‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 88 sur 139 · A M. PIERRE LAFFITTE · texte numérisé non relu

A M. PIERRE LAFFITTE

Ce 4 novembre i86i.

Je suis un ingrat, mon cher monsieur, de ne vous avoir pas encore remercié de votre intéressant travail sur la Chine. Je voudrais être plus compétent sur ce sujet pour avoir le droit de vous dire combien votre théorie m'a paru ingénieuse et en même temps probable. — Aujourd'hui, j'ai à vous prier de remercier l'homme remarquable dont vous m'aviez parlé, M. Magnin, pour la Lettre^ .si élevée de sentiments et de vues par lui adressée à M. Gongreve, que je viens de recevoir et de lire avec une vraie édification. Croyez, mon cher monsieur, à mon admiration pour vos efforts, à mes vœux pour votre réussite, au moins partielle : je voudrais avoir plus d'autorité pour vous le dire.

Bien à vous.

1. Lettre sur la grève des ouvriers du bâtiment à Londres, ailressce au docteur Richard Congre ve, par M. Fabien Magnin, ouvrier menuisier. Brochure in-S», Paris, 1861.

Ce i4 décembre 1861.

Cher ami,

Vous aurez compris que, si je n'ai pas répondu, c'a été à cause de ma surcharge de travail.

J'ai tout reçu de r Opinion et tout lu avec intérêt, depuis la Sœur Philomène jusqu'à l'article Meissonier * .

Je voudrais pouvoir faire ce que vous désirez. Voici mes difficultés : je hais de solliciter. Si l'on sollicite vaguement, mollement, on n'obtient pas : il n'y a qu'une manière, c'est de demander comme pour soi. Or, cela engage beaucoup. Je prends ces personnages par leurs surfaces polies, je réserve mon indépendance ; n'ayant jamais rien à leur rendre, je m'abstiens d'être leur obligé ! Combien il faut estimer l'intérieur des gens pour supporter d'être leur obligé !

Cela ne veut pas dire que je ne tenterai rien ; mais ce m'est une difficulté morale. . .

Excusez-moi de n'en pas dire plus en écrivant : je rebut sur l'écriture, tant j'ai à en faire.

Mille bonnes amitiés à vous et à Chesneau.

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