Voir t. VII, p
7. Sur la manière dont le quiétisme fut introduit dans cette maison.
8. Le 3i juillet. L'orateur, suivant Plielipeaux (t. II, p. i4o), avait dit de saint Ignace : « Il avait coutume de s'écrier : Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur, parce que vous êtes très aimable et très parfait. Je ne vous aime pas pour jouir de vous ni de votre béatitude ; je suis prêt à y renoncer pour votre plus grande gloire. Dans ce degré d'amour et dans cette indifférence pour la félicité éternelle, il s'est égalé au Verbe divin, qui a renoncé à la béatitude pour racheter le monde; mais il a beaucoup surpassé le prince des apôtres, qui, ayant vu un rayon de la béatitude sur la montagne du Thabor, s'écria: « Faisons ici trois tabernacles ; il nous est avan-
août 1698] DE BOSSUET. m
tions. On y a prêché l'amour pur et l'indifférence du salul, égalant saint Ignace à Jésus-Christ, qui, a-t-on dit, avait abandonné la béatitude pour venir sauver les hommes. Je ne puis vous les envoyer par cet ordinaire : elles sont entre les mains de gens qui en pourront profiter.
A Germigny, 10 août 1698.
Votre lettre du 22 juillet, qui m'apprend votre mal de tête, me donne en même temps la consolation de l'espérance que vous avez d'en être quitte bientôt.
Je suis bien aise que la Relation fasse son effet. Elle est traduite en italien par M. l'abbé Régnier', autant que j'en puis juger, très élégamment. Nous allons achever de la revoir aujourd'hui, et aussitôt après je la ferai imprimer pour vous l'envoyer avec toute la diligence possible. Si la traduction que vous faites faire nous prévient, il vaut mieux, dans le doute
tageux de demeurer ici. » Pierre abandonna les fonctions de l'apostolat pour jouir de la béatitude ; mais Ignace, plus parfait que Pierre, renonce a la béatitude pour gagner des âmes à Dieu : c'est en cela que consiste l'abnégation chrétienne ». Et Phelipeaux ajoute : «On fut scandalisé de ce discours. J'en fis des plaintes au cardinal Gasanate, et je lui donnai une censure sur ces propositions ; mais, comme on n'avait pas le manuscrit du prédicateur, on ne put procéder juridiquement contre lui ».
Lettre 1751. — L. a. n. s. Les quatre premières pages à la Bibliothèque V. Cousin, à la Sorbonne ; la fin, inédite, est au Grand séminaire de ftleauK.
1. Relazione intorno al quietismo, composta in franzese da Monsignor vescovo di Meaux, Paris, 1698, in-8. L'achevé d'imprimer est du 20 septembre.
112 CORRESPONDANCE [août 1698
où vous êtes, hasarder d'en avoir deux que d'en manquer.
Apparemment vous aurez à présent la Réponse de M. de Cambrai à cette Relation, et ce prélat n'aura pas manqué de l'envoyer à Rome, où il dépêche souvent des courriers. Pour ici, ce qu'il fait imprimer est d'un secret presque impénétrable. J'ai pourtant sa Réponse, à la réserve de quelques feuilles2. Il ne fait que s'embarrasser davantage. Aussi mande-t-on qu'il n'est pas content de cette réponse, et qu il la refait. On dit aussi qu'il a supprimé la Réponse latine à M. de Paris, et qu'il l'insère dans la mienne3. Quoi qu'il en soit, envoyez-nous en diligence tout ce qui tombera entre vos mains.
Servez-vous avec prudence de mon mémoire latin4, et n'ayez égard qu'au bien de l'affaire.
On n'a jamais tant parlé d'ambassadeur à Romeb qu'on fait à présent. Je ne sais quel en sera l'événement. On dit que M. le duc de Gramont6 s'excuse sur la dépense. On craint que M. de Monaco ne soit trop ami7. Le premier, qui est allié si étroite-
2. Ces mots ne signifient peut-être pas que Bossuet avait eu ces feuilles au fur et à mesure de l'impression, car alors les ouvrages une fois imprimés se vendaient souvent en blanc, c'est-à-dire sans être reliés.