A M. JULES TROUBAT
Ce 16 septembre 486A.
Cher ami,
J*allais vous répondre et vous remercier de votre bonne lettre et des détails qu'elle contient, lorsque je reçois la terrible dépêche. 11 n'y a rien à dire pour de tels coups, et la nature ne veut ni consolations ni allégement. Le partage de la douleur est le seul adoucissement; revenu, comme vous l'êtes, au sein de votre famille, vous avez cette satisfaction dernière, et je désire apprendre de vous qu'un moment de suprême connaissance, comme en ont
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les mourants, aura averti votre mère de votre présence si désirée. Jouissez tristement, cher ami, de ces jours de deuil et de loisir. — Nous avons tous, ici, été bien touches de votre départ dans ces circonstances ; chaque matin, j'avais besoin de m'avertir pour ne pas demander : « Troubat est-il arrivé?» et je vous cherchais en entrant dans ma chambre d'en haut.
Je vous écris peu, ne le pouvant. Madame Dufour a suffi à la tâche; Tarticle est à l'imprimerie. Je vous prie de présenter mes respects et sympathies douloureuses à monsieur votre père.
Je vous serre cordialement la main.
AU MÊME
Ce 22 Jeudi [1864].
Mon cher ami.
Je reçois votre aimable causerie ; il me semble ^Ire avec vous et voir de vos yeux, entendre de vos oreilles. Je voudrais un jour être assez libre d'esprit pour pouvoir en aller réjouir avec vous et en connaissant directement et le maset * et ses habitants. Je suis moins délivré de souci que jamais; rien n*avance. Je sens déjà l'ennui du rien faire ou du moins faire qui engendre les inquiétudes. Quand on est surchargé, on ne s'inquiète pas, on tâche de subvenir à sa