A M. BULOZ
Ce 28 avril 1863.
Mon cher Buloz,
J'ai remis à de Mars l'article Magnin pour la Revue; il Ta donné à l'imprimerie. J'ai tâché, avant tout, que
l'article fût bon et intéressant : ce n'était pas absolument aisé^ ayant affaire à une physionomie un peu eftacée. J'y ai mis le plus de vivacité que j'ai pu. J'ai lu à de Mars les principaux endroits. Il n'y a pas trace de politique. 11 y a une assez grande liberté de jugement littéraire. J'ai vu de Mars un peu effrayé à un endroit où j'ai prononcé le nom deTaine; j'ai besoin de ce nom pour contraste. J'ai appris que Taine n'était pas, pour le quart d'heure, des mieux à la Bévue. Il me semblait le contraire, de loin. Mais peu importe. Ce que je désire, mon cher Buloz, c'est, en revenant parmi vous et vos amis (ce qui m'est un plaisir et un honneur), d'y rentrer sur le même pied qu'autrefois. Je suis, depuis quinze ans, habitué à une parfaite liberté dans les journaux qui passent pour non indépendants; vous ne voudrez pas que je sois moins libre en écrivant à la Revue. J'ai assez de bon sens pour observer les convenances du lieu où je suis. Je ne me refuserai jamais à écouter un conseil d'homme judicieux, et je l'en remercierai, au contraire. Mais, une fois l'article imprimé et corrigé, il doit rester ce qu'il est. Je ne vous écrirais pas sur ces vétilles, si je croyais que vous fussiez revenu pour le 15 mai, époque où l'article paraîtra; mais. on médit que la beauté du lieu vous retient, et vous voilà pour la propriété ce que vous ayez été pour la Bevue^ la voulant faire la plus belle possible. Vous avez de l'idéal dans le positif. Vous êtes tout entier là où vous êtes. — J'envie votre beau séjour, et je suis tout à vous.
A M. PAUL GHÉRON.
Ce dimanche 8.
Mon cher ami,
Si vous êtes libre mardi, vous seriez bien aimable de nous dédommager et de venir dîner sans aucune façon. — Vous savez nous faire plaisir.
Mon prochain sujet est assez compliqué : Troubat vous Texpliquera. Je voudrais «la Vie du cardinal Fesch, publiée à Lyon, il y a quelques années ;
Et ce que vous auriez, qui m'apprendrait des détails précis sur le règne de la Congrégation en France de 1821 à 1827, — cette forme de tartufferie politique.
Tout à vous.
P. -S. — Voici mon prochain sujet. C'est à propos de Lacordaire et de sa célébration. Je reviens à peine sur lui que je ne veux pas maltraiter, ayant été de ses amîs..Bfais je prends les quatre moments religieux en France depuis 1800 :
1° Le Concordat, Chateaubriand, Fontanes, etc., connu. C*est pour cela que je voudrais le Fesch ;
2° Le moment de tartufiferie religieuse sous la Restauration. C'est là où j'ai besoin de choses précises sur la Congrégation ;
3" Le moment Lamennais, Lacordaire, etc., 1831, 183o, connu ; 40 Le moment clérical actuel, très-connu *.