‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 42 sur 224 · Ceci sera expliqué, p. 8g · texte numérisé non relu

Ceci sera expliqué, p. 8g

Lettre 1136. — Copie authentique, au Grand séminaire de Meaux.

juill. 169S] DE BOSSUET. -5

vous plaindre de mon silence. Je vous écrirais plus souvent, si je pouvais me résoudre à vous mander des incertitudes et des conjectures. Les longueur* de Rome sont insupportables1. On fait ce qu'on peut pour les presser : le zèle du Roi ne se ralentit pas. On voudrait bien avoir à concerter avec vous tant ce qui regarde le dogme que ce qui regarde la conduite.

Au reste, vous n'avez pas oublié votre , et

Y aigle vous est fort obligé".

Je n'empêcherai pas qu'on imprime en vos quartiers la Réponse à quatre lettres et la Relation, pourvu que je n'y paraisse pas. Pour cela, on vous envoiera les secondes éditions, qui sont plus correctes, et je marquerai quelques fautes qu'on n'y a pas corrigées.

Il n'y a rien de nouveau. M. l'abbé de Catelan est fort estimé3, et il doit imputer à sa modestie de ce qu'on ne lui a pas fait faire une fonction de précepteur. Il n'y a point apparence qu'on change rien à présent, ni même qu'on donne la place de M. de Cambrai, le prince étant si proche de sortir d'entre les mains des gouverneurs et des précepteurs. Mon témoignage, au reste, n'a pas manqué à M. l'abbé de Catelan, et ne lui manquera jamais.

J'ai reçu la copie de votre lettre à M. de Mont-

1. L'archevêque de Reims écrivait à l'abbé Bossuet le 19 juillet, de Donchery, où il était en visite pastorale : « J'avoue que je ne comprends pas les longueurs de la cour de Rome dans l'affaire de M. de Cambrai. Je vous exhorte à ne point perdre courage. »

2. Phrase omise dans les éditions. Sans doute, La Broue avait donné comme chiffre à Bossuet, qui n'y contredit pas, le nom d'Aigle (de Meaux) que la postérité a consacré.

3. Voir une appréciation quelque peu différente, t. IX, p. 3g2.

76 CORRESPONDANCE [juill. 1698

pellierv : je ne sais encore quel tour prendra cette affaire. J'attends vos remarques avec un esprit de docilité. Je suis avec le respect que vous savez, avec loute la confiance et toute la cordialité, Monseigneur, votre très obéissant serviteur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Germigny vous baise les mains, et rend ses hommages à Maserettes".

A Antoine de Noailles.

A Meaux, 19 juillet i(

Quoique je doive être à Paris lundi1 soir au plus tard, je ne laisse pas, mon cher Seigneur, de vous écrire aujourd hui sur la proposition qu'on dit être faite au Pape par le général de la Minerve, de défendre le livre par provision, en attendant que l'examen soit achevé, et les qualifications particulières résolues. Mon neveu me renvoie à vous pour apprendre les raisons de part et d'autre : quoiqu'il ne me les explique pas, je crois les voir. D'un côté, Home, contente de cette prohibition, s'en tiendrait là et croirait apaiser, ou du moins amuser le Roi et

t\. Il s'agit sans cloute d'une lettre au sujet de la conduite à tenir à l'égard des protestants.

5. Mazerettes, village dépendant de la commune de Mirepoix ; l'évèque de cette ville y avait sa maison de campagne.

Lettre 1131. — Les quatre premières pages de l'autographe appartiennent à la collection de M. Dupas, de Bordeaux. Une copie par le P. Pinchart, Bibliothèque de Reims, ms. 1 iA5.

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