‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 29 sur 139 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

/i MADAME DESBORDES-YALMORE.

Puisqu'aussi bien tout passe ot que l'amour a lui ; Puisqu'après le flambeau ce n'est plus que la ccndrcf Que le rayon pâli n'est plus même à descendre; Puisqu'en mon cœur désert habite un morne ennui,

Si le loisir du chant me revient aujourd'hui. Qu'en faire, Muse aimée? ot nous faut-il attendre L'écho qu'hier encore il était doux d'entendre, Dernier soupir du nom qui pour toujours m'a fui?

Oh I sortons de moi-même ! et de mon âme errante Suspendons loin de moi la corde murmurante !

Ailleurs, je sais ailleurs des endroits consacrés :

Et, comme un timbre d'or qui parfois chante ou pleure Mon vers harmonieux sonnerait les quarts d'heure Ueureux ou douloureux des amis préférés.

A LA MEM E

Je voudrais bien être pour quelque chose dans cette idée ; mais il est de stricte justice d'en laisser tout l'honneur, toute la bonne grâce à M. Villemain, que je n'ai pas vu une seule fois dans son ministère, avec qui je suis reste brouillé (à la lettre), mais qui mérite bien qu'on se raccommode avec lui, ne fût-ce que pour cela.

Votre humilité vous dérobe que chacun vous connaît et

IJO CORRESPONDANCE

que votre nom est une fleur durable où l'on aimerait à lire, au fond du calice, quelques lettres de spn nom.

Je suis accablé de travail. A bientôt pourtant, j*espère bien.

A vous toutes et à votre fils.

A M. LE VICOMTE JULES DE GÈRES

3 mai 1840.

Je reçois, monsieur, Faimable livre de Poésies que vous voulez bien m'adresser. Vos Premières Fleurs sont pleines d*un parfum de sensibilité et de grâce que tous les avril n'ont pas. Recevez tous mes remercîmerits pour vous être souvenu de moi, et avoir mêlé mon nom à de si flatteuses prémices.

Mille compliments distingués.

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