A M. EUGÈNE TOURNEUX, ARTISTE PEINTRE
7 novembre 4838.
Monsieur,
Je suis bien reconnaissant de votre aimable présent. Ces Chants j que je n'avais qu'à peine feuilletés l'autre jour sur la table du salon vert 3, sont pleins de choses senties et élevées : ce sont de vrais Chants. Remerciez-en pour moi votre ami et recevez pour vous-même l'expression de mes sentiments très-vrais et du plaisir que j'ai à vous connaître.
1. Lettre écrite au sujet de l'envoi des Chants et Prières, par Charles de Maricourt et Eugène Tourneux, Paris, Dessessarty 1838, in-12.
2. Sainte-Beuve et M. Eugène Tourneux se rencontraient souvent dans le salon du général Pelletier.
Sfi CORRKSPONDANCE
A M. ADAM MIÇKIEWIGZ.
Jeudi, 28 novembre 1838.
Monsieur,
Je reçois une lettre de mes amis Olivier. L'Académie de Lausanne \ient de prendre une décision à votre sujet : elle a décidé, à Tunanimité et avec acclamation, de demander au Conseil d'État de vous appeler à un cours provisoire aux meilleures conditions et avec le maximun d'appointements. Vous voyez, monsieur, que, si le rayon de poésie perce un peu tard, il perce pourtant... Acceptez, je vous y engage. Lausaime est un pays excellent, vous y trouverez (oserai-je dire?) une patrie!... comme tant d*exilés.
Une jeunesse morale, dévouée, patriotique, vous y entourera de liens affectueux. Entre tous, je vous recommande comme un trésor de poésie, d'affection, de toutes les vertus aimables, le foyer de nos chers amis Olivier. Nulle part vous ne pourriez vous appuyer plus fortement; si madame Miçkiewicz vous accompagnait, vous trouveriez de ce côté tout ce qui pourrait aider, alléger. Enfin, monsieur, je désirerais bien vivement pour vous, pour Lausanne; que vous y élussiez séjour. Répondez donc, répondez vite : soit à M. Monnard, recteur de l'Académie, soit à Olivier, qui demeure rue Marteray (vous le savez).
Croyez à tous mes setitiments de respect et d'alfeçtion,
AU MÊME
21 décembre 1838.
Monsieur,
Je reçois une lettre de M. Olivier qui m'apprend que la lettre officielle de Lausanne a dû vous être adressée ; mais il craint qu'elle ne vous parvienne pas, car vous avez négligé, à ce qu'il paraît, d'indiquer une adresse précise. Il semble convaincu de la nécessité d'une réponse prompte de votre part avec renvoi du programme. M. Monnard • nf/envoie un mot également pour m'informer que le conseil de l'instruction publique attend avec impatience acceptation et programme de vous. L'ouverture de l'Académie a lieu le 8 janvier; et tous vos amis de là-bas (et vous en avez beaucoup) paraissent souhaiter vivement que vous y soyez pour cette solennité d'installation.
En vous informant à la hâte de cet état de choses, je n'ai que le temps, monsieur, d'y joindre l'expression de mes vœux pour la santé de madame Miçkiewicz et de mes sentiments bien profonds envers vous.
A MADAME LA COMTESSE CHRISTINE DE FONTANES
6 janvier 1839.
Madame,
Voici la bonne feuille de la lettre de M. de Chateaubriand. J'y joins quelques pièces de vers qu'on pourrai!
A M. ADAM MIÇKIEWIGZ.
Jeudi, 28 novembre 4838.
Monsieur,
Je reçois une lettre de mes amis Olivier. L'Académie de Lausanne \ient de prendre une décision à votre sujet : elle a décidé, à l'unanimité et avec acclamation, de demander au Conseil d'État de vous appeler à un cours provisoire aux meilleures conditions et avec le maximun d'appointements. Vous voyez, monsieur, que, si le rayon de poésie perce un peu tard, il perce pourtant... Acceptez, je vous y engage. Lausanne est un pays excellent, vous y trouverez (oserai-je dire?) une patrie!... comme tant d'exilés.
Une jeunesse morale, dévouée, patriotique, vous y entourera de liens affectueux. Entre tous, je vous recommande comme un trésor de poésie, d'affection, de toutes les vertus aimables, le foyer de nos chers amis Olivier. Nulle part vous ne pourriez vous appuyer plus fortement; si madame Miçkiewicz vous accompagnait, vous trouveriez de ce côté tout ce qui pourrait aider, alléger. Enfin, monsieur, je désirerais bien vivement pour vous, pour Lausanne; que vous y élussiez séjour. Répondez donc, répondez vite : soit à M. Monnard, recteur de l'Académie, soit à Olivier, qui demeure rue Marteray (vous le savez).
Croyez à tous mes ^^tUiments de respect et d'affection,
qu on lui fait subir ne se fait que quand tout est terminé et sur la totalité des feuilles. J'en ai parlé à Hachette: la préparation sera, non pas le satinage^ mais le battage; il m'a expliqué cela, mais je ne vous en pourrais parler pertinemment. Il m'a tout à fait rassuré sur l'effet à l'œil. Je crois que ce sera suffisamment bien. Attendez, je vous en prie, les volumes pour vous former une impression.
Si l'on insère quelque chose au Journal des Débats^ il n'en coûtera pas plus de citer quelques vers en sus. La lettre est si courte, et je vous réponds qu'on l'abrégera encore. Pour ces détails, fiez-vous, je vous prie, à M. de Laborie, qui en fera passer le plus possible : en lui remettant toutes les feuilles que j'ai eu l'honneur de vous envoyer avec mes petites indications, vous n'avez plus à vous inquiéter.
A bientôt, madame. J'aurai l'honneur de vous voir avant, ou avec, ou bien peu après* les volumes.