A M. 6ERDÈS, GÉRANT DE LA REVUE DES DEUX MONDES
Ce 15 juillet (1846).
Cher monsieur Gerdès,
Nous voilà libres du numéro. Tirons-nous un peu sur Mademoiselle A'issé ^? Tout ce que je voudrais, c'est de nous voir en train. Vous ne tirerez pas la première feuille, n'est-ce
1. La dernière édition complète et déflnitive de Port-Royal n'a paru qu'en 1867.
2. La notice sur Mademoiselle Aissé, qui fait aujourd'hui partie di's Portraits littéraires^ t. III, avait paru dans la Revue des Deux Mondes du 15 janvier 1846. Il s'agissait ici d'une réimpression de cette notice en tète d'une édition des Lettres de riMdemoiselU A'issé, qui a été publiée la môme année.
pas? sans avoir Tobligeance de m'avertîr pour que je jette les yeux sur la tierce.
Quant à ce qui reste à composer de la notice, ce que je désire, c'est de ne pas laisser plus longtemps cette partie, que j'ai refaite et qui me coûterait beaucoup de peine si elle était perdue, entre les mains des ouvriers, qui peuvent très-bien en égarer quelque feuillet. Ainsi je voudrais que vous m'en fissiez envoyer ou l'épreuve, ou au moins la copie.
Je voudrais bien apprendre que votre affaire arrive à une solution satisfaisante et que vous êtes hors de ces tracas.
Mille amitiés.
AU MÊME
Ce samedi*
Cher monsieur Gerdès,
Je reçois à l'instant le plus charmant portrait du chevalier d'Aydie*. Le dessin est dans le genre de l'autre, un peu moins grand. Le chevalier a trente ans, et est un très-joli héros de roman.
Je crois qu'on en pourrait faire une lithographie soignée. Faites-moi le plaisir de venir le voir. Nous le mettrions en tête des lettres du chevalier, après celles d'Aïssé, et j'ajou-
i. LAmant de mademoiselle Aïssé. (Voir la lettre précédente.)
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 13î>
teraîs un petit mot pour remorcier lo monsieur qui Ta fait si obligeamment à notre intention. Ne serait-il pas bon do voir un peu cbez le graveur qui a le portrait d'Aïssé, s'il avance et s'il soigne son ouvrage?
Tout à vous.
XCYII.