Le 11 juillet
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la France par cette expédition palliative, et en même temps éluder tout ce qu'on dirait sur les longueurs de l'examen. D'autre côté, Rome préviendrait le mal de laisser le livre en autorité pendant l'examen, et s'engagerait à une expresse qualification de la doctrine. Sur cela, je vous avoue, mon cher Seigneur. que je voudrais bien vous écouter pour me déterminer par votre avis. Mais, pour vous dire le mien en attendant, j'accepterais le parti à deux conditions : l'une, que dans la prohibition fût apposée la condition ci-jointe2; et l'autre, qu'on résolût en même temps une voie courte de finir l'examen, en réduisant les propositions à six chefs, sur lesquels les examinateurs ne pussent parler que demie heure, ainsi qu'on l'a proposé de notre part.
Des six chefs, il y en a cinq dans la lettre que mon neveu vous écrivit sur ce sujet, et dont vous me donnâtes la lecture le dernier jour que j'eus
2. Le projet autographe de cette prohibition, conservé au Grand séminaire de Meaux, est sur une feuille à part. Le voici :
« Cum ex occasione libri galliei cui titulus, Explication, etc. ab archiepiscopo Cameracensi editi, grave scandalum ac perlurbatio animarum exorta sint, et incrementum capere non cessent, Sanctissimus decrevit ut ejusdem libri examen, quod jamdiu incœptum est, quam diligentissime ad optalum et debitum finem perducatur. Atque intérim, ne periculosissimi ac damnosissimi libri lectio in grave detrimentum vertat animarum, idem Sanctissimus eumdem librum, et omnes libros ad ejusdem defensionem pertinentes, sub excommunicationis latae sententiae pœna prohibuit ac prohibet, omnibus locorum Ordinariis auctoritate apostolica districte praecipiens, ut hujus Decreti executioni, pro sua quisque parte, diligenter intendant. »
« A cela je ne vois que le péril d'entrer en négociation avec Rome sur une chose dont elle va * être maîtresse**. »
* Deforis : croit.
** Phrase omise par Lâchât.
78 CORRESPONDANCE [juill. 1698
l'honneur de vous voir. Le sixième serait sur la tradition secrète, et sur ce que l'état d'amour pur est inaccessible aux saints, et leur doit être caché.
Le tour de persécution qu'on donne à l'exil des quatre chassés3, est le plus malin qu'on y pouvait donner; mais après tout il est bien faible*.
Après ce que nous avons écrit, vous et moi, sur le jugement qu'on pourra prononcer ici, si l'on ne prend des expédients pour abréger les longueurs, il semble qu'il va être temps que le Roi s'explique d'un ton ferme à M. le nonce. Mais, comme on nous fait espérer qu'on aura pris sur cela un parti à Rome le jeudi qui devait suivre les lettres du premier juillet, la prudence voudra peut-être qu'on attende encore jusqu'à la réception des lettres de l'ordinaire prochain, afin qu'on puisse parler plus précisément.
Quant à la menace qu'on nous fait d'émouvoir l'Université de Salamanque, il me semble, mon cher Seigneur, qu'il est bon d'en avertir Sa Majesté, afin qu'elle ordonne à son ambassadeur d'Espagne5 de veiller à cette affaire ; et cependant, pour son instruction et pour celle des docteurs de delà, on pourrait lui envoyer la Déclaration des évêques en latin, le Summa doctrinse, votre Instruction pastorale en français et en latin, votre Réponse aux quatre lettres, la Lettre pastorale de M. de Chartres, ma Réponse et ma Relation. Anisson vous envoiera tout
3. Édit. : des quatre exclus de la maison des princes. k- Ce dernier alinéa est écrit à la fin de la quatrième page dans le ms. ; la copie Pinchart place la prohibition immédiatement après. 5. Le marquis d'Harcourt.
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ce que vous lui ordonnerez par rapport à moi. Tout à vous, mon cher Seigneur, avec le respect que vous savez.
J. Bénigne, é. de Meaux.
Vous voyez à la colère de qui6 s'expose l'abbé Bossuet par les vives remontrances qu'il fait au Pape et aux cardinaux7. Je vous supplie, mon cher Seigneur, de l'encourager et de l'assurer que vous veillerez aux mauvais offices qu'on lui pourrait rendre ici, comme je vous en supplie et je l'attends de votre amitié.
1738. — A l'Abbé Bossuet.
A Meaux, 20 juillet 1698.
Votre lettre du premier m'apprend que, malgré les saintes intentions du Pape, l'on n'a point encore pris de parti sur les expédients proposés d'avancer la délibération. Il faut encore attendre ce qu'auront fait la Relation et les autres choses que nous avons écrites, ou que le Roi pourra avoir dites à M. le nonce. Pour moi, je crois qu'il n'y a point d'autre moyen d'abréger que d'obliger les examinateurs à donner leurs vœux par écrit, et qu'ensuite les cardinaux donnent leur avis, et que le Pape prononce.
Je ne crois pas que vous puissiez venir à bout