A M. JULES TROUBAT
Compiègnc» ce mardi (8 décembre 1863).
Cher ami.
Me voilà installé. Dans huit jours, je serai à la veille de vous revoir. Mon eô'ort d'imaginative et tout mon labeur
consistent ici à glaner çà et là une remarque de Vaugelas et à y rêver. — On rêve à quoi Ton peut.
Je me lève, je me lave, je me promène, je cause, je déjeune, je me repose, je me promène, je recause, je dîne, je cause, je vois danser. De belles futaies, des coteaux boisés sont sous mes yeux. Mon cerveau vous reviendra reposé, repu de loisir, féroce, afifamé. Ayez, s*il vous plaît, le Quinte-Curce de Vaugelas et ce qui s'ensuit, tout prêt sur ma table. Ce grammairien va essuyer ma première bordée.
Je plaisante, mais je vous regrette.
Tout à vous, mon bon et cher ami.
P. -S. — Amitiés à madame Dufour, à Marie.