‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 90 sur 139 · La Misère au temps de la Fronde · texte numérisé non relu

La Misère au temps de la Fronde

2. M. Feillet engageait Sainte-Beuve dans son ouvrage, à la puge 244, à traiter la charité de Port-Royal pendant la Fronde.

Nous rencontrerons, je crois, votre livre dans nos concours à r Académie, il y trouvera des défenseurs *.

A CHARLES BAUDELAIRE

Ce S6 janvier [1862].

Mon cher enfant,

Je suis charmé de votre remercîment ; j'en étais même un peu inquiet, je vous l'avoue, car, en chatouillant, on n'est jamais sur de' ne pas trop gratter. — Je ne vous conseille pas de poser par une lettre cette antithèse Lacordaire. Je crois qu'il vaudrait mieux laisser les choses comme elles sont, sans plus écrire. Mais ce choix exprès du Lacordaire, le catholique-romantique j paraîtrait excessif et choquant, ce que votre bon goût de candidat * ne veut pas faire.

Mais pourquoi en voudrais-je donc à cet aimable et bon M. Poulet-Malassis? il ne m'a fait que du bien, et je crains de ne le lui avoir pas assez rendu.

AU MÊME

Ce 9 février 1862.

Cher ami,

Je suis bien muet avec vous, c'est que je suis bien bavard avec le public.

1. L'ouvrage de M. Feillet a été en effet couronné par nnstitut. ^. Bu ehîr^ posait sa candidature à rAcadémie française

Je vous ai dit, raisonnablement, qu'il n*y avait rien à faire selon moi. Votre candidature n'a pas été niai prise par le public; on a été assez bien — et même fort bien

— dans la presse.

Laissez rAcadémie pour ce qu'elle est, plus surprise que choquée, et no la choquez pas en revenant à la charge au sujet d'un mort comme Lacordaire. Vous êtes un homme de mesure, et vous devez sentir cela.

Je n'ai jamais de jour de œngé. Le lundi vers midi, je relève la tête et respire pendant une heure environ; après quoi, le guichet se referme, et je suis en cellule pour sept jours.

Vous êtes sévère pour Pontmartin et indulgent pour sa cause. Si les causes sont nobles, il ne fait pas mal de les défendre, et il s'en tire avec assez d'élégance ; mais, si les causes sont fausses, il faut établir sa batterie autrement.

— Et puis on ne fait pas un article dans un bon mot, comme un homme d^esprit fait en causant.

Tout à vous.

ccxvin.

Page 1