‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 62 sur 224 · Voir t. IX, p · texte numérisé non relu

Voir t. IX, p

11. Emmanuel Théodose de La Tour, duc d'Albret, était l'aîné des fils alors vivants de Godefroi Maurice, duc de Bouillon. Il avait découvert et produit un testament de son bisaïeul, Henri de La Tour, maréchal de Bouillon, portant substitution perpétuelle de la terre de Turenne (en Limousin) au profit des aînés de sa maison. Il s'ensuivait que le duc de Bouillon ne pouvait disposer que des revenus de cette terre de son vivant et était mis hors d'état de la donner à un de ses cadets. Ce fut l'occasion d'un procès célèbre, dans lequel le duc d'Albrel eut pour lui Dagues^eau, alors avocat général, et contre lui le Roi, qui enleva la connaissance de l'affaire à ses .juges naturels pour la porter au Parlement de Bourgogne. La partialité de Louis XIV tourna contre le duc d'Albret l'opinion publique aussi bien que les magistrats dijonnais (Saint-Simon, t. V, p. 32/j ; t. VI, p. 23 1 ; t. XIII, p. 3i6 ; t. XIV, p. 36i et t. XX, p. 5o et suiv.).

12. Par les manèges d'Ondedei, évèque de Fréjus, le duc de Bouillon avait épousé, le 20 avril 166^, Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin. Elle fut l'amie de La Fontaine et fit tomber la Phèdre de Racine; etc. (Amédée Renée, les Nièces de Mazarin. Paris, 1857,

n/i CORRESPONDANCE [août 1698

amis se mettent entredeux, et on doit beaucoup souhaiter que leurs soins réussissent. On croit que M. le duc d'Albret agit par un secret concert avec M. le cardinal de Bouillon13.

M. de Vendôme14 a paru à la Cour avec tant d'honnêteté qu'on en a été charmé. Mais je n'ai pas encore appris que M. le Grand prieur soit hors de la Bastille. Vous en saurez la nouvelle plus fraîche de Paris. Et15 depuis il a vu le Roi et Monseigneur. Tout a été bien respectueux. Il a demandé pardon à M. le prince de Conti.

Quietismus16 redivivus va partir, et on tire la dernière feuille.

1752. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.

Rome, ce 12 août 1698.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Meaux et de Paris, du 20 et 21 juillet, et en même temps tous les différents projets l. Le projet provisoire sera inutile, car il n'est plus temps d'en faire usage. Le projet in globo serait de saison; mais, comme il est fait, cette cour se résoudra peut-être plus aisément à qualifier les propositions avec un respective qu'à les condamner ainsi en

in-8; Deltour, les Ennemis de Racine, Paris, i85g, in-8; Saint-Simou, t. XXIV, p. 394).

l3. Au contraire, le cardinal de Bouillon, oncle du duc d'Albret, le réconcilia avec sa famille, avant même la fin du procès (Saint- Simon, t. XIV, p. 362).

i!\. Voir plus loin, p. 122.

i5. A la marge inférieure, ajouté par Bossuet.

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