «On pourrait être étonné decequeM. Bossuet mettait au nombre des propositions censurables celle-ci : « Ce qui n'est pas charité, est cupidité », puisque saint Augustin a dit : « Non prœcipit Scriptura nisi charitatem, nec culpat nisi cupiditalem : L'Ecriture ne commande que la charité, et ne défend que la cupidité » (De docl. christ., lib. 111), paroles qui semblent d'abord renfermer tout le fond de la proposition de M. de Cambrai. Mais, si l'on fait attention à ce qu'ajoute ici M. Bossuet, on verra qu'il ne reprend dans la proposition de son adversaire que la définition qu'il donnait du mot charité, où l'auteur admet, dit-il, une charité qui n'est pas la théologale. Et en effet, il ne faut que lire les huit premières pages du livre des Maximes des
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L'amour de pure concupiscence, quoique sacrilège, est une disposition à la justice, qui sont deux propositions qui ne peuvent être excusées par nulles tergiversations.
A Paris, 23 juin 1698.
J'ai reçu votre lettre du 3. Vous avez bien fait de montrer le mémoire de M. de Cambrai à Mme de Maintenon. Toutes les lettres de Rome retentissent
saints, pour voir que l'auteur appliquait très mal à propos à l'espérance chrétienne le principe de saint Augustin, qui attribue à la cupidité charnelle et vicieuse tout ce qui ne vient pas de la charité. Ainsi il représentait dans son système l'espérance chrétienne comme mauvaise, et donnait le nom de charité à un amour puremeni naturel, et tout à fait distingué de l'amour surnaturel, du don par excellence qui constitue la troisième vertu théologale. M. de Meaux, lui ayant reproché d'avoir avancé ces erreurs dans son livre des Maximes et d'avoir voulu en rendre saint Augustin complice, ce prélat, au lieu de les rétracter, les confirma par son Instruction pastorale explicative de son livre, dans laquelle il s'exprimait ainsi : « J'ai entendu en cet endroit de mon livre, par le terme de charité. tout amour de l'ordre considéré en lui-même ; et par celui de cupidité, tout amour particulier de nous-mêmes. » Par conséquent, selon M. de Cambrai, tout amour de l'ordre naturel ou surnaturel est charité, et tout amour particulier de nous-mêmes est cette cupidité charnelle, que saint Paul appelle la racine de tous les vices. M. Bossuet réfute amplement ces erreurs dans sa Préface sur l'Instruction pastorale de M. de Cambrai, section III, n. 48 ; sect. X, n. io4 et suiv., dans l'écrit latin intitulé Quietismus redivivus, Admon. praev., n. 22 ; et dans beaucoup d'autres endroits de ses ouvrages contre le quiétisme. » {Note de Deforis).
Lettre 1115. — Le dimanche 22 juin, Bossuet avait donné, dans I église des religieuses de la Miséricorde du faubourg Saint-Germain, la bénédiction canonique à Mme La Chaussée d'Eu d'Arrest, abbesse de Notre-Dame de ïroyes (Gazette de La Haye, 1698, n» 53).
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du bon clTet que cette lecture a produit1 : cela a été trouvé ici fort bon et fort à propos. Vous allez présentement recevoir la suite de ma Relation : elle authentiquera tout, et l'on verra bien que je n'écris pas sans aveu. M. de Chartres envoie aussi par cet ordinaire sa Lettre pastorale2, qui sera d'un grand poids : il vous en fera part. Le surplus des faits vous sera mandé par M. de Paris. Je fais mettre en latin3 ma Relation ; je la ferai traduire aussi en italien, si l'on peut trouver une plume assez élégante. M. le nonce m'a assuré qu'il avait écrit sur le mémoire de M. de Cambrai, qu'il lui paraissait être de la main de ce prélat. Le principal est qu'on connaisse deux choses : l'une, que le Roi est implacable sur M. de Cambrai ; ce qu'il a fait dans la maison des princes en est la preuve. Assurez-vous qu'il n'y a point de retour: ce que nous imprimons ici aux yeux de la Cour en est une confirmation. Quoi qu'il arrive, et quand même on mollirait à Rome, ce qui ne paraît pas être possible, on n'en agira pas ici moins fortement, car le Roi voit bien de quelle conséquence il est, pour la religion et pour l'Etat, d'étouffer dans sa naissance une cabale de fanatiques, capable de tout, et qui en est venue à une
1. Sur cette violation du secret du Saint Office, voir t. IX, p. 368.
2. Voir p. 71. L'évêque de Chartres ajoutait en appendice une Première réponse donnée par M. l'archevêque duc de Cambrai aux difficultés de M. l'évêque de Chartres.
3. Cette traduction latine n'a pas été imprimée, mais elle fui envoyée manuscrite à Rome. Elle était de l'abbé Boutard (Histoire de l'Académie royale des Inscriptions et belles-lettres, Paris, 1740, in-12, t. III, p. 72).
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insolence qui a étonné ici tout le monde. L'autre chose qu'on peut tenir pour assurée, c'est le parfait concert des évêques avec le Roi, pour couper la racine d'une dévotion qui tend manifestement à la ruine de la religion.
On n'a garde de nommer en rien le cardinal Casanate, dont le nom est à ménager en tout et partout4.
Des deux concurrents que vous nommez pour la place d'assesseur, on ne sait ici lequel est plus digne d'être exclu.
Quant au chapeau, le cardinal de Bouillon le voudrait plutôt pour M. de Chartres que pour M. de Paris, et plutôt pour M. de Paris que pour moi.
Je pense et repense à ce que vous m'avez mandé sur la vue de M. de Paris5 : cela est fort délicat.
Vous trouverez des ouvertures pour répondre à toutes les objections dans le commencement du Schola in tuto ; il y en aura d'autres dans le Quietismus redîvivus. Je ne vois rien de meilleur que de poser pour principe qu'il faut joindre les deux motifs de l'amour de Dieu in praxi, et de donner quelque mot fort pour décrier les chimères des suppositions impossibles. Je roule cela dans mon esprit, et ne sais encore que dire.
Pour la place vacante d'assesseur, j'entends vanter M. Nucci6 à M. le cardinal d'Estrécs.